Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 15:23

NE1405guetta NE1405guetta

 

Janvier 2014

   

Bernard Guetta est journaliste, prix Albert Londres, récent lauréat du Grand Prix de la Presse Internationale radio 2011 pour sa chronique quotidienne « Géopolitique » à 8h16 sur France Inter. Il livre ses réflexions dans un livre à paraitre prochainement, « Intime conviction » sous-titré « Comment je suis devenu Européen ».

Ses convictions se sont formées dès l’adolescence et tout au long de son expérience professionnelle. En tant que journaliste à l’Observateur, puis au Monde Bernard Guetta a vu de près  la Pologne du temps du rideau de fer, les dissidences en Roumanie et en URSS, les Pays Baltes basculer dans l’indépendantisme, la chute du mur, la révolution islamiste en Iran. Il a pu apprécier l’attachement naissant dans de nombreux pays aux libertés fondamentales et l’attractivité de l’Europe unie où règnent l’Etat de droit, la liberté d’expression et la démocratie.

Sur l’état de l’Union européenne, Bernard Guetta n’est pas tendre : la seule des institutions de l’Union dont le fonctionnement est public et clair, son Parlement, n’a que des pouvoirs limités. La zone euro a été créée sans pouvoir politique pour la conduire. « En créant l’euro, Helmut Kohl et François Mitterrand ont choisi de mettre la charrue avant les bœufs…  L’Union marche sur la tête »

Pourtant, écrit-il, « si pitoyable que soit l’état de l’Union, ma conviction est que ses peuples auraient tout à perdre à en revenir aux frontières et monnaies nationales ». L’Europe est nécessairement engagée sur la voie d’un fédéralisme de la zone Euro, au sein d’une grande Europe qui pourra accueillir la Turquie et l’Ukraine. L’Europe des nations actuelle échoue. L’objectif doit être un législatif et un exécutif communs procédant du suffrage universel européen.

Pour réconcilier les citoyens avec le projet européen, la première chose à faire, selon Bernard Guetta, est de politiser l’Europe : une Europe incarnée dans des élus responsables, un Parlement Européen qui s’impose aux Etats dans la désignation de la Commission. Ensuite, il faut que l’Union agisse par de nouveaux projets et de nouvelles politiques pour investir dans l’avenir et relancer la croissance.

Sa conclusion : « Plus d’audace et moins de comptabilité, moins de compromis boiteux et plus de clarté politique et de vision à long terme de nos intérêts communs, et j’en prends alors le pari, l’Europe fédérale se fera ».

     

 

 

 

Repost 0
Published by François Vié - dans Union politique
commenter cet article
23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 11:25

 Février 2013.  Ecouter la chronique

Le traité de l’Elysée a été signé le 22 janvier 1963 entre le général de Gaulle et le chancelier Adenauer. C’était il y a 50 ans. Les députés français et allemands se retrouveront au Bundestag, et les Etats signeront une « déclaration du cinquantenaire » pour célébrer cet anniversaire.

Trois domaines sont couverts par le traité.

En matière d’affaires étrangères, les Etats se sont engagés à se consulter avant toute décision importante. Cela n’a pas suffi à rapprocher les politiques étrangères. Tout récemment, l’Allemagne n’a pas suivi la France dans son engagement en Lybie. Les deux pays ont voté différemment à l’ONU sur la reconnaissance d’un Etat palestinien. En matière de défense, il y a eu la création d’EADS, le groupe aéronautique civil et militaire,  et d’une brigade franco-allemande. Mais la coopération n’est pas allée plus loin, le dernier épisode étant le torpillage par Angela Merkel du rapprochement, voulu par la France, entre EADS et le groupe britannique BAE Systems.

Le deuxième sujet couvert par le traité est la coopération économique. Les seules réalisations franco-allemandes, hormis EADS,  l’ont été dans le cadre de l’union européenne.

Le troisième volet est celui de l’éducation et de la jeunesse. Les deux pays devaient favoriser l’apprentissage de la langue du partenaire. Aujourd’hui les langues de chacun des deux pays viennent en troisième position des langues enseignées derrière l’anglais et l’espagnol. Par contre l’Office-franco-allemand pour la jeunesse a été effectivement mis en place, ainsi qu’Arte.

L’essentiel des effets du traité a été la mise en place de processus de concertation régulière à tous les niveaux, y compris des chefs d’Etats et de gouvernement. Entre 1982 et 1989 Helmut Kohl a rencontré François Mitterrand 74 fois. Angela Merkel et François Hollande se sont déjà rencontrés 14 fois.

L’entente entre la France et Allemagne est essentielle pour faire avancer l’Europe. Les deux pays représentent à eux deux, prés de la moitié du PIB européen et le tiers de sa population. Les cultures politique et économique des deux pays sont très différentes. Lorsqu’il y a accord entre les deux pays, il y a de fortes chances de trouver un compromis entre pays du nord et pays du sud de l’Europe. D’où l’expression de « moteur franco-allemand » de l’Europe, non pas parce qu’ils imposent leur volonté aux autres pays membres, mais parce que leur accord est indispensable et a souvent un effet d’entraînement sur l’ensemble de l’Union.

 La relation franco-allemande est actuellement en crise. Elle est déséquilibrée en faveur de l’Allemagne du fait de sa prospérité économique. Et français et allemands sont en désaccord sur l’Europe. L’Allemagne a fait de gros efforts pour accepter d’aider la Grèce, d’apporter sa garantie aux mécanismes d’entraide financière entre pays de l’Euro, l’élargissement du rôle de la BCE. Angela Merkel a récemment affiché une ambition fédérale pour la zone euro. Ses buts en  seraient de renforcer l’efficacité des politiques communes, mais aussi de mieux contrôler les politiques économiques et budgétaires nationales. Il s’agit aussi d’organiser le contrôle démocratique des décisions en zone euro. Angela Merkel a proposé une Union politique, la révision des traités, et notamment l’élection du président de la Commission au suffrage universel. François Hollande, lui, conditionne les réformes institutionnelles à plus de solidarité économique, notamment un budget de la zone euro et une mutualisation partielle des dettes des Etats, ce dont l’Allemagne ne veut pas entendre parler. Faute d’accord, les deux dirigeants ont fait décider par le Conseil européen de décembre, le report après 2014 du débat sur l’Europe politique.

Pourtant la nécessité de faire évoluer les institutions européennes est de plus en plus évidente. Il faut non seulement réviser les traités pour y intégrer la gouvernance de la zone euro, mais aussi créer des mécanismes de contrôle démocratique. Deux traditions s’opposent : un modèle fédéral en Allemagne, un modèle jacobin centralisé en France. Les deux partenaires doivent trouver les compromis qui permettront à l’Europe d’avancer : plus de solidarité économique et financière, contre plus de fédéralisme dans l’organisation des pouvoirs en Europe.

 

Repost 0
Published by François Vié - dans Union politique
commenter cet article
29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 16:57

 Ecouter la chronique

 

Janvier 2013.  

Le Conseil européen du 13 décembre est une déception.

Il y a 6 mois, les 27 chefs d’Etats avaient pris l’engagement qu’une « feuille de route » ambitieuse serait adoptée avant la fin de l’année. Son but devait être de définir, par étape, le devenir de la zone euro : quelles solidarités financières et économiques, quel budget ? Quel contrôle démocratique ? En fait, ce Conseil a pris des décisions importantes concernant l’Union bancaire, mais s’est limité à cela. Il a notamment complètement mis de coté la question de l’Union politique de la zone euro.

 

Le Conseil européen avait donné une mission aux 4 présidents des institutions européennes : Conseil européen, Commission, Parlement, Banque centrale européenne. Ils devaient élaborer des propositions pour la zone euro. José Manuel Barroso, président de la Commission, avait notamment rédigé une « feuille de route » ambitieuse :

·         Doter la zone euro d’un budget, capable de soutenir les pays temporairement en difficulté, moyennant surveillance de leurs budgets nationaux.

·         Alimenter ce budget par des ressources propres qui ne dépendent pas des Etats.

·         Décider les aides financières aux Etats ou aux banques, à la majorité qualifiée.

·         Coordonner des politiques économiques nationales, toute « réforme de grande ampleur » devant être décidée en commun.

·         Mettre en place un trésor européen et des capacités d’emprunt.

·         Mutualiser une partie de la dette des Etats.

·         Réaliser l’union bancaire.

 

Que reste-t-il de ces propositions à l’issue du conseil européen de décembre ? Rien, si ce n’est l’union bancaire. La mise en commun de nouvelles compétences, la fédéralisation de la zone euro, la révision des traités, tout a été renvoyé à plus tard, après 2014.

Angela Merkel, a récemment affiché une ambition fédérale pour la zone euro. Elle a proposé une Union politique, la révision des traités, l’élection du président de la Commission au suffrage universel. François Hollande, lui, conditionne les réformes institutionnelles à plus de solidarité économique, notamment un budget de la zone euro et une mutualisation partielle des dettes des Etats, ce dont l’Allemagne ne veut pas entendre parler. François Hollande et Angéla Merkel sont en désaccord. François Hollande, depuis le référendum perdu de 2005, craint les réformes de grande ampleur. Angéla Merkel entre en campagne électorale. Tous deux ont préféré renvoyer à plus tard la question de l’Europe politique.

Ce report rappelle les occasions ratées du passé. A deux reprises La France a refusé les propositions fédéralistes allemandes. En 1994 deux proches d’Helmut Kohl proposaient de renforcer le cœur de l’Union. En 2000 Joschka Fischer et Gerhard Schröder évoquaient un renforcement radical du Parlement européen, la transformation de la Commission en gouvernement et celle du Conseil des ministres en Sénat européen. Ni Chirac, ni Jospin n’avait pris la peine de leur répondre.

 

La France est prompte à réclamer la solidarité européenne. Les français considèrent volontiers que l’Union européenne n’est pas assez démocratique. Mais les dirigeants français répugnent à abandonner une part de leur pouvoir en transférant de nouvelles compétences à l’Union ou en la démocratisant.

Le risque à persister dans cette voie, est de perpétuer un mode de construction de l’Union européenne, où l’on crée des solidarités par des mesures techniques, sans consulter les citoyens. Or l’importance prise par l’Union, les conséquences croissantes de ses politiques dans la vie quotidienne des européens, nécessitent de changer de méthode : repenser l’Europe politique et réviser les traités.

Ouvrir cette réflexion avant les élections européennes de 2014, était le moyen d’en faire un grand moment de débat démocratique. Nos dirigeants n’ont pas voulu en prendre le risque.

Repost 0
Published by François Vié - dans Union politique
commenter cet article

Présentation

  • : Nouvelles d'Europe
  • Nouvelles d'Europe
  • : Chroniques d'actualité sur l'Union européenne, à lire et à écouter.
  • Contact

Profil

  • François Vié
  • Président du Mouvement Européen Pas-de-Calais
Le Mouvement Européen Pas-de-Calais est une association indépendante de tout gouvernement, institution communautaire ou parti politique. Il est non partisan. Sa vocation est d’aider les citoyens à prendre conscience de l’Europe et de la communauté de des
  • Président du Mouvement Européen Pas-de-Calais Le Mouvement Européen Pas-de-Calais est une association indépendante de tout gouvernement, institution communautaire ou parti politique. Il est non partisan. Sa vocation est d’aider les citoyens à prendre conscience de l’Europe et de la communauté de des

Chroniques Nouvelles d'Europe

Les chroniques, hebdomadaires, sont diffusées sur radio Pfm, radio associative arrageoise, 99.9 MHz.    

Elles sont à disposition des radios associatives qui souhaitent les programmer et en font la demande.

Sources: Europe-midi (Mouvement européen France), Euractiv, Agence Europe, Fondation Robert Schman, Oui à l'Europe, Sinople, presse quotidienne et hebdomadaire dont Le monde et Courrier international...


L'auteur de la scutpture "L'Europe" est Bernard Vié link

Rechercher