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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 16:47

Bandeau DE 2014

 

Le Mouvement Européen Pas-de-Calais, en partenariat avec l’Université d’Artois, organise deux journées « Enjeux et politiques extérieures de l’Union européenne »

Le 6 novembre, une journée à Bruxelles :

Matinée au  Service Européen d’Action extérieure : entretiens avec des diplomates sur les relations avec la Russie, et sur le Moyen-Orient.

Après-midi au Parlement européen : présentation et visite de l’hémicycle, entretiens avec plusieurs députés.

60€ y compris déplacement, repas et visites. Conditions particulières aux étudiants et membres du Mouvement Européen et de la Maison de l’Europe en Artois

Le 7 novembre, une journée à Arras :

- Matin : Enjeux géostratégiques, économiques, énergétiques et climatiques.

- Après-midi : Enjeux et politiques européennes de sécurité et défense, diplomatie,  voisinage et élargissement, Droits de l’Homme.

5€ par ½ journée ; Conditions particulières aux étudiants et membres du Mouvement Européen et de la Maison de l’Europe en Artois

sepia.arras@univ-arras ou tel : 03 21 60 38 91

louis-ruelle@orange.fr ou tel : 06 75 00 80 82

 

 

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 14:44

Mars 2014

L’Europe se montre impuissante face au coup de force de la Russie en Ukraine. Elle n’a ni la volonté, ni les moyens d’user de la force. D’autant plus que les Américains se sont dégagés de l’Europe pour reporter leurs moyens militaires vers le Pacifique. Les moyens de l’Union européenne, qui ne sont pas négligeables, sont économiques : apporter une aide financière et ouvrir son marché à l’Ukraine ; envisager des sanctions économiques contre la Russie, ce qui a des limites étant donné la trop grande dépendance de l’Europe au gaz russe.

Ce n’est pas le premier coup de force de la Russie face aux Européens. En Moldavie, elle a appuyé en 1991 le séparatisme de la Transnistrie. En Géorgie, elle a annexé en 2008 deux provinces du pays : l’Ossétie du sud et l’Abkhasie. 

Deux visions s’affrontent :

  • La Russie souhaite reconstituer son empire et raisonne en terme d’extension territoriale, si besoin est par la force. Elle redoute de voir à ses frontières des régimes démocratiques qui mettraient en cause, par l’exemple, son régime autoritaire.

  • L’Europe, elle, cherche à affermir dans son voisinage les valeurs sur lesquelles elle est elle-même fondée : économie de marché, état de droit, Droits de l’Homme, démocratie. L’Europe croit, à juste titre, en la force de ses valeurs. Elle propose à ses voisins des partenariats de nature économique.

L’Europe, dans cette crise, est confrontée à la question de la puissance. L’Europe se pense comme une puissance normative. Ce n’est pas par la force qu’elle se fait entendre dans le monde, mais en défendant des normes. Elle impose ses normes techniques par la puissance de son marché intérieur. Elle s’attache à faire avancer ses valeurs, ses normes environnementales et sociales par des accords internationaux. Elle défend l’idée de gouvernance mondiale.

La confrontation avec la Russie montre les limites de cette démarche. L’Union européenne tente en vain de faire signer à la Russie une « Charte de l’énergie » qui lui procurerait des garanties d’investissement et d’approvisionnement. La Russie préfère jouer de la division des pays européens et passer des accords avec les compagnies énergétiques nationales, ENI en Italie, EON en Allemagne.

L’usage de la force, répété, des russes en Transnistrie, en Géorgie et aujourd’hui en Crimée, fait voler en éclat l’illusion des Européens de pouvoir imposer leur modèle par l’exemple et la négociation. Il est évident que la puissance par la norme ne remplacera jamais la puissance classique d’un Etat. Le traité de Lisbonne a apporté un progrès institutionnel en créant le Service européen d’action extérieur. Mais ni les peuples, ni les Etats, ne sont prêts à mettre en commun leurs armées et leurs diplomaties.

Peut-être la crise ukrainienne sera-t-elle l’occasion d’une prise de conscience. On en a vu des indices. C’est le déplacement des trois ministres des affaires étrangères du triangle de Weimar -Allemagne, France, Pologne – qui a permis de trouver un accord entre pouvoir et opposition ukrainienne, à la veille de la chute du régime. On voit aussi, à défaut de rapprochements, des évolutions dans les positions diplomatiques nationales. L’Allemagne notamment a compris que la recherche de compromis avec la Russie dans le but de préserver ses échanges commerciaux est vouée à l’échec.

Les Européens ont eu l’illusion, après la chute du mur de Berlin, que le monde entrait dans une logique de coopération. Or on voit au contraire, en Russie comme en Chine et dans les pays émergents, ressurgir une logique de puissances. Les Etats européens, s’ils veulent s’affirmer dans leur voisinage, et y préserver la paix, devront accorder leurs positions, définir quels sont leurs intérêts communs. En bref, bâtir une diplomatie commune, et pour cela, une armée commune.

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 18:09

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Juin 2013.  Les moyens de communication électronique se multiplient: internet, téléphones portables, réseaux sociaux. Ils créent une fragilité des Européens au regard du reste du monde et notamment des américains.

Edward Snowden, agent de l’Agence nationale de sécurité, NSA, a révélé l’existence du programme PRIM. Il s’agit d’une surveillance électronique, qui utilise internet mais aussi les données de fournisseurs de services internet. La NSA aurait un accès direct aux données hébergées par les géants américains des nouvelles technologies, parmi lesquels Google, Facebook, YouTube, Microsoft, Yahoo!, Skype, AOL, Apple. Théoriquement destiné à la lutte contre le terrorisme, le système donne accès aux données personnelles des Européens et rend possible l’espionnage politique et économique. A cette révélation s’ajoute celle, par l’hebdomadaire allemand « Der Spiegel »,  de l’espionnage par la NSA des bureaux de l’Union européenne à Washington et aux Etats-Unis ainsi que de l’immeuble qui héberge le Conseil européen à Bruxelles.

Cette affaire fait suite à celle du programme d’écoute Echelon, que les américains partageaient avec les anglais, et au Patriot Act. Cette loi adoptée après le 11 septembre, donne au gouvernement accès aux données qui transitent par les sociétés américaines, n’importe où dans le monde. Le risque d’espionnage s’accroit, avec la généralisation des échanges électroniques de données. 1% des données étaient transmises par internet en 1993, contre 97% en 2007.

Le deuxième risque de la généralisation de l’internet est celui de la cybercriminalité. 200 milliards de courriels pourris sont envoyés chaque jour. La délinquance sur internet génèrerait 292 milliards d’euros de revenus annuels.

Le troisième enjeu est celui de l’exploitation commerciale des données personnelles. Les grandes sociétés américaines –Google, Facebook, Amazon, Apple, Microsoft, eBay aspirent les informations sur leurs utilisateurs : leurs caractéristiques, leurs choix, leurs contacts. Ils les utilisent ou les revendent pour cibler les offres commerciales. Cette masse d’information a trouvé un nom : les «Big data» Pour certains observateurs, c’est l’énergie du XIXe siècle. Selon une étude américaine les données personnelles des Européens en 2012 auraient une valeur de 315 milliards de dollars.

 

Contre la cybercriminalité, l’Europe commence à s’organiser avec la création d’une agence chargée de la sécurité des réseaux et celle d’un Centre européen de lutte contre la cybercriminalité, en marge d’Europole, qui coordonne les polices nationales.

Pour protéger de l’utilisation abusive des données personnelles, la Commissaire européenne à la justice, Viviane Reding, a proposé en 2012 un règlement européen appelé DPR, Data Project Régulation. Il est en cours de discussion au Parlement Européen et au Conseil. Il propose un guichet unique pour la résolution des litiges entre utilisateurs et sociétés commerciales, la limitation de l’usage des données à l’activité principale de l’entreprise, une règle de «consentement explicite» de l’utilisateur à l’utilisation des ses données, un «droit à l’oubli» c'est-à-dire à l’effacement des données. Les Etats-Unis sont bien sûr très opposés à ce texte, puisque tous les gros acteurs de l’internet sont des sociétés américaines. Ils font un lobbying intense à Bruxelles pour éviter son adoption. Et ils comptent bien en reparler dans les négociations qui s’ouvrent sur l’accord de libre-échange transatlantique.

Quant à l’utilisation par le gouvernement américain de ses sociétés de services internet pour espionner ses alliés, elle pose des questions, non seulement techniques mais politiques. De toute évidence les Européens doivent s’organiser et adopter des positions communes. D’autres pistes doivent aussi être envisagées : taxer les flux de données personnelles. Et veiller à ce que, dans la mesure du possible, les données des Européens soient stockées sur le sol européen.

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 17:19

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Le drame syrien se poursuit depuis deux ans. Il a fait, selon l’ONU, plus de 70 000 morts. Un certain équilibre des forces entre rebelles et gouvernement fait craindre sa prolongation. Au-delà du drame humain, c’est l’équilibre politique de tout le Moyen-Orient qui est en jeu. Le conflit se cristallise autour de l’opposition traditionnelle entre shiites et sunnites. Il tend à devenir une guerre importée entre d’un côté Iran, Irak, et Hezbolla, et de l’autre les monarchies du golfe. Au sein des forces rebelles, les islamistes radicaux prennent de l’importance. Le régime dispose d’armes chimiques. Les occidentaux craignent désormais qu’elles ne tombent un jour entre les mains de jihadistes. Malgré ces menaces, ils n’envisagent pas d’intervention armée. Ils sont par ailleurs bloqués sur le plan diplomatique par les vetos russe et chinois au Conseil de sécurité de l’ONU. Leur immobilisme facilite l’activisme des pays du golfe opposés à l’Iran.

L’Union européenne ne parvient pas à peser sur le cours du conflit. On y retrouve la même division que lors des crises en Lybie ou au Mali. D’un côté les pays qui prônent la prudence et le strict respect du droit international et humanitaire, représentés principalement par l’Allemagne et la Suède. De l’autre, ceux qui se disent réalistes et considèrent que la résolution du conflit concerne l’Europe. Dans ce camp figurent notamment la France et le Royaume-Uni.

 

L’Union européenne a décidé des sanctions. Dès 2011, l’Europe, qui importait 95% de la production syrienne, a adopté un embargo sur le pétrole syrien. L’Europe applique un embargo sur les armes, la restriction des vols commerciaux avec la Syrie, le gel des avoirs et des visas pour 160 personnes, organisations ou entreprises, qui soutiennent le régime. Une mesure plus positive a été de reconnaitre fin 2012 le Conseil national Syrien comme représentant légitime du pays. L’Union a débloqué une aide humanitaire, de quelques 60 millions d’euros, destinée à 2 millions de personnes en Syrie et au demi-million de réfugiés en Jordanie, en Turquie et au Liban.

 

Le Royaume-Uni et la France, ont tenté lors d’une réunion des ministres des affaires étrangères le 11 mars, de convaincre l’Union de lever son embargo sur les armes à destination de la Syrie, de manière à pouvoir aider les rebelles. Ils n’y sont pas parvenus. Paris et Londres font valoir que l’armée de Bachar el-Assad est approvisionnée par les Russes, alors que la rébellion est à cours d’armements, ce qui explique la non-progression de la rébellion et prolonge le conflit. Mais plusieurs pays du Nord craignent que des armements ne tombent entre les mains de jihadistes. Français et Anglais menacent de livrer des armes, même sans accord au sein de l’Union. La question de l’embargo sur les armes sera réexaminée en mai.

 

Cette désunion masque une impuissance des Européens. Ils n’ont pas les moyens militaires d’agir sur le terrain. Et sur le plan diplomatique, l’absence de vision et de diplomatie commune des Européens les empêchent d’être des acteurs centraux. Les Etats-Unis mènent une diplomatie active pour préparer l’après-Bachar el-Assad. Ils le font auprès des pays frontaliers, de la Turquie, d’Israël, mais sans l’Union européenne en tant que telle.

 

La Méditerranée et le Moyen-Orient sont des enjeux majeurs pour l’Europe. Pourtant, l’Union européenne a raté le train du printemps arabe. Aujourd’hui, elle peine à définir une politique dans cette phase de transition où Tunisie, Lybie, Egypte hésitent entre islamisme radical et démocratie. En Syrie et au Moyen-Orient, on ne peut que constater l’absence de politique européenne.

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 15:44

 

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Janvier 2013.

Le Nord-Mali est en passe de devenir un sanctuaire de l’Islamisme radical, aux portes de l’Europe.

Une rébellion touareg existe de longue date au nord Mali, le MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad). La fin du conflit en Lybie a par ailleurs vu le retour de guerriers islamistes fortement armés vers le Sahel. Touaregs et islamistes se sont alliés pour chasser l’armée malienne du Nord du pays et en prendre le contrôle. Ils ont été aidés pour cela par la paralysie de l’Etat malien. Des militaires, arguant l’incapacité du pouvoir en place à reprendre le contrôle du nord du pays, ont réalisé un coup d’Etat. Sous la pression internationale, ils ont rendu le pouvoir aux civils, dans la confusion. L’alliance entre Touaregs et islamistes n’a pas duré. Les  premiers ont été écartés au profit de groupes fondamentalistes musulmans : Ansar Dine, Aqmi, Mujao. Depuis, le nord du Mali subit une application stricte de la charia, accompagnée de destructions de monuments religieux et de violences, notamment faites aux femmes.

 

La communauté internationale s’organise pour rechercher une issue, au besoin par des moyens militaires. La Cedeao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest) a conçu un plan d’intervention, qui a été validé par l’Union Africaine. Le Conseil de sécurité de l’ONU a donné son feu vert au déploiement d’une force internationale, mais doute de l’efficacité de l’armée malienne et demande l’organisation d’élections. L’intervention, dans un territoire très peu peuplé mais plus vaste que la France,  nécessitera un renfort des forces maliennes par 3 300 soldats africains, et que l’Algérie protège sa frontière avec le Mali. Les forces engagées auront aussi besoin de soutiens  en matière logistique, de renseignement et d’appui aérien. Dans un premier temps, elles doivent être formées et réorganisées.

 

L’Europe, sous l’impulsion de la France, se mobilise. Les Européens ne peuvent pas accepter que se pérennise un sanctuaire livré aux extrémistes, liés à Al Qaïda, ayant des connexions avec des mouvements similaires au Nigéria et en Somalie, susceptibles de déstabiliser les pays voisins : Niger, Mauritanie et d’exporter leur fanatisme en Europe.

Le Conseil des ministres des affaires étrangères, le 19 novembre à Bruxelles, a affirmé son soutien, sous conditions. Le gouvernement malien doit organiser la reprise de contrôle des civils sur l’armée et des élections. Il doit accepter de négocier avec les groupes armés non terroristes. Il doit faire la lumière sur les exactions constatées depuis le début de la crise.

 L’Union européenne va apporter son soutien financier et logistique. 240 à 400 formateurs seront déployés à partir de janvier 2013 pour entrainer quatre bataillons, soit 2 600 hommes. Une protection armée sera nécessaire aux formateurs. Mais les Européens n’auront pas de troupes au sol, ni avions de combat. Outre la France, une demi-douzaine de pays européens, dont l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne, la Belgique contribueront à l’opération.

 

La mission militaire au Mali pourrait être complétée d’une mission civile similaire à celle existant au Niger où une quarantaine d’instructeurs forment des policiers.

 

La mobilisation des Européens ne date pas d’hier. Dès 2008, un programme européen a été monté pour auditer les risques liés au terrorisme au Sahel. En 2011, l’Union européenne a élaboré une « Stratégie pour la sécurité et le développement dans la région du Sahel ». La Commission a débloqué 7 millions d’euros pour muscler les dispositifs régionaux judiciaires et policiers. Un Collège sahélo-saharien de sécurité a été créé. Un programme associant les problématiques de développement et de sécurité bénéfice à trois pays : la Mauritanie, le Mali et le Niger.

L’Union européenne a l’expérience des opérations de prévention des conflits et de rétablissement de la paix. C’est son intérêt, comme celui des Africains, d’agir au Sahel.

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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 15:38

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26 novembre 2012.  

La réélection de Barak Obama a été vécue comme un soulagement dans les capitales européennes. Les habitants des cinq plus grands pays européens souhaitaient le voir remporter cette élection : 78 % des Français et 72 % des Allemands. Seuls 1 % des Français, 5 % des Allemands et 8 % des Espagnols interrogés étaient pour Mitt Romney. Martin Schuls, président du Parlement européen avait déclaré publiquement qu’une grande partie des Européens souhaitaient cette victoire« Car, disait-il, il est plus proche des valeurs européennes que Mitt Romney". Il avait souligné la communauté de valeurs en matière de politique sociale et d'assurance maladie entre les Européens et Barak Obama, alors que son rival Mitt Romney, et "les ultra-religieux qui le soutiennent", étaient, selon lui, plus éloignés des convictions européennes. Mais, dans la même interview Martin Schultz admettait que les relations internationales et particulièrement l’Europe avaient bien peu compté dans l’élection.

Les Américains et Barak Obama lui-même s’intéressent-ils encore à l’Europe ?

Le premier mandat d’Obama avait bien mal commencé. Tout juste élu, en 2009, il s’était déplacé à la conférence de Copenhague sur le climat, où il avait pris l’initiative de négocier avec la Chine,  en mettant à l’écart les Européens. Quelques mois plus tard, il se dispensait de participer au sommet Union européenne-Etats-Unis de Madrid, jugeant incompréhensible la multiplicité des dirigeants européens et leur concurrence entre eux. Puis est venue l’annonce de la stratégie de « pivot » de l’Amérique, c'est-à-dire son changement de priorité de l’Europe vers l’Asie. Sur les 80 000 militaires américains présents en Europe, 7 000 vont être retirés.

La fin du mandat d’Obama a vu un rapprochement des Etats-Unis et de l’Europe. Les critiques récurrentes des Etats-Unis vis-à-vis des Européens subsistent : ils sont divisés ; ils ne prennent pas suffisamment leur part dans le coût de leur défense ; ils tardent à résoudre les problèmes de la zone Euro ; ils doivent mieux gérer leurs affaires énergétiques et éviter d’être dépendants notamment de la Russie.Mais Obama s’est rendu compte que, malgré tous ses défauts, l’Europe reste son meilleur allié dans le monde. D’autre part la prospérité économique de l’Europe et de la zone euro en particulier sont nécessaires à la relance de l’activité aux Etats-Unis. Les Européens ont pu constater de leur côté qu’Obama a une conception multipolaire du monde, conforme à celle des Européens. Ses politiques concernant l’environnement, l’immigration ou la santé le rapprochent des valeurs européennes.

Quelles sont les intentions des Etats-Unis pour le deuxième mandat d’Obama ?

Ils affichent une volonté de mieux travailler avec l’Europe face aux défis du monde, notamment en Asie avec la montée en puissance de la Chine. Obama a eu des difficultés à travailler avec la Chine, comme avec le Brésil. L’Europe reste un allié fidèle. Les printemps arabes ont montré son importance stratégique. Elle doit devenir un partenaire à part entière.

Reste que la politique de pivot des Etats-Unis vers l’Asie persiste. Elle s’appuie sur un mouvement économique de fond : une reconfiguration de la carte économique du monde. En 2025, les pays de l’OCDE ne produiront plus que 40 % de la production mondiale, contre 55 % en  2000, alors que la part de l’Asie passera, dans le même temps, de 24 à 38 %. Elle tient aussi à des enjeux de sécurité grandissant en Asie.

L’Europe, pour garder un rôle dans le monde et vis-à-vis des Etats-Unis, doit résoudre ses problèmes économiques et trouver une unité politique pour parler d’une seule voix à son partenaire.

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 10:44

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En ces temps où l’Europe est mal perçue, où elle se débat avec la dette grecque et la montée des populismes, il n’est pas inutile d’écouter des propos optimistes sur l’Europe. Par exemple ceux d’Alain Minc dans son ouvrage « Un petit coin de paradis ».

 

L’auteur n’est pas dupe des difficultés de l’Union européenne, vieillissement, Etat providence mis en cause, chômage, menace de déclassement technologique, nain militaire et politique. Mais son propos est de mettre en valeur des aspects positifs de la construction européenne, notamment en la comparant aux Etats-Unis.

Une césure est en train d’apparaitre entre les deux rives de l’Atlantique. Il y a 20 ans, lorsque l’on demandait « quel est dans le monde l’espace le plus libre, le plus démocratique, le plus protecteur ? » la réponse était « les Etats-Unis ». Aujourd’hui, si l’on met de côté l’Autralie, la Nouvelle-Zélande et le Canada, la réponse est « l’Europe ».

 

En matière de libertés : plus de 2 millions d’emprisonnés aux Etats-Unis, contre 1 ½ en Chine et ½ million pour l’Union européenne. La torture est ignorée en Europe, pratiquée à Guantanamo. Plus de 100 condamnations à mort par an aux USA, alors que la peine de mort est proscrite en Europe.

En matière de mœurs, le mariage homosexuel et le droit d’adopter par les couples gays ne sont pas acceptés par l’Etat fédéral américain. Ils sont admis par plusieurs pays européens. Le droit d’avorter est de plus en plus contesté aux USA, de plus en plus légalisé en Europe.

Concernant l’immigration, l’Europe est la région du monde qui accueille le plus grand nombre d’immigrés légaux et de demandeurs d’asile. Entre 2000 et 2005 le solde migratoire européen a été supérieur au solde américain.

En ce qui concerne les religions, 60% des Américains considèrent la religion comme très importante ; 20% seulement des Européens. Les églises européennes, dans une société sécularisée, participent au débat mais ne le dominent pas. Les Etats-Unis, eux, sont en proie à une religiosité croissante qui impose une « pensée correcte » et le conservatisme.  55% des américains pensent que Dieu a créé les êtres humains dans leur forme actuelle, seulement une faible minorité accepte le darwinisme. Vu d’Europe il s’agit d’une véritable régression intellectuelle.

La démocratie fonctionne mieux en Europe qu’aux Etats-Unis, lorsque l’on compare les modalités de vote, le financement des campagnes électorales, les taux d’abstention, le poids des lobbies.

Sur le plan économique, l’Amérique est vue comme dynamique et innovante comparée à une Europe alanguie, rigide et bureaucratique. En fait, le niveau de vies des Américains est largement dû à un surendettement qui devra tôt ou tard être résorbé. La croissance des Etats-Unis est supérieure à celle de l’Europe, parce que la population américaine augmente. L’écart entre les PIB par tête, lui, se réduit. De plus, le temps de travail diminue en Europe alors qu’il augmente aux USA. Cela montre un choix européen pour une meilleure qualité de vie, dans une société aussi plus égalitaire.

Sur un plan international, l’Europe a pris des positions exemplaires sur la défense du climat, l’aide au développement et la promotion d’une gouvernance mondiale.

 

L’Europe est une machine compliquée mais qui progresse dans son fonctionnement. Elle s’adapte positivement aux crises, notamment la crise financière. Le mouvement vers une société européenne est désormais une réalité qui précède les évolutions politiques.

L’arrivée de la mondialisation pose la question de la survie du modèle européen. Celui-ci pêche par exemple par la faiblesse de ses dépenses de recherche. De son efficacité économique dépendra sa capacité à financer sa solidarité. Mais les Européens peuvent en être fiers.

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 09:45

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Début octobre a eu lieu un sommet entre l’Union européenne et la Chine, suivi fin décembre d’une réunion du dialogue sino-européen sur les questions économiques et commerciales.

Les relations commerciales sont intenses avec 2200 milliards d’Euros d’échanges en 2010. La Chine est le deuxième client de l’Union européenne, elle-même premier importateur de produits chinois. Mais les relations politiques sont mauvaises. Les problèmes ne manquent pas : déséquilibre commercial, mesures protectionnistes de la Chine, surévaluation du Yuan, propriété intellectuelle, droits de l’Homme, embargo européen sur les armes à destination de la Chine, restriction par la Chine aux exportations de matériaux rares, climat.

 

L’actualité récente éclaire d’un jour nouveau les relations difficiles entre la Chine et l’Europe. L’Euro est en crise et plusieurs pays européens connaissent des difficultés de financement et économiques. Pékin affiche sa volonté d’aider l’Europe et investit dans l’Union.

 

Pékin achète la dette de pays fragiles : la Grèce, l’Espagne et bientôt le Portugal, ce qui contribue à alléger la pression des marchés sur ces pays. La Chine investit dans les infrastructures grecques : routes, rail, mais surtout le Port d’Athènes dont 50% du trafic commercial est d’ores et déjà sous contrôle chinois. Elle investit dans les sociétés européennes notamment allemandes.

Les investissements chinois en Europe visent à diversifier les placements chinois, mais surtout à défendre les intérêts de la Chine : obtenir des portes d’entrées économiques, acquérir des technologies et influencer la politique européenne. Les Chinois demandent ainsi dans les négociations : la levée de l’interdiction d’exportation de produits de haute technologie, la protection des investissements chinois en Europe, l’octroi de visas pour les investisseurs chinois, la levée de l’embargo sur les armes.

Les Européens, eux, demandent une baisse de la monnaie chinoise, une ouverture du marché chinois et, devant l’absence de réponses, comme les Américains, envisagent des mesures de rétorsion commerciale.

 

La situation n’est pas prête de s’améliorer.

La Chine mène habilement une double politique : ouvrir partiellement son immense marché de 1,3 milliard d’habitants, mais en exigeant des transferts de technologie. Parallèlement utilise tous les moyens du protectionnisme commercial : une monnaie, le Yuan, sous-évaluée de 30 à 35 %, le non respect de la propriété intellectuelle, des obstacles réglementaires aux investissements étrangers, des subventions et des financements aux entreprises par les banques d’Etat. La possibilité de vendre à bas prix lui a procuré un excédent commercial important et une accumulation de réserves de près de 2000 milliards d’Euros. Ce sont ces réserves qui lui permettent aujourd’hui d’investir massivement à l’étranger, notamment en Afrique et aujourd’hui en Europe.

L’Europe en tire avantage en achetant des marchandises bon marché et en vendant ses produits à haute valeur ajoutée, mais au prix d’une catastrophe industrielle. Sous la pression des pays émergents notamment la Chine, l’Europe perd ses emplois industriels. En 10 ans la part de l’industrie dans le PIB de l’UE est passée de 21% à 18%.

 

Cette situation pourrait empirer. La Chine va pouvoir, après avoir essentiellement exporté, développer son marché intérieur. Et maintenant qu’elle apprend à construire avions, TGV et centrales nucléaires, elle pourra s’équiper elle-même, en privilégiant ses propres entreprises et en se passant des entreprises occidentales. D’autre part on assiste à un mouvement d’intégration économique régionale de la Chine et de ses voisins asiatiques.

L’Europe, comme les Etats-Unis, non seulement aura vendu sa technologie, mais se verra fermer le plus grand marché du monde. Un marché de dupes.

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 15:29

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Le 10e sommet annuel entre la Chine et l’Union européenne a eu lieu le 28 novembre. Les principaux dirigeants européens se sont déplacés à Pékin, hélas, sans résultats.

Les problèmes entre l’Union et la Chine ne manquent pas :

 

Dans le domaine des relations commerciales : la Chine est le 2e partenaire commercial de l’Union et celle-ci est la première partenaire de la Chine. Mais l’Europe exporte moins vers la Chine que vers la Suisse, pays de 7 millions d’habitants et le déficit commercial au détriment de l’Europe se creuse. La Chine refuse d’ouvrir plus largement son marché. Elle reste un pays protectionniste : elle oblige les exportateurs français à des transferts de technologies. Les banquiers et assureurs européens ont les plus grandes difficultés à s’y établir. Elle ne lutte pas contre les contrefaçons. Elle s’oppose aux prises de contrôle de ses entreprises tout en achetant des groupes étrangers.

 

Le commerce chinois est favorisé par la sous-évaluation du Yuan. Jean-Claude Trichet, président de la BCE, Jean-Claude Junker, président de l’Eurogroupe étaient du voyage. Ils n’ont pas obtenu autre chose qu’une promesse de plus de flexibilité, mais très graduelle dans la politique de change de la Chine.

 

Les Européens ont mis de côté leurs préoccupations sur les droits de l’Homme et la question du Tibet. Celle-ci avait provoqué un coup de froid entre les deux parties en 2008, après la rencontre entre Nicolas Sarkozy et le Dalaï-lama.

 

La Chine ignore les demandes de l’Union européenne et ne cesse de s’affirmer.

 

Elle vient de créer avec 6 pays voisins (Thaïlande, Indonésie, Brunei, les Philippines, Singapour et la Malaisie) une zone de libre-échange. Cet accord, qui vise aussi les domaines social et culturel, renforce la coopération d’une zone 2 milliards d’habitants. Certains de ces pays sont inquiets de cet accord avec un voisin trop puissant. Leur déficit commercial avec la Chine est important. Mais ils ont besoin du commerce chinois.

 

A Copenhague, la Chine a rédigé, avec les Etats-Unis, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du sud, l’accord final qui a marginalisé l’Union européenne. Elle y a obtenu qu’il n’y ait aucun engagement chiffré de réduction des gaz à effets de serre et que ses efforts ne fassent l’objet d’aucun contrôle international.

 

La Chine restreint ses exportations de matières premières stratégiques. L’Union européenne, les Etats-Unis et le Mexique ont porté l’affaire devant l’OMC. La Chine restreint, en les taxant, les exportations sur la bauxite, le coke, le germanium, le magnésium, le manganèse, le silicium, le zinc, le phosphore. Pékin mène une politique de contrôle d’un maximum de filières technologiques. Les restrictions chinoises affecteront les industries européennes.

 

Les Chinois investissent en Afrique et Amérique latine. Ils s’intéressent aussi aux marchés de l’Europe en finançant des infrastructures en Moldavie, en Serbie, et  bientôt en Ukraine.

 

Les Européens n’ont pas anticipé ces évolutions. Ils ont besoin de la croissance chinoise, du client chinois. Mais la Chine a une politique de puissance face à laquelle l’Europe ferait bien d’avoir une stratégie commune.

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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 11:24

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Un an après l’élection américaine, l’effet Obama perdure en Europe. Mais les désaccords subsistent et de fortes interrogations se font jour sur les relations entre les deux rives de l’Atlantique.

 

Un sondage, réalisé pour le German Marschall Fund, montre le soutien des opinions publiques au président américain : le taux d’approbation, chez les Européens est de 77% pour Obama contre seulement 19% pour George Bush en 2008. Ce rebond est particulièrement vif en Allemagne et en France. Les Polonais et les nouveaux Etats membres de l’Union sont plus tièdes.

Pourtant nombre de dossiers séparent Américains et Européens : réticence des Américains à s’engager sur le dossier climatique, refus des Européens à plus d’engagement militaire en Afghanistan ou à accueillir des prisonniers de Guantanamo. La dépendance énergétique des Européens à l’égard de la Russie inquiète les Américains. Les Européens veulent plus de régulation économique tandis que les Américains demandent plus de relance.

 

Surtout Obama fait preuve d’une certaine indifférence pour l’Europe. Il connaît mal ce continent. Il est pragmatique et juge que les interlocuteurs privilégiés sont la Chine et la Russie. La Chine pour son rôle régional et les liens de dépendance économique très forts avec les Etats Unis, la Russie pour la reconduction des accords de limitation d’armements et sa présence au Moyen-Orient.

 

Mais les difficultés tiennent aussi aux divisions de l’Europe.

 

Un rapport récent du « Européean Council on Foreign Relations » dénonce la relation « infantile et fétichiste » des Européens à l’égard des Etats-Unis. Ces deux auteurs sont un chercheur américain, Jeremy Shapiro, et un britannique ancien directeur de l’agence européenne de la défense, Nick Witney. Pour eux les Européens sont divisés et empressés à faire valoir auprès des Américains  leurs intérêts particuliers. Ils nourrissent des illusions sur le fait que les intérêts des Européens et des Américains sont les mêmes ou sur celui que la sécurité de l’Europe dépend encore de la protection américaine. La déférence des Européens ne marche pas. Les Américains prennent en compte l’émergence des pays du sud. Ils se détournent des Européens, acteurs politiques trop faibles pour être un partenaire efficace. Les Européens ne comprennent pas que les Etats-Unis préfèrent une Europe qui formule des propositions claires et fortes, même lorsque celles-ci s’opposent d’abord à la position américaine.

 

En écho à ces constats, Jean-Claude Casanova, économiste et observateur écouté, appelle l’Union européenne à concevoir sa propre stratégie et à bâtir un vrai partenariat avec les Etats-Unis. Le sondage déjà cité montre que 76% des Européens souhaitent que l’Europe exerce un leadership global. Mais ce n’est pas l’attitude des dirigeants européens. Nous entrons dans une nouvelle ère. L’Europe dépense à peu près autant que les Américains en Afghanistan mais ce sont ces derniers, seuls, qui y définissent la stratégie. La crise financière est due aux Américains qui n’ont pas contrôlé leur système financier. Les Etats-Unis n’assurent plus la sécurité des Européens. Ils négocient avec la Russie par-dessus la tête des Européens. Ils se tournent vers les pays émergents. Ils ignorent purement et simplement l’Europe sur les grandes questions stratégiques. 

 

Il faut que les dirigeants européens acceptent en matière de diplomatie ce qu’ils ont accepté en matière de commerce et de monnaie : parler d’une même voix.

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Published by François Vié - dans Politiques extérieures
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