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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 15:51

Ecouter la Chronique

10 décembre 2012.  

Le conflit israélo-palestinien s’éternise. Et l’Union européenne est impuissante. Pire l’Union européenne, par ses politiques,  contribue à entretenir le statut-quo.

Le constat fait par l’Union est qu’Israël, par la poursuite de sa politique de colonisation, rend de plus en plus impossible les deux conditions indispensables à la constitution d’un Etat palestinien : d’une part que le territoire palestinien ne soit pas morcelé par les implantations de colons, et d’autre part que Jérusalem puisse être la capitale de deux Etats.

 

Le rapport annuel 2012, des consuls généraux européens en poste à Jérusalem, fait le point. Il décrit la recrudescence des constructions en Cisjordanie et à Jérusalem-Est et les violences commises par les colons. La population israélienne à Jérusalem-Est est maintenant double de la population palestinienne. Dans les territoires contrôlés par Israël en Cisjordanie, la population de colons est passée de 1 200 en 1972, à 110 000 en 1993 et 310 000 aujourd’hui. Ce rapport formule des recommandations visant à mettre fin aux investissements européens dans les colonies juives, à soutenir la présence des Palestiniens en Cisjordanie et à lutter contre la dégradation de leur situation.

 

Catherine Ashton, la « ministre des affaires étrangères » de l’Union a récemment rappelé « l’illégalité des colonies au regard du droit international ». Pour l’Europe elles «constituent un obstacle à l’instauration de la paix ; elles risquent de rendre impossible une solution fondée sur la coexistence de deux Etats »

Mais les actes de l’Union vont à contresens de ses constats et de ses affirmations de principe. Plusieurs pays européens, notamment les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie, la République Tchèque sont hostiles à toutes condamnations officielles. Les recommandations des consuls ne seront pas suivies d’effets. Au contraire.

Les importations en Europe provenant des colonies israéliennes posent un problème particulier. Selon un rapport de 22 ONG rendu public le 30 octobre, elles sont en valeur 15 fois supérieures à celles des produits importés des territoires palestiniens. Ces importations confortent les colonies illégales et maintiennent le statut quo. De plus, elles sont présentées au consommateur européen comme « made in Israël », ce qui empêche le consommateur de les boycotter. Le rapport des ONG demande aux gouvernements européens de veiller à l’étiquetage correct des produits et d’envisager l’interdiction de l’importation des produits des colonies.

L’Europe a un intérêt stratégique à la résolution du conflit israélo-palestinien. La persistance de ce conflit handicape toute politique européenne vers les pays méditerranéens et du Moyen-Orient, alors que les changements dans les pays arabes sont le principal défi, après la crise, pour l’Union européenne. L’Union est le principal financeur de la Palestine. Elle est le principal partenaire commercial d’Israël. Elle a les moyens de pression nécessaires pour peser dans ce conflit. Mais elle ne le fait pas, paralysée par ses divisions internes. 

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 22:49

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Depuis longtemps, l’Europe échoue à peser sur le conflit israélo-palestinien. En témoignent les démarches diplomatiques désordonnées des Européens ; fin 2010 se sont succédés à Jérusalem Catherine Ashton, puis Bernard Kouchner et Angel Moratinos, ministre espagnol des affaires étrangères, malheureusement sans propositions concrètes.

L’Union Européenne fait partie, avec les Etats-Unis, la Russie et l’ONU, du Quartet qui est censé mettre en œuvre une feuille de route conduisant à un accord de paix. Sa dernière réunion, le 5 février, a été décevante. Ses conclusions n’ont pas fait référence à un Etat palestinien sur la base des frontières de 1967, ni condamné la politique de colonisation israélienne.

Le 9 décembre, 26 anciens hauts responsables européens, dont Javier Solana, Hubert Védrine,  Chris Patten ont adressé une lettre à Catherine Ashton, ministre des affaires étrangères de l’Union, pour préconiser un durcissement de la position de l’Union à l’égard d’Israël et lui adresser un ultimatum pour l’arrêt de la colonisation.

 

Pourtant l’Europe aurait des moyens de pression sur les deux parties pour les contraindre à la paix.

Elle est liée à Israël par un accord d’association. C’est son premier partenaire commercial. Avec l’Autorité palestinienne, l’Union a aussi un accord d’association. Elle est le principal donateur à la Palestine. Chaque année 600 millions d’euros lui sont apportés en aides directes.

 

Mais les Européens sont divisés. Les prises de positions communes sont adoptées, dans le cadre de la politique extérieure et de sécurité de l’Union, à l’unanimité des Etats. Le résultat est l’impuissance de l’Union à prendre position et une attitude des Européens qui peine à se différencier de celle des Etats-Unis.

 

Une occasion historique s’offre aux pays européens et à l’Union européenne d’avoir une action déterminante pour la paix au Moyen-Orient.

L’Autorité palestinienne, lasse des obstructions israéliennes, a désormais pour stratégie de se faire reconnaitre comme Etat par l’assemblée générale de l’ONU à l’automne prochain. Elle a reçu des satisfecit pour ses efforts à construire une administration efficace et un développement économique. Pour l’ONU, le FMI, la Banque mondiale, l’Autorité palestinienne est « apte à diriger un Etat ».

Le Fatha, maitre de la Cisjordanie et le Hamas qui contrôle la bande de Gaza ont annoncé un accord de réconciliation. Les représentants palestiniens mènent une intense campagne diplomatique pour expliquer l’unité retrouvée des Palestiniens et obtenir un maximum de soutiens à l’ONU. Ils sont naturellement contrés par Israël, qui dénonce les dangers de la participation du Hamas, mouvement terroriste, au gouvernement palestinien. Les Etats-Unis ont traditionnellement une position de soutien à Israël.

 

C’est de l’Europe que les Palestiniens attendent un soutien. En février 2011, la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne déclaraient ensemble leur exigence de l’arrêt immédiat de la colonisation et le retour à une négociation sur la base des frontières de 1967. Concernant la reconnaissance de l’Etat palestinien, la France et la Grande-Bretagne y sont favorables mais l’Allemagne est opposée. L’Union européenne n’a pas de position commune.

Pourtant la création de l’Etat palestinien, comme le soutien aux révolutions arabes, sont des occasions historiques pour l’Europe de répondre aux aspirations démocratiques et à la paix dans le bassin méditerranéen, de revenir dans le jeu diplomatique et de rendre aux citoyens européens confiance dans une Europe politique et acteur international.

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 23:13

Le conflit israélo-palestinien est réapparu dramatiquement d’actualité. La rupture de la trêve par le Hamas, les bombardements et, le 3 janvier, l’offensive terrestre israélienne dans la bande de Gaza, ont provoqué 1300 morts, plus de cinq mille blessés,  cent cinquante mille personnes déplacées et quarante-cinq mille sans abri.

 

L’Union européenne a réagi dès le 30 décembre en convoquant une réunion des ministres des affaires étrangères, puis en envoyant le 4 janvier une mission au Proche Orient composée des ministres des affaires étrangères tchèque, français et suédois, et des représentants de la Commission. Une aide d’urgence de 3 millions d’€ a été débloquée. Une délégation de parlementaires est entrée dans la bande de Gaza à la faveur d’une interruption des bombardements. Les appels au cessez-le-feu, la condamnation des atteintes aux droits de l’Homme et au droit humanitaire par des responsables européens masquent mal un sentiment général d’impuissance à résoudre ce conflit.

 

Quelle est l’implication de l’Union européenne ? Comment cette impuissance s’explique-t-elle ?

 

Les Européens ont pris position successivement dans des déclarations en 1971, 1973, 1977 pour le respect des résolutions de l’ONU notamment la résolution 242 qui demande le retrait d’Israël des territoires occupés. En 1980, la déclaration du Conseil européen de Venise dénonce les colonies de peuplement comme illégales au regard du droit international. En 1991 a lieu la conférence de Madrid associant tous les pays de la région. En 1993 sont signés les accords d’Oslo. En 2002 l’Europe s’associe avec la Russie, les Etats-Unis, l’ONU dans le « Quartet » pour promouvoir l’application d’une « feuille de route » et la création d’un état palestinien.

 

Parallèlement aux efforts diplomatiques l’Union européenne signe des accords dans le cadre de sa politique de voisinage.

·       Avec l’Autorité palestinienne un accord d’association est signé en 1997. L’Europe est, depuis, le principal donateur à la Palestine : 1.68 milliards d’euros entre 1993 et 1997 ; chaque année 500 millions d’euros sont apportés  en aides directes, notamment pour payer les fonctionnaires, aide humanitaire, financement d’infrastructures.

·       Avec Israël un accord d’association est signé en 1995. L’Union européenne est le premier partenaire commercial d’Israël. Tout récemment, le 8 décembre, sous présidence française, le Conseil européen a réaffirmé sa détermination unanime à négocier un rehaussement des relations entre l’Union et Israël, faisant passer ce pays du statut d’associé à celui de partenaire privilégié. Cette décision a été prise contre l’avis du Parlement européen.

 

L’Europe, premier contributeur financier à la recherche de la paix, premier partenaire commercial d’Israël ne parvient pas à peser sur les événements. Elle ne différencie guère sa position de celle des Etats-unis. Israël n’est sensible qu’aux pressions des Etats-unis qui lui sont favorables et qui lui apportent 2 milliards de dollars d’aide annuelle, dont les deux tiers sous forme d’assistance militaire.

 

La situation continue de se dégrader. Israël, en dépit des accords signés à Oslo en 1993, puis à Taba en 2001, et après le lancement du processus d’Annapolis en Novembre 2007, poursuit de façon continue la colonisation de la Cisjordanie. L’isolement et la misère des Palestiniens s’intensifient avec l’occupation des territoires, le morcellement de la Cisjordanie, la construction du mur de protection, le blocus, les intrusions militaires punitives. Le Hamas a pris le pouvoir à Gaza en juillet 2007. Le président de l’Autorité palestinienne est affaibli. Le conflit s’éternise, dressant les opinions publiques arabes contre les pays occidentaux. Les espoirs de coopération autour de la Méditerranée sont compromis.

 

La situation dramatique de ces derniers jours soulève des protestations indignées y compris de la part de responsables européens.

·       Louis Michel, commissaire au développement, dénonce « je dis que la riposte d’Israël viole le droit humanitaire et est inacceptable sur le plan moral ». Il déplore par ailleurs qu’Israël détruise les infrastructures payées par l’Europe.

·       De nombreux parlementaires dénoncent les violations du droit international, l’impuissance de l’Europe et demandent l’abandon du rehaussement des relations avec Israël.

·       Hélène Flautre, présidente de la sous-commission aux Droits de l’Homme du Parlement et qui a conduit la délégation de parlementaires à Gaza, réclame que soient mises en œuvre les clauses sur les droits de l’Homme existant dans les accords d’associations signés entre l’Europe et Israël.

 

Elie Barnavi, historien et ancien diplomate israélien disait : «les Européens ont donné des leçons de morale mais ont tout laissé faire : la colonisation et la violence »

Il faut espérer que ces réactions annoncent un changement de politique de l’Union européenne dans la région. L’arrivée au pouvoir d’Obama pourrait aussi changer la donne.

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14 septembre 2006 4 14 /09 /septembre /2006 14:31

Les ministres des affaires étrangères européens réunis le 25 aout ont décidé l’envoi au Liban de  7 000 soldats environ, fournis par l’Italie, la France, l’Espagne, la Pologne, la Belgique et la Finlande. Par ailleurs la commission et les états membres ont débloqué 100 millions d’euros d’aide aux populations.

Ces décisions font suite à une phase de désaccords entre pays européens.

Au début du conflit, ils n’ont pas su se mettre d’accord sur un appel immédiat au cessez le feu, l’Angleterre et l’Allemagne suivant la position des états unis justifiant le droit d’Israël à se défendre.

Les cinq pays européens, membre du conseil de sécurité (France, Grande Bretagne, Danemark, Gréce, Slovaquie) ont tenu leur rôle pour rechercher une solution, mais en ordre dispersé.

L’Europe, en tant que telle a eu du mal à faire entendre sa voix, ce qui illustre bien la réticence des Etats membres à lui confier des responsabilités diplomatiques.

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4 mai 2006 4 04 /05 /mai /2006 14:41

A la suite de l’élection du Hamas à la tête du gouvernement de Palestine, l’Europe a décidé de supprimer ses aides directes au gouvernement palestinien.

Sa position de principe est celle du « Quartet ». Ce terme désigne les quatre parties (Russie, ONU, UE, Etats-Unis) qui ont élaboré la feuille de route, d’ailleurs non appliquée, pour un règlement pacifique du conflit israëlo-palestinien.

Le quartet, après avoir félicité le peuple palestinien pour le déroulement libre et démocratique des élections , a expressément annoncé que la poursuite de l’aide internationale dépendait de la reconnaissance par le Hamas de trois principes :

·             l’arrêt de la violence comme moyen de régler le conflit

·             la reconnaissance de l’Etat d’Israël

·             le respect des précédents accords conclus par l’autorité palestinienne

La décision a été prise par la Commission européenne le 7 avril de suspendre son aide au gouvernement palestinien dirigé par le Hamas. Elle est motivée par le refus que l’aide européenne ne serve à financer la violence et le terrorisme.

Cette décision ne concerne toutefois pas certaines aides à la population transitant par d’autres canaux que le gouvernement. On n’en connaît pas encore la portée exacte.

Reste que l’aide directe au gouvernement est essentielle notamment pour payer les fonctionnaires palestiniens

Cette décision de l’UE est critiquée comme étant une pression sur l’acteur le plus faible du conflit, Israël ne faisant pour sa part d’aucune sanction. Il est à craindre qu’elle ne conduise à plus de misère et plus de désespoir pour le peuple palestinien.

 

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L'auteur de la scutpture "L'Europe" est Bernard Vié link

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