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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 17:49

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~~Mai 2015

Le 18 avril au large des côtes libyennes, 700 personnes sont mortes dans un naufrage en tentant de rejoindre l’Italie. Depuis le 1er janvier 2015, environ 1 500 personnes ont disparu en mer en tentant d’immigrer en Europe. Ils étaient 3 200 en 2014. La situation s’aggrave. On estime à 500 000 le nombre de personnes en Libye, en attente d’embarquement vers l’Europe. La poursuite de ce drame oblige l’Europe à réagir. Elle doit porter secours aux migrants, dans un contexte d’hostilité des populations à l’immigration et de division des Etats européens.

Concernant les contrôles et les sauvetages en mer, le Conseil Européen extraordinaire du 23 avril a décidé de tripler le budget de la mission européenne Triton. Plusieurs pays européens, France, Allemagne, Royaume-Uni ont mis à disposition des navires. Mais ce budget augmenté de Triton ne fait que retrouver le niveau de financement de l’opération Mare Nostrum, qui existait avant Triton, financée par la seule Italie.

Sur la question de la lutte contre les réseaux de passeurs, le Conseil européen a envisagé une opération militaire visant à détruire les embarcations de passeurs sur les côtes libyennes. Elle pourrait être similaire à l’opération européenne ATALANTA de lutte contre le piratage au large de la Somalie. Une opération de ce type, se déroulant dans les eaux internationales, nécessitera l’aval du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Par contre, les Etats ont refusé d’avancer le 23 avril sur deux questions majeures : la solidarité dans l’accueil des immigrés et celle de l’immigration légale. Jean-Claude Juncker propose un système de quotas qui obligerait chaque Etat à prendre sa part dans l’accueil des immigrés, qui devra être accepté par les Etats.

D’autre part, pour Jean-Claude Juncker, la solution à l'immigration clandestine passe par un système d'immigration légale. Il a demandé un mandat sur cette question, qui lui a été refusé.

Enfin, la source de l’immigration doit être prise en compte. Notre continent doit être ouvert à l’immigration économique, tout simplement parce qu’il aura de plus en plus besoin de main-d’œuvre. Il doit contribuer au développement des pays du Sud pour réduire la pression migratoire. Il doit surtout contribuer à la résolution pacifique de conflits qui provoquent l’exode. Ces questions relèvent de la politique extérieure et de sécurité commune, qui n’est pas une politique communautaire et qui relève exclusivement des Etats membres.

Le manque de volonté des Etats crée des tensions avec les institutions européennes : la Commission, en dépit des conclusions du Conseil européen, publiera en mai, un programme d’action incluant la question de la migration légale. L’objectif de la Commission est l’institution d’une politique d'asile et d'immigration commune. Le Parlement européen aussi se mobilise. Martin Schulz, son président, menace de bloquer le prochain budget européen s'il n'augmentait pas de manière considérable les financements alloués aux sauvetages en mer.

L’opinion publique interpelle l’Union européenne sur le drame des réfugiés qui se noient en Méditerranée. Mais le pouvoir, dans les domaines de l’immigration comme de la politique extérieure, n’est pas entre les mains des institutions européennes, mais dans celles des Etats membres. L’Union n’a comme compétences, et comme moyens financiers, que ceux que les Etats décident de lui octroyer. L’Union européenne ne doit pas être un bouc émissaire institutionnel. Ce sont les Etats qui manquent de volonté politique. L’Europe aurait intérêt à avoir une politique commune d’immigration et d’asile, une politique extérieure et de défense commune qui soit beaucoup plus intégrée qu’aujourd’hui, et des budgets à la hauteur de ces défis. Dans ces domaines comme dans d’autres, il faut plus d’Europe. C’est une nécessité pour gérer les migrations avec humanité et efficacité.

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Published by François Vié - dans Migrations-Immigrations
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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 18:20

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Décembre 2014

 Le 11 novembre 2012, la Cour de justice européenne vient de rendre un arrêt qui permet aux Etats de refuser des prestations sociales à des personnes qui seraient en séjour illégal sur leur sol. S’agit-il d’un recul sur le principe de la libre circulation des personnes dans l’Union européenne ? Cet arrêt donne-t-il raison aux tenants de la préférence nationale ?

 l faut distinguer deux choses : la liberté de circulation et le droit au séjour.

 La liberté de circulation est un des fondements de l’Union européenne : tout citoyen européen peut circuler librement dans l’Union. Ceci est renforcé dans l’espace Shengen : il n’y a plus de contrôle lorsque l’on passe d’un pays membre à un autre pays membre de l’Espace Schengen. Rappelons qu’il s’agit des 28 pays membres, aux exceptions du Royaume-Uni et de l’Irlande, de la Roumanie et de la Bulgarie, auxquels s’ajoutent 3 pays non membres de l’Union : Suisse, Norvège, Islande.

Par contre le droit au séjour est limité par une directive européenne de 2004: Au-delà de 3 mois de séjour dans un autre pays européen que le sien, il faut, soit étudier ou travailler, soit avoir des ressources suffisantes pour ne pas devenir une charge pour l'assistance sociale. L’arrêt du 11 novembre de la Cour de justice de l’Union européenne, ne change donc rien à la réglementation existante et ne fait que préciser les choses.

 Les partis europhobes, notamment en France le Front National, et au Royaume-Uni le parti UKIP, utilisent massivement le thème de l’immigration dans leurs campagnes et notamment le thème du tourisme social. La présence d’étrangers pèserait sur les comptes sociaux. C’est le contraire. Une étude montre que les migrants européens paient plus de taxes qu’ils ne reçoivent de prestations sociales. Dans la plupart des pays ils représentent moins de 5% des bénéficiaires de l’aide sociale.

 Autre argument des europhobes : les immigrants sont des voleurs d’emploi. À l’heure actuelle, 3,3 % de la population active de l’UE, soit 8 millions de personnes, vivent et travaillent dans un autre État membre que le leur. Il convient d’y ajouter 1,2 million de personnes qui vivent dans un pays de l’Union, mais travaillent dans un autre. Au total 3.8% de la population active est constituée de travailleurs étrangers européens. Ce n’est pas de nature à déstabiliser le marché du travail. C’est en particulier un argument de mauvaise foi de David Cameron, dont le pays a actuellement un taux de chômage d’à peine 6%. Fermer les frontières intérieures de l’Union pour protéger les travailleurs nationaux est un non-sens, tout simplement parce qu’il y a le plus souvent,  dans un pays, autant de travailleurs étrangers européens, que de travailleurs du pays concerné qui travaillent dans un autre pays de l’Union.

 Enfin, les immigrés seraient un facteur d’insécurité. La situation est sans doute variable selon les pays, mais une  enquête récente en France montre le caractère irraisonné de cette croyance et l’absence de corrélation entre délinquance et  immigration.

 La libre circulation dans l’Union européenne est une des valeurs fondamentales de l’Europe. C’est une des plus appréciées par ses citoyens. Le droit au séjour, et donc de s’établir et de travailler dans un autre pays de l’Union, est, lui aussi fondamental. Il s’agit de développer les échanges entre Européens, de leur donner de nouvelles opportunités d’emploi, de favoriser une convergence de nos économies, de rapprocher les Européens dans leurs cultures et dans leurs droits, en bref de faire l’Europe des citoyens, tout le contraire du repli sur soi et de l’égoïsme national prôné par les europhobes.

 

 

 

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Sources: Europe-midi (Mouvement européen France), Euractiv, Agence Europe, Fondation Robert Schman, Oui à l'Europe, Sinople, presse quotidienne et hebdomadaire dont Le monde et Courrier international...


L'auteur de la scutpture "L'Europe" est Bernard Vié link

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