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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 15:31

 

 

Septembre 2014.

Les Etats-Unis sont la première puissance économique et militaire du monde. Pour cette raison, le dollar a la confiance des acteurs économiques et reste la monnaie dominante. Il constitue 62% des réserves mondiales de change. Il est utilisé dans 87% des échanges financiers, 81% du commerce mondial.

Les Etats-Unis abusent de cette situation. Ils exercent un véritable chantage sur les banques pour les mettre au service de leurs intérêts géostratégiques. Cela se constate dans l’affaire de la condamnation de la BNP, celle de la dette Argentine, l’application de la loi ACTA.

  • La BNP a désobéi à un embargo sur les transactions en dollar, décrété par le gouvernement américain, avec certains pays : Soudan, Cuba, Iran. La justice américaine considère que ses mesures d’embargo doivent être respectées partout dans le monde, y compris par des entreprises non-américaines, opérant hors des Etats-Unis. Elle a menacé la BNP de lui interdire toute activité aux USA. La banque a dû accepter une amende record de 6.6 milliards d’euros, et de se soumettre aux autorités de supervision américaines.

  • L’Argentine en 2001 avait restructuré massivement sa dette de 100 milliards de dollars en la dévalorisant de 70%. Un juge américain veut lui imposer de rembourser de vielles dettes, sans dévalorisation, à des fonds spéculatifs. Pour l’obtenir, il impose à des banques américaines, de ne pas exécuter les instructions de l’Etat argentin sur des fonds qui lui appartiennent.

  • L’ACTA est une loi qui a pour but de rechercher les revenus des résidents américains à l’étranger, pour les taxer. Pour cela la loi impose aux banques, gestionnaires d’actifs ou collecteurs d’épargne, de livrer ces informations sous peine de voir saisis 30% de leurs avoirs aux Etats-Unis.

 

Le problème posé est celui de l’extraterritorialité de la justice américaine. En principe, et cela a été dit par la Cours suprême des Etats-Unis, « le droit américain est à usage interne et les Etats-Unis ne doivent pas régir le monde entier » Mais, de fait, les Etats-Unis mettent le dollar au service de leurs intérêts politiques. Les Etats-Unis veulent imposer aux banques de collaborer dans la lutte contre l’évasion fiscale, la corruption ou le terrorisme. Cela crée un risque juridique majeur pour tous les organismes qui opèrent des transactions en dollars, même s’ils n’ont aucune activité aux Etats-Unis. Si un organisme financier dans le monde traite, même sans le savoir, avec un client final qui désobéit aux lois américaines, il risque d’être condamné au titre de lois anti-corruption ou sur les embargos. Michel Rocard dans une tribune récente, affirme que les Etats-Unis plutôt que de faire du dollar « une monnaie de transactions internationale assurant la sécurité des opérations pour tous ceux qui l’utilisent » ont choisi d’en faire « une monnaie américaine au profit des intérêts géopolitiques des Etats-Unis ».

 

Que peut faire l’Europe ?

Pour longtemps encore l’euro ne sera pas assez puissant pour concurrencer le dollar. Il ne représente actuellement que 24% des réserves mondiales et 20% des échanges commerciaux. Mais les autorités européennes doivent réfléchir aux moyens de faire contrepoids aux Etats-Unis. L’Euro est la seule grande monnaie dont le taux de change n’est pas piloté par une banque centrale. Les autorités européennes doivent prendre en compte la dimension politique de leur monnaie : avoir une politique de change, une représentation unique de la zone euro dans les organisations internationales, un régulateur bancaire européen assez fort capable pour dialoguer d’égal à égal avec les Américains.

Un autre moyen est prévu par le Traité de Lisbonne. Il s’agit de la création d’un «Parquet européen» qui pourrait poursuivre, selon les termes du Traité, «les infractions portant atteinte aux intérêts financiers de l’Union», qu’elles soient commises en Europe ou, pourquoi pas, hors d’Europe. Il y aurait là l’outil juridique  capable de contrer les Américains.

 

Les Européens ont les moyens d’éviter les abus du pouvoir des Etats-Unis conférés par le dollar. Il ne leur manque que la volonté politique.

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 11:17

Mars 2014

Enfin, à l’approche des élections européennes, des pro-européens font des propositions concrètes.

Quatre groupes de réflexion publient coup sur coup leurs propositions pour la relance de l’Union européenne.

Le groupe Spinelli est composé d’une centaine de députés européens fédéralistes. Il vient de publier une proposition de loi fondamentale pour l’Union européenne. Ce texte remplacerait les traités existants et instituerait une véritable démocratie parlementaire : une Commission transformée en un gouvernement, nommé et responsable devant deux chambres : le Conseil de l’Union, représentant les Etats, et le Parlement, élu par les citoyens. Le président de la Commission désignerait lui-même ses commissaires, parmi les députés de la majorité parlementaire. La Commission aurait deux vice-présidents, qui seraient le ministre des affaires étrangères et le ministre du trésor.

 

Parce qu’il est composé de députés européens, le Groupe Spinelli privilégie des réformes de l’ensemble de l’Union. Il répugne à envisager des institutions propres à la zone euro. Ce n’est pas le cas de trois autres groupes de réflexions qui prônent une zone euro fédérale.

 

Le groupe Glienicker est composé de personnalités allemandes d’horizons divers : juristes, économistes politologues. Le groupe Eiffel s’est constitué tout récemment, en France, en écho au groupe Glienicker.

Un manifeste pour l’Union politique de l’Euro est également apparu à l’initiative d’un groupe d’économistes, politologues et journalistes français dont Thomas Piketty ou Pierre Rosanvallon.

 

Ces trois groupes ont en commun de prôner un saut fédéral. Il faut à la zone euro un gouvernement issu d’une majorité élue. Il lui faut les moyens de faire converger nos fiscalités et nos régimes de protection sociale et de relancer l’économie. Il lui faut un impôt européen de préférence à des contributions nationales. En résumé :

  • Un système démocratique pour légitimer les décisions d’un gouvernement de l’euro.

  • La fin de la concurrence fiscale et sociale qui ruine nos Etats.

  • Un budget à la hauteur des compétences mises en commun.

 

Les propositions se différencient sur un point : la forme à donner à l’assemblée qui nommera et contrôlera le gouvernement de la zone euro. Le Groupe Eiffel souhaite un Parlement de la zone euro directement issu du suffrage universel, constitué des parlementaires européens des pays de la zone euro. Le Groupe Picketty propose au contraire une Chambre de l’Euro qui serait composée de parlementaires nationaux dont le nombre pour chaque Etat serait proportionnel à sa population.

 

Le point commun de ces initiatives est de mettre au pied du mur nos gouvernements nationaux, et en premier lieu le gouvernement français. Il est faux de croire que les Français ne veulent pas de réforme de l’Union européenne. Au contraire, ce sont des propositions de démocratisation radicale de l’Union et de la zone euro qui rendront confiance aux électeurs et les amèneront à voter le 25 mai. La Chancelière allemande a fait état de sa volonté d’avancer vers une Union politique. Notre président doit lui répondre et les deux chefs d’Etats peuvent entraîner le reste des pays de l’euro.

 

La clé de la relance de l’Union européenne est dans la zone euro qui doit, non seulement se consolider, mais devenir le cœur économique et politique de l’Europe.

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 15:38

Juin 2013.  Ecouter la chronique

Alors que l’incompréhension s’installait ses derniers temps entre les deux pays, La France et l’Allemagne se sont entendus pour faire des propositions en vue du Conseil européen des 27 et 28/ juin prochain. Il s’agit  notamment de débloquer le chantier d’une zone euro plus politique.

En ce qui concerne la politique économique, il s’agit d’un compromis entre la France qui souhaite des gages de solidarité de l’Allemagne, et celle-ci qui demande plus d’efforts de réformes de la part de la France.

Les deux pays s’entendent sur le dispositif « garantie pour la jeunesse », sur un « plan d’investissement pour l’Union européenne», sur une initiative pour la compétitivité de l’industrie.

Des objectifs sont proposés de coordination des politiques économiques, de convergence des fiscalités nationales, de mise en place de salaires minima dans les pays de l’Union.

Un fonds sera créé dans la zone euro pour aider chaque pays à résoudre ses problèmes de compétitivité.

La mise en place de l’Union bancaire sera accélérée.

C’est dans le domaine de la gouvernance de la zone euro que les propositions sont les plus prometteuses.

Un président de l’Eurogroupe, à plein temps serait désigné pour faire progresser les questions spécifiques à la zone euro, mais aussi pour rapprocher les politiques sociales, de recherche, de l’industrie.

Une structure au sein du Parlement européen garantirait le contrôle démocratique des décisions propres à la zone euro.

Les partenaires sociaux seraient mieux associés à la conduite de la politique économique de la zone euro.

Les chefs d’Etats qui se réuniront les 27 et 28 juin, ont ainsi des propositions pour faire avancer une politique économique commune et une gouvernance améliorée sur la zone euro.

Cela n’efface pas, bien entendu les nombreuses divergences de point de vue entre la France et l’Allemagne.

L’Allemagne, contrairement à la France ne veut pas d’une politique de change. Elle ne veut pas non plus de la mutualisation des dettes des Etats. La France souhaite plus de relance, l’Allemagne, plus de réformes pour réduire les déficits.

Il s’agit toutefois d’un pas important, s’il est suivi par les autres pays de la zone euro. Il donne un début de définition concrète aux expressions ambigües de « gouvernement économique » ou de « fédéralisme budgétaire » Il traduit la nécessité, pour sortir de la crise d’une Europe à deux vitesses, la zone euro étant, à l’évidence, le cœur économique de l’Europe.

Reste que nous aurons véritablement un gouvernement efficace et démocratique de la zone euro, lorsque nous sortirons d’une logique intergouvernementale, pour passer à une logique fédérale. L’Allemagne est habituée au fédéralisme, comme mode d’organisation des pouvoirs politiques. Pour la France, au contraire, l’Europe politique est l’Europe des chefs d’Etats.  Il faudra à l’avenir, ne pas avoir seulement un président de l’Eurogroupe désigné par les chefs d’Etats, mais avoir un Ministre de la zone euro, membre de la Commission européenne et responsable devant les parlementaires européens de la zone euro. C’est à cette condition que les citoyens accepteront que les Etats de la zone euro mettent plus de compétences en commun.

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 17:06

Mars 2013.   Ecouter la chronique 

 

De juillet 2012 à janvier 2013, l’euro s’est apprécié par rapport aux grandes monnaies mondiales : + 10% par rapport au dollar, + 25% par rapport au yen. C’est que l’euro doit faire face à une politique active des grandes puissances mondiales de baisse de leurs monnaies. M Abe, nouveau premier ministre japonais, élu en décembre, a fait tourner la planche à billets de la Banque du Japon. Le yen a perdu depuis début 2013 8% de sa valeur face au dollar et 9% face à l’euro. La banque centrale américaine, depuis trois ans, a fait de même. Elle a annoncé qu’elle continuerait jusqu’à ce que le chômage aux Etats-Unis passe en dessous de la barre des 6,5%. D’autres pays moins importants s’y mettent. La Banque nationale suisse a fixé un plafond au taux de change du franc suisse contre l’euro. La banque centrale d’Angleterre songe à substituer à son objectif de lutte contre l’inflation, un objectif de croissance du PIB. Quant à la Chine c’est avec constance qu’elle soustrait le cours de sa monnaie aux lois du marché et qu’elle maintient un yen sous-évalué de 30 à 40% par rapport au dollar.

 

Cette situation, où chaque puissance fait baisser sa monnaie dans l’espoir de favoriser ses exportations, a un nom : la guerre des monnaies. Les pays du G7, ce moi-ci, ont choisi de nier le problème et ont pris un engagement collectif, de parfaite mauvaise foi, de ne pas recourir aux dévaluations. La question sera de nouveau évoquée à la prochaine réunion du G20 qui se tiendra à Saint-Pétersbourg les 5 et 6 septembre.

 

Les pays de l’Euro-groupe, eux, n’ont aucune politique de change affichée. La BCE achète la dette publique des Etats en difficultés sur le marché secondaire  C’est un moyen indirect de financer les Etats et cela pèse à la baisse sur le cours de l’euro. Mais officiellement la BCE s’en tient à sa mission de lutte contre l’inflation.

 

La BCE doit-elle, comme les autres banques centrales, faire tourner la planche à billets ? Ce serait prendre le risque, collectif, de créer trop de monnaie et d’alimenter des bulles spéculatives dangereuses. Les Européens doivent-ils laisser pour autant l’euro s’apprécier, au risque de pénaliser leur économie ? Ils sont en désaccord sur ce point. Les économies fortes comme l’Allemagne s’en accommodent. Celles qui exportent des produits moins hauts en gamme, et ont moins de capacité à imposer leurs prix,  souffrent d’un euro fort. Le 11 février à une réunion de l’Euro groupe, la France a voulu proposer que l’Europe se dote d’une politique de change. Elle n’a pas été entendue. L’Allemagne considère que le marché doit fixer le niveau de l’Euro. Pour Mario Draghi  le président de la BCE, le niveau de l’euro n’est pas un objectif de la politique monétaire.

 

Les divisions des Européens les empêchent de peser dans le débat monétaire. Ils sont incapables de parler d’une seule voix au Fonds monétaire international, au G20, au G7. Ils n’ont pas de politique de change. Ils assistent passivement à la guerre des monnaies.

 

C’est le moment choisi pour relancer l’idée d’un marché unique entre les Etats-Unis et l’Union européenne. Barak Obama vient d’en faire la proposition, favorablement accueillie par les Européens. L’Europe peut-elle tirer profit d’une libéralisation supplémentaire des échanges, avec un partenaire qui manipule sa monnaie en sa faveur ? Ce serait renouveler l’erreur des  pays occidentaux qui ont accepté que la Chine entre dans l’Organisation Mondiale du Commerce il y a 12 ans. Depuis, le niveau artificiel de sa monnaie lui a permis d’inonder le monde de ses marchandises et de mettre à mal l’économie européenne.

 

La monnaie, comme la défense, est une des principales prérogatives des Etats. L’Europe, sans capacité de décision politique, se prive, face au monde, des moyens de la puissance, et de défense de ses intérêts. 

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 17:57

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Angela Merkel répond aux demandes de François Hollande.

La France s’est placée en pointe dans de nouvelles demandes à l’Allemagne. François Hollande demande  que le nouveau traité, TSCG, autrement appelé Pacte budgétaire, soit renégocié ou complété par un Pacte de croissance : relance des investissements par les fonds structurels, la Banque Européenne d’Investissements, l’émission d’obligations européennes. Ces propositions sont soutenues par d’autres pays, notamment les pays en difficulté : Italie, Espagne, Grèce, Portugal. L’Allemagne accepte d’en discuter, mais préfère des mesures de rigueur et de relance de l’activité par l’assouplissement du marché du travail, l’ouverture des professions protégées, l’amélioration de la compétitivité des entreprises. La France pousse aussi à la mise en commun de la dette des Etats de la zone euro, financée à terme par des eurobonds. L’Allemagne y est radicalement opposée. Elle refuse l’endettement de l’Union, le soutien collectif au système bancaire, le financement monétaire des Etats, la relance du crédit et de la consommation en Allemagne.

Et les difficultés s’accroissent : l’Espagne doit recapitaliser ses banques et pour cela a besoin de l’aide de l’Europe. C’est une difficulté nouvelle car c’est un pays au poids économique beaucoup plus important que la Grèce, l’Irlande ou le Portugal. Elle s’ajoute au problème grec, toujours non résolu. Le constat s’impose que les mesures prises pour endiguer la crise de l’Euro sont insuffisantes. C’est une nouvelle alerte pour la zone euro. Il faut de nouvelles mesures. Un plan de réforme de la zone euro est en préparation. La commission européenne soutient l’idée d’une Union bancaire, pour garantir collectivement les dépôts, mieux superviser les banques et organiser ensemble leur sauvetage.

La réponse de l’Allemagne est arrivée :

Pour sortir de la crise, la chancelière allemande Angela Merkel réclame une Europe politique renforcée. Selon ses propos, « nous avons besoin de plus d'Europe (...), d'une union budgétaire (...) et nous avons besoin avant tout d'une union politique. Nous devons, pas à pas, abandonner des compétences à l'Europe » a-t-elle précisé. Elle explique qu'il « nous faut coopérer plus étroitement, au sein d'une union monétaire, en restant ouverts à tous les Etats qui s'intéressent à cette coopération ». « Mais il ne faut pas s'arrêter si l'un ou l'autre [Etat membre] ne veut pas avancer ». S’il le faut, cette Europe politique doit être à deux vitesses. Quant aux eurobonds ou à l’union bancaire, ils ne peuvent se concevoir qu’à ces conditions.

Autrement dit : la puissance économique de l’Allemagne peut être mise à profit pour consolider la zone euro et l’économie européenne, mais à la condition de gérer collectivement l’économie de la zone euro : faire de la Commission un gouvernement économique, avec des compétences fiscales et budgétaires ; donner à la Commission un poids politique en élisant son président au suffrage universel.

Ce message s’adresse en priorité à François Hollande. Si elle veut que l’Allemagne joue le jeu de la solidarité, la France doit accepter que les pays de la zone euro délèguent de nouveaux pouvoirs à l’Europe.

La réponse à donner est délicate : la France est un pays jacobin, centralisé. C’est un pays qui a dit non au traité constitutionnel européen. Le parti socialiste est encore marqué par ses divisions sur l’Europe.

Mais Angela Merkel a raison. François Hollande doit saisir la main tendue de l’Allemagne. C’est non seulement l’avenir de la zone euro qui est en jeux, c’est celui de l’Europe toute entière. Renoncer à l’union politique serait maintenir l’économie européenne dans la crise et risquer l’effacement progressif des Européens de la scène du monde.

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 22:24

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Les Grecs disent, pour 80% d’entre eux, vouloir rester dans la zone euro, conscients de la catastrophe que serait pour eux le rétablissement de la Drachme. Mais ils refusent le plan d’austérité imposé par l’Union européenne, la BCE et le FMI en contrepartie de leurs aides.

 

Les Européens veulent le maintien de la Grèce dans l’euro. Son départ serait un risque financier pour l’ensemble de l’économie européenne. Ce serait aussi des pertes pour la BCE et pour le Système européen de Stabilité financière, c'est-à-dire les Etats. Offrir à la Grèce une remise totale de ses dettes coûterait environ 1000 € à chaque citoyen européen de la zone euro. Un départ de la Grèce serait surtout un signal politique désastreux pour la construction européenne. Les Européens  savent que les contraintes qui pèsent sur la population grecque sont trop lourdes et ne permettront pas le redémarrage de l’économie grecque. Il faudra leur trouver des aménagements. Mais les Européens qui financent de fait la Grèce, ne veulent plus alimenter ce qui ressemble à un puits sans fond.

 

L’Europe a prêté à la Grèce 240 milliards d’euros qui risquent fort de ne jamais être remboursés. C’est deux fois le budget annuel de l’Union européenne. La Grèce n’a appliqué que très partiellement les engagements qu’elle a pris de remise en ordre de ses finances. Les Européens doutent de la volonté des Grecs à réformer leur pays. La défiance s’installe. La BCE a annoncé avoir coupé l’accès à ses crédits à quatre banques grecques.

 

La gauche radicale grecque a remporté les élections en affirmant que les Européens n’oseront pas laisser tomber leur pays. Pourtant c’est une hypothèse qui fait son chemin. Elle a pris un nom : le Grexit, contraction des mots « Grèce » et « exit ». Personne ne la met officiellement sur la table, mais tout le monde s’y prépare. Depuis le début de la crise grecque la zone Euro s’est équipée d’un pare-feu de 850 milliards d’euros. Les banques ont abandonné 100 milliards de créances grecques et ont vendu leur dette grecque. Les risques de contagion d’une faillite de la Grèce se sont réduits. Les Européens, surtout l’Allemagne, menacent de ne plus verser les prêts internationaux si un gouvernement grec renonçait à appliquer les réformes, ce qui provoquerait la faillite de l’Etat et de fait sa sortie de l’euro.

Alexis Tsipras dirigeant de la gauche Syriza, qui est crédité de 28% des voix aux prochaines élections, ne voit pas de contradiction entre rester dans l’euro et dénoncer le mémorandum qui impose aux Grecs l’austérité. Mais fait-il des propositions concrètes pour que cela soit crédible ? Certains députés européens libéraux et verts comme Daniel Cohn-Bendit imaginent un plan Marshal pour la Grèce : des investissements européens dans les économies d’énergie, les infrastructures, le patrimoine culturel. Mais aussi des mesures d’assainissement plus justes pour la population : lutte contre l’évasion fiscale, réduction des dépenses militaires, instauration d’un véritable impôt foncier.

L’épreuve de vérité aura lieu après les élections grecques du 17 juin. L’Europe fera un effort, mais la décision de rester ou de quitter l’euro reviendra aux Grecs.

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 14:22

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Le Mouvement européen Pas-de-Calais organise à Arras une réunion publique sur l’Europe économique et monétaire le 2 avril 2012 à 18h30.

Le titre de cette soirée : Euro, dettes, croissance, emploi, Quelles solutions européennes ? Le but de cette réunion est de mieux comprendre ce que fait l’Union européenne en matière de monnaie et d’économie, et bien sûr d’en débattre. Nous avons eu l’année dernière des sommets de la zone euro à répétition pour sauver l’Euro. Il y a eu les plans d’aide à la Grèce, la création d’un fonds de secours, de mécanisme de coordination des politiques économiques et de coordination des budgets nationaux, et puis un nouveau traité. Le premier objectif est d’avoir des éclaircissements sur ce que fait actuellement l’Union européenne. Et puis se poser la question des finalités de cette action. Notamment le grand débat d’actualité : au-delà des politiques de rigueur, comment soutenir la croissance et l’emploi.

La première intervenante sera Claude Fischer. Elle est présidente d’un think-tank européen très connu, indépendant de toute famille politique et spécialisé dans l’économie. Elle nous fera une présentation des enjeux : les crises, la finance, la croissance faible, les risques de déséquilibre de la zone Euro, et elle nous dira quels sont les dispositifs dont se dote actuellement l’Europe pour y faire face.

Ensuite aura lieu un débat avec deux élus - la députée européenne Hélène Flautre et un parlementaire national - et deux acteurs de l’économie - Mariano Fandos qui est secrétaire confédéral du service international-Europe de la CFDT et Luc Doublet qui est le président de la société Doublet, très impliquée à l’international.

Les sujets abordés seront ceux que soulève l’actualité : Que doit faire l’Europe ? Quelles priorités ? D’abord imposer une mise en ordre des finances publiques ? Ou sauver l’Euro ? Ou soutenir la croissance et l’emploi ? Ou mieux s’organiser face à la mondialisation ? Et comment le faire ? Quelles politiques ? Faut-il se protéger ou s’ouvrir au commerce ? Et puis quelles sont les conséquences pour l’Europe des décisions qui ont été prises face aux crises ? S’agit-il de progrès dans la construction européenne ? Comment contrôler démocratiquement les politiques économiques européennes ? Va-t-on vers une Europe à deux vitesses ?

Une demi-heure d’échanges avec la salle est prévue. Le Mouvement européen défend l’idée qu’il faut plus d’Europe, mais respecte toutes les opinions y compris éventuellement eurosceptiques. Tous le monde pourra s’exprimer et avoir des réponses à ces questions, qui sont complexes mais qui concernent tous les citoyens.

Nous sommes en pleine campagne présidentielle, il ne s’agit-il pas d’une réunion électorale Nous avons deux élus présents pour avoir les visions d’une parlementaire européenne, qui vote les politiques européennes, et d’un parlementaire national qui vote le budget de la France. Le but est de parler des questions de fond et non de la campagne.

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 12:10

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Un répit est obtenu pour réformer le pays, assainir ses finances publiques. Ceci dit, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur le remède apporté à la Grèce. L’aide est assortie de mesures drastiques : coupes dans les budgets de la défense, de la santé, des investissements publics, suppression de 15000 postes de fonctionnaires, réduction du salaire minimum, baisse des pensions les plus élevées, libéralisation de professions réglementées, nouvelles taxes, privatisations. La cure d’austérité génère une récession durement ressentie par la population. Elle entraine une baisse des recettes fiscales qui empêche la baisse du taux d’endettement du pays. Les Parlementaires européens jugent le remède trop violent. L’Europe fait-elle le nécessaire pour la Grèce ?

 

Une première interrogation porte sur la répartition de l’effort demandé aux Grecs. Est-il équitablement réparti ? Ne faut-il pas réduire plus les dépenses militaires ? Faire payer l’église qui est exonérée de certains impôts fonciers ? Ne faut-il pas imposer les armateurs ? Fait-on le nécessaire pour combattre une évasion massive de capitaux notamment vers la Suisse ? L’Union qui dicte les mesures de rigueur, ne doit-elle pas aussi veiller à leur juste répartition ?

 

D’autre part à côté de mesures de rigueur, l’Union européenne peut contribuer à la reconstruction de l’économie. Les salaires ont augmenté, entre 2000 et 2010, de 54% en Grèce contre 28 % au Portugal et 18% en Allemagne alors que sa productivité stagne. La question qui se pose est de restructurer profondément l’économie grecque, améliorer sa productivité, pour renouer avec la croissance. La Banque Européenne d’Investissement a investi 2 milliards d’€ en Grèce en 2011. Elle demande à voir ses moyens augmentés. 8 milliards de fonds de développement européen sont à la disposition de la Grèce mais ils sont sous-utilisés. Ils peuvent être mobilisés en supprimant l’obligation de cofinancement par l’Etat et en les orientant directement sur le soutien à l’économie, notamment les PME.

 

Il y a consensus pour dire que la cure d’assainissement des finances grecques est une nécessité, qu’il faut réformer le système administratif et politique, renoncer à la bureaucratie et au clientélisme. Les Grecs eux-mêmes le pensent : dans un récent sondage, les Grecs considèrent à 82% que la responsabilité de la crise revient à leur gouvernement et non pas « au marché ou aux spéculateurs » (9.3%) ou l’Union ou le FMI (6%). 76% d’entre eux souhaitent rester dans l’Euro.

 

Les Grecs reconnaissent leur responsabilité et sont prêts aux efforts nécessaires pour redresser leur économie. Les Européens ont aussi leur part de responsabilité en ayant créé une zone Euro sans gouvernance ni unité politique. Ils doivent aider la Grèce avec un souci d’équité et pas uniquement de rigueur économique. Ils doivent montrer leur solidarité non seulement en empêchant la faillite, mais aussi en soutenant la reconstruction de leur économie.

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 14:16

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Un nouveau traité a été signé le 1er mars entre 25 des 27 pays européens, c'est-à-dire tous sauf le Royaume-Uni et la République tchèque. Il s’agit du « Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire », en abrégé TSCG, parfois surnommé « Pacte budgétaire ».

 

Il consiste en un renforcement de la discipline budgétaire des Etats. Ceux-ci s’obligent à adopter une « règle d’or », de préférence dans leur Constitution, qui limite, en dehors des variations de conjoncture économique, le déficit public à 0.5 % du PIB. Chaque pays s’engage à réduire son endettement de 5% par an lorsqu’il dépasse 60% du PIB. La Commission européenne fixe le calendrier de convergence vers ces objectifs pour chaque pays. La Cour de justice de l’Union européenne peut être appelée à juger du non respect de ces règles. Les pays contractants s’engagent à coordonner leurs politiques économiques, au besoin en utilisant les coopérations renforcées. Des sommets des chefs d’Etats de la zone Euro sont institués.

 

Il s’agit d’un renforcement des règles de gouvernance économique de la zone euro qui étaient déjà convenues dans différents dispositifs : le « pacte de stabilité » renforcé qui précise la manière dont les Etats doivent respecter les seuils maximum de déficit et d’endettement des Etats ; le « pacte euro+ » qui prévoit des réformes structurelles ; le « semestre européen » qui coordonne la conception des budgets nationaux avant approbation par les Parlements. Le Parlement européen a, en codécision avec le Conseil, finalisé ces dispositifs en y ajoutant des règles d’harmonisation des cadres budgétaires nationaux, un processus de surveillance des équilibres macro-économiques dans chaque pays et en instituant un dialogue économique du Parlement avec les Etats membres et les institutions européennes.

 

L’essentiel des règles figurant dans le traité étaient déjà présentes dans la législation européenne récemment adoptée. C’est donc essentiellement pour des raisons politiques que ce traité a été signé, à la demande de l’Allemagne. L’Allemagne ne veut pas voir se reproduire, comme en Grèce, des dérapages des finances nationales qui mettent en péril la zone Euro.

 

Le nouveau traité est contesté sur deux points :

 

D’abord il impose la rigueur budgétaire sans dire comment relancer l’activité économique. Ses règles sont précises pour éviter les déficits et le surendettement. Ses engagements sont flous sur la coordination des politiques économiques. Il ne prévoit pas de politiques de relance de l’économie. C’est ce déséquilibre qui motive la volonté de François Hollande de renégocier le traité. Il s’agira, plus probablement, d’obtenir des autres pays européens des politiques de soutien à l’économie, sous la menace de non-ratification du traité par la France.

 

Ensuite le nouveau traité est critiqué sur son lien avec la création du « Mécanisme européen de stabilité financière ». Ce mécanisme est le nouveau dispositif qui permettra à l’Union d’aider les pays en difficultés. Il prendra la suite du « Fonds européen de stabilité financière » qui a permis de prêter à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal. Il est prévu que seuls pourront en bénéficier, les pays qui auront signé le nouveau traité TSCG. En somme, la solidarité ne jouera que pour ceux qui acceptent la discipline budgétaire. Là aussi la gauche française a rechigné en s’abstenant à l’Assemblée nationale, lors du vote de ratification du traité créant le Mécanisme européen de stabilité financière.

 

La mise en place d’une gouvernance de la zone Euro progresse. On n’en est toutefois pas encore à un gouvernement économique en mesure de sortir l’Europe de la crise.

 

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 10:11

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On sait que 19 pays de l’Union ont adopté une monnaie unique, sans avoir une gouvernance commune forte. Les politiques budgétaires et économiques sont restées de compétences nationales. Des règles minimales ont été convenues dans le pacte de stabilité, qui d’ailleurs n’ont pas été respectées. Il a même été convenu que, en cas de difficultés d’un pays, il était exclu de lui porter secours, ceci pour éviter d’inciter au laxisme budgétaire. La construction comportait un vice : la monnaie unique, en permettant de financer tous les Etats au même taux, incitait les Etats en mal de développement à s’endetter fortement. La crise a accéléré le phénomène. Les Etats qui ont eu recours à ces facilités se sont retrouvés surendettés et incapables désormais de se financer sur les marchés.

Les Etats en bonne santé de la zone euro ont prêté aux Etats en difficulté, moyennant des mesures drastiques d’assainissement budgétaire. Ce remède peut encore réussir pour le Portugal ou l’Irlande. Mais le cas de la Grèce apparaît de plus en plus comme désespéré.

 

La solution réside, pour certains, dans le rôle que pourrait avoir la Banque centrale européenne. La BCE pourrait, comme le font les banques centrales d’Angleterre et des Etats-Unis, financer les Etats. Actuellement la BCE finance à 1% les banques. Les Etats se financent sur le marché financier, dont les banques, à des taux qui dépendent de leur crédibilité : de l’ordre de 3% pour la France, de 5 à 6 % pour l’Espagne ou l’Italie. La Banque centrale peut créer de la monnaie, en théorie de façon illimitée. Pourquoi ne prête-t-elle pas directement aux Etats à 1% ? Cela allégerait la charge de la dette des Etats et éviterait de rémunérer d’autant les banques. La BCE pourrait aussi apporter sa garantie aux nouveaux emprunts émis par les Etats, ce qui permettrait de les souscrire à meilleur compte.

Ces aides directes aux Etats par la BCE sont interdites par les traités. Mais ce point pourrait être contourné. La France a proposé de donner au Fonds de stabilité financière européen, qui prête aux Etats en difficultés, une licence bancaire qui lui permettrait d’emprunter auprès de la BCE, au même taux que les banques.

 

Cela a été refusé par l’Allemagne.  A ses yeux, prêter aux Etats laxistes à des taux trop avantageux, c’est les inciter à ne pas remettre leurs finances en ordre. D’autre part, pour se substituer aux marchés financiers dans le financement des Etats, la BCE devrait créer de la monnaie en quantité importante. Cette création monétaire pourrait provoquer une inflation dont l’Allemagne ne veut pas.

   

Une autre raison est plus fondamentale. Si la BCE prêtait aux Etats elle aurait un droit de regard sur la politique budgétaire de chacun d’entre eux. Il est difficile d’imaginer qu’une institution non élue ait ce pouvoir.

 

La BCE est indépendante. Elle ne reçoit aucune instruction des gouvernements  ni de la Commission ou du Conseil européen. Cela est considéré par certains comme une erreur, privant le pouvoir politique d’un moyen d’action déterminant. Mais cela lui permet de ne pas dépendre de demandes politiques d’un pouvoir européen, qui en l’état de la construction européenne, peine à se constituer, et qui n’a pas de politique monétaire.

La BCE est-elle pour autant inactive ? Elle a montré au contraire depuis le début de la crise un certain pragmatisme. Elle utilise des moyens importants pour racheter sur le marché secondaire la dette des pays en difficultés. Elle vient au secours des banques, ce qui les incite à acheter des obligations d’Etat et à en faire baisser les taux. De fait, elle contourne les traités européens en aidant indirectement les Etats fragiles.

 

La BCE a montré qu’elle défend la monnaie commune.  Elle ne se comporte pas comme une banque centrale ordinaire. Elle ne finance pas directement les Etats. Mais si cela devenait une nécessité impérieuse pour sauver la monnaie et si l’Allemagne l’acceptait, cela reste possible.

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Published by François Vié - dans Euro
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