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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 13:05

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Diffusé le 25 octobre 2012

 

Le programme Erasmus vient de fêter son 25e anniversaire. Ce programme européen, lancé en 1987, consiste à attribuer des bourses aux étudiants qui effectuent une partie de leur cursus universitaire, de six mois à 1 an, dans un autre pays de l’Union ou un des 6 autres pays qui ont rejoint le programme. Elles permettent aux jeunes d’acquérir des compétences utiles à l’étranger et une ouverture interculturelle.  Trois millions de jeunes en ont bénéficié. Pour toute une génération, un esprit européen s’est créé, une prise de conscience de l’unité de destin des Européens et de la citoyenneté européenne. De plus Erasmus a amené les Européens à une harmonisation des cursus universitaires, à travers le « Programme de Bologne » lancé en 1999.

La commissaire européenne à l’éducation, Androulla Vassiliou, a présenté le 9 mai un programme de relance d’Erasmus. C’est « Erasmus pour tous ». Sept sous programmes d’Erasmus qui ont été créés au fil des ans, vont être unifiés : Erasmus-mundus qui permet des échanges hors Union européenne, Léonardo da Vinci qui concerne la formation professionnelle, Comenius pour les élèves du secondaire. Le budget d’Erasmus pour la période 2014-2020 va être porté à 19 milliards d’€, soit une augmentation de 70% par rapport à la période précédente.

Le programme Erasmus est un succès qui mérite d’être amplifié et va l’être. Il contribue à créer une conscience et une société européenne. Il faut toutefois en voir les limites. Il ne concerne actuellement que 2% des étudiants. Le financement et le montant des bourses sont insuffisants, le dispositif n’est pas assez connu, les étudiants rencontrent des difficultés de reconnaissance des diplômes.

Surtout, ce succès ne peut pas tenir lieu de politique européenne dans le domaine de l’enseignement supérieur.

L’enseignement supérieur ne fait pas partie des compétences de l’Union européenne.

Il existe un processus de Bologne qui s’attache à harmoniser des systèmes d’enseignement nationaux. Il a à son actif l’adoption d’un système unique de diplômes : le LMD (Licence, Maîtrise, Doctorat), la mise en place d’un système d’accumulation et de transferts d’unités de formation reconnues dans toutes les universités (ECTS), la promotion de la mobilité des étudiants. Il ne s’agit pas d’un traité engageant les Etats de façon contraignante, mais d’un processus de concertation basé sur un groupe de suivi, des séminaires, des conférences ministérielles et de présidents d’universités.

Des statistiques récentes de l’OCDE montrent que les pays émergents (pays du G20 hors OCDE) produisent désormais plus de diplômés de l’enseignement supérieur que les pays développés (pays de l’OCDE). Entre 2000 et 2020 le nombre d’étudiants va doubler dans le monde. Mais l’Europe, comme les Etats-Unis, ne formeront alors plus que ¼ des diplômés dans le monde. La perte de leadership de l’occident est évidente, particulièrement au profit de la Chine qui en 2020 formera à elle seule 28% des étudiants du monde. Ces progrès vont de pair avec ceux de ses universités et de sa recherche et avec son expansion économique.

Face à ces enjeux, l’Union européenne ne se donne pas les moyens de réagir. Elle n’a pas de politique des universités. Il n’y a au niveau européen ni vision stratégique, ni de réflexion opérationnelle sur un aménagement du territoire des universités. Le risque pour l’Europe est d’être en quelques années déclassée face aux autres grandes puissances du monde.

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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 08:32

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Le processus de Bologne fête ses 20 ans dans un climat de fronde universitaire.

En juin 1999, 29 ministres de l’éducation signaient la déclaration de Bologne. Son objet : mettre en place un espace européen de l’enseignement supérieur à l’horizon 2010. Ses objectifs :

  • Faciliter la mobilité des étudiants d’un pays à l’autre pour y poursuivre ses études.
  • Augmenter l’attractivité de l’enseignement supérieur européen y compris pour des étudiants non-européens.
  • Doter l’Europe d’une assise solide de connaissances de pointe de grande qualité.

Il ne s’agit pas d’un traité engageant les états de façon contraignante, mais d’un processus de concertation basé sur un groupe de suivi, des séminaires, des conférences ministérielles et de présidents d’universités.

L processus s’est élargi jusqu’à comprendre, bien au-delà des 27 pays de l’Union européenne, 46 pays y compris la Géorgie, la Russie, la Turquie, l’Ukraine.

 

A ce jour les réalisations sont principalement :

  • L’adoption d’un système unique de diplômes : le LMD (Licence, Maîtrise, Doctorat)
  • La mise en place d’un système d’accumulation et de transferts d’unités de formation reconnues dans toutes les universités (ECTS)
  • La promotion de la mobilité des étudiants, des chercheurs, des personnels administratifs, par des bourses, la portabilité des bourses et des prêts, la reconnaissance des diplômes et des périodes d’activités passées à l’étranger.

La mise en place de ces dispositifs s’est accompagnée du développement de coopérations entre universités, et surtout de leur autonomie. L’enseignement supérieur est reconnu comme un bien public relevant de responsabilité publique, sur financements publics. Mais certaines, notamment en Angleterre et en Allemagne, recherchent une part de leur financement dans l’industrie ou dans des droits d’inscriptions élevés.

 

La contestation dans les milieux étudiants et de la recherche en France est liée essentiellement à des causes nationales : mastérisation des formations des enseignants, pouvoirs excessifs des présidents d’université, démembrement du CNRS, précarisation du statut des chercheurs. Mais les contestataires voient dans le processus de Bologne la source de ces difficultés.

  • En recherchant l’excellence et l’attractivité on se serait placé dans une logique de concurrence entre universités, au détriment des objectifs initiaux de coopération.
  • En cherchant à se placer dans la compétition mondiale on incite les universités à rechercher des financements privés, qui du même coup peuvent servir de prétexte aux gouvernements à réduire les crédits publics, d’où une menace de privatisation.
  • La recherche de l’excellence se fait au détriment de la formation de masse d’étudiants dans un esprit démocratique et de promotion sociale qui prévalait en France.

 

Ceci dit, la mondialisation est une réalité à laquelle l’Europe doit faire face. Les dépenses moyennes par étudiant aux Etats-Unis et au Japon sont plus du double de celles qu’y consacre l’Europe.

La crise économique, la nécessité de réformer notre mode de développement, la montée des pays émergents dans la recherche et l’enseignement supérieur, plaident pour un investissement public et massif dans ces domaines.

Autrement dit, au-delà d’une coopération telle que le processus de Bologne, une véritable politique européenne de l’enseignement supérieur et de la recherche est nécéssaire.

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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 17:41

Selon la banque mondiale et l’ONU, 11,3% des travailleurs dans le monde ont une formation supérieure. L’OCDE tire la sonnette d’alarme. Formerons-nous assez de diplômés face aux besoins ? Déjà on constate des pénuries d’enseignants en Allemagne, de personnels de santé aux Etats-Unis. Des pays occidentaux font appel à des diplômés étrangers : l’Angleterre importe des médecins, notamment d’Afrique du Sud. Un phénomène nouveau apparaît : celui de l’ « émigration qualifiée ». La part des personnes hautement qualifiées dans la population émigrée est passée entre 1990 et 2000 de 29% à 35%.

En sont victimes des pays émergents : moins de 5% des diplômés d’Indonésie, de Chine, d’Inde, du Brésil émigrent. Mais ce taux passe à plus de 50% dans plusieurs pays d’Afrique sub-saharienne et à plus de 80% dans les Iles de Jamaïque, Grenade ou Haïti. C’est une ponction sur les pays en développement, aux effets pervers. Les pays pauvres qui voient partir les étudiants formés à grands frais auront tendance à moins investir dans l’éducation.

 

En Europe, l’éducation est une compétence des Etats. L’Union appuie les Etats par la stratégie de Lisbonne et par quelques programmes.

La Stratégie de Lisbonne avait l’objectif en 2000 de « faire de l'Union européenne (UE) l'économie la plus compétitive au monde et de parvenir au plein emploi avant 2010 ». Malheureusement elle  est purement  incitative, ne faisant que coordonner les politiques nationales. Ses objectifs en matière d’économie de la connaissance n’ont pas été atteints. Le taux de scolarisation dans l’enseignement supérieur est très inférieur dans l’union (58%) à celui des Etats-Unis (83%). Les dépenses d’éducation par étudiant sont très inférieures en Europe (8 000 €) qu’aux Etats-Unis (21 000 €) ou qu’au japon (10 000 €)

 

Le programme Erasmus est mieux connu du grand public. Il offre des bourses aux étudiants pour leur permettre de faire une partie de leur cursus universitaire, de six mois ou d’un an, dans un autre pays européen. En vingt ans il a profité à près d’un million et demi d’étudiants. Il a eu un effet positif sur les universités européennes en les incitant à être plus attractives. C’est un succès mais le système s’essouffle. Le financement et le montant des bourses sont insuffisants, le dispositif n’est pas assez connu, les étudiants rencontrent des difficultés de reconnaissance des diplômes.

Le programme Erasmus a été complété par Erasmus Mundus. Ce programme, destiné à attirer les meilleurs étudiants en Europe,  propose des masters répartis sur plusieurs universités européennes et ouverts à des étudiants non européens. Il a accueilli  2 300 étudiants depuis 2004.  L’Union européenne dispose aussi de programmes de coopération universitaire avec les Etats-Unis, le Canada, le Japon, la Corée du sud, l’Australie, la Nouvelle Zélande.

 

Il reste que la mobilité des étudiants en Europe est faible.

Alain Lamassoure, auteur d’un rapport sur l’Europe des citoyens, parle d’une « non-préférence européenne ».  Les boursiers Erasmus sont deux fois moins nombreux  dans nos universités que les étudiants non-européens. Nos étudiants prêts à s’exiler sont deux fois plus nombreux à préférer les universités américaines aux universités européennes.

 

L’Europe, en voulant attirer les meilleurs étudiants étrangers et en développant les coopérations internationales, se situe dans une logique  économique. Elle oublie de mettre les moyens nécessaires sur un objectif au moins aussi important : favoriser la circulation des étudiants en Europe, leur faire partager une culture commune, favoriser les échanges qui feront naître la conscience d’un destin commun, créer une Europe des citoyens.

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2 novembre 2006 4 02 /11 /novembre /2006 12:48

La Commission européenne a fait connaître son nouveau programme-cadre de recherche et de développement. Il comprend notamment :

·                 La création du Conseil européen de la recherche qui soutiendra la recherche fondamentale

·                 Des bourses individuelles pour notamment les jeunes chercheurs

·                 Des actions de coopération entre universités, entreprises, centres de recherche et pouvoirs publics

L’Europe a prévu 50 milliards d’Euros pour financer la recherche de 2007 à 2013. L’objectif est d’atteindre en 2010 3% du PIB en recherche et développement. Elle est égale actuellement à 1.9 % du PIB en Europe, 2.7 % au Japon et 3% aux Etats-Unis.

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L'auteur de la scutpture "L'Europe" est Bernard Vié link

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