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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 15:20

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Juin 2014

L’abstention aux élections européennes et plus encore la montée des euroscepticismes, le montrent : l’Europe est mal connue, caricaturée, décriée, lointaine. Mais derrière ces critiques une réalité s’impose : La nécessité de l’Europe est devenue incontestable, de même que celle de l’Euro.

Les sondages les plus récents montrent que les français ne demandent ni la sortie de l’Union, ni la sortie de l’euro. Le plus récent, le sondage Ipsos-Stéria pour Le Monde, du 19 mai montre que 73% des français veulent rester dans l’Euro.

 C’est que les opinions publiques ont pris conscience des enjeux mondiaux et que seule une Europe unie peut les en protéger. Même les moins informés des citoyens voient à la télévision des migrants se noyer dans la Méditerranée, les menaces de Vladimir Poutines sur l’approvisionnement en gaz des Européens et sur l’intégrité des pays voisins, le terrorisme,  les désordres climatiques, les entreprises de pays émergeants prendre le contrôles d’entreprises européennes, l’enrichissement des pays asiatiques. La conscience progresse que l’Union des 500 millions d’Européens est une nécessité.

 Dans les années 1990, un courant d’opinion s’est développé en prônant l’anti-mondialisme. Comme si la mondialisation était un phénomène qui pouvait être contré.  Cette contestation l’a vite compris et est devenue l’alter-mondialisme, pour une autre mondialisation.

De la même façon, même les plus opposés à l’Europe, ne demandent plus sa disparition, mais veulent une autre Europe. Concernant l’euro, les plus critiques hésitent : le Front national ne demande plus la sortie de la zone euro. Il propose un référendum pour ou contre la sortie de la zone euro, et il sait qu‘il serait perdu. L’Alternative pour l’Allemagne, parti eurosceptique, renonce à proposer la mise en place d’un euro du nord. La Front de gauche, comme la Gauche européenne d’Alexis Tsipras, proposent de changer l’euro, mais de le conserver.

 La montée des populismes est un phénomène inquiétant pour nos valeurs européennes de démocratie, de respect des libertés et des droits de l’Homme. Elle se nourrit en accusant l’Europe et l’euro de tous les maux. Mais elle n’est pas la preuve d’une dé-crédibilité, ni de l’idée européenne ni de l’euro. Elle sévit dans l’Union et hors de l’Union, dans la zone euro comme hors zone euro. Au Royaume-Uni, le parti Ukip réunit 27% des voix, comme, au Danemark, le parti populaire danois. Ces deux pays sont hors zone euro.

La Suisse est hors de l’Union, et pourtant le populisme y prospère avec l’UDC, qui a obtenu 25,3 % des suffrages aux élections de 2011.

 Ce ne sont pas tant l’Europe, ni l’euro qui sont en cause, que des mécanismes qui touchent toute l’Europe : discrédit des institutions - les institutions nationales, plus encore que les institutions européennes - inquiétude devant les flux migratoires, difficultés économiques, sentiment de déclassement à venir du continent européen face à la montée des pays émergeants.

 Malgré les critiques, l’Europe est un fait qui est accepté comme inéluctable. L’euro en est un symbole fort. Reste à convaincre que ces instruments  sont les moyens de défendre les valeurs et les intérêts des Européens dans le monde. C’est  la tâche qui attend les députés du nouveau Parlement européen, et le président qui sera élu à la tête de la  de la Commission européenne : tracer des perspectives claires à l’Union européenne, propre à rendre confiance en l’Europe.

 

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 16:05

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Mai 2014

Le débat entre les candidats à la présidence de la commission européenne a eu lieu le 15 mai dans l’hémicycle du parlement européen à Bruxelles. Il été clair. Il a permis de découvrir des personnalités : Alexis Tsipras de la gauche européenne et Ska Keller pour les Verts, tous deux jeunes. Martin Schulz, social-démocrate, Jean-Claude Junker, conservateur et Guy Verhofstadt, libéral se sont montrés eux aussi combatifs. Ce débat a donné ce qui manque cruellement à l’Europe : une incarnation, un contact direct avec les citoyens. Il a été diffusé par des centaines de chaines dans le monde entier.

Alors pourquoi aucune des grandes chaines françaises ne l’a diffusé ? En France seuls LCP, LCI, Arte l’ont diffusé. Et pourquoi arrive-t-il si tard ?

Un sondage Viavoice-Libération du 5 mai montre un discrédit de l’Union européenne dans l’opinion française, mais il montre aussi une demande d’Europe. En matière d’emploi, de croissance économique, de droit du travail, de réduction de déficits publics, d’aides sociales, les français demandent que l’Europe intervienne plus.

Alors pourquoi la campagne est-elle si morose ? On remarque l’absence de campagne nationale pour inciter à la participation électorale. Les partis nationaux de gouvernement sont entrés en campagne à peine à 15 jours du scrutin, quand ils ont décidé de faire campagne. Faute de ligne claire, ils laissent la vedette à la contestation de droite et de gauche. Quant à la campagne officielle, qui a commencé, elle ne permet pas de proposer des choix clairs, avec la multiplication des listes. Nous aurons donc eu une campagne courte et bâclée, qui a négligé les enjeux essentiels : sur quels objectifs rassembler les Européens pour relancer l’Union ? quelles réformes pour la rendre plus efficace et plus démocratique ?

 Plus profondément les citoyens sont sous-informés. Les hommes politiques nationaux, comme la presse, ont le sentiment que ce sujet n’intéresse pas. L’ignorance de l’Europe sera le principal facteur de l’abstention

 Une collectivité comme l’Union européenne qui traite de questions communes à 510 millions d’Européens est inévitablement plus lointaine que les Etats. Un député européen représente 10 ou 15 fois plus d’électeurs qu’un député national.  L’Europe ne souffre pas d’un manque de légitimité, mais d’un éloignement des citoyens en partie inévitable.

 Les citoyens vont déplorer comme d’habitude que les élus ne s’adressent à eux qu’à l’approche des élections. Ils ont à peine une semaine pour s’informer. Ils doivent le faire.

 

Il est impératif de voter et bien sûr de voter pour l’Europe. L’abstention déforme les résultats d’une élection en favorisant les partis protestataires qui mobilisent plus que les autres. Si aucun choix ne convient, mieux vaut voter blanc que s’abstenir. Pour la première fois les votes blancs seront décomptés.

Voter est un droit mais aussi un devoir. L’Europe est notre avenir, même si elle est lointaine. Faisons honneur à la démocratie européenne, en votant, n’en déplaise aux partis politiques qui la négligent.

 

 

Pour compléter votre information

http://www.elections2014.eu/fr

http://www.mouvement--europeen.eu/?p=25257

http://www.taurillon.org/--elections--europeennes--2014--

http://www.touteleurope.eu/contenus--par--mot--cle/motcle/elections--europeennes--2014.html

http://www.euractiv.fr/sections/elections--2014


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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 12:47

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Mai 2014

 

Toutes les listes candidates aux élections européennes sont désormais connues. Dans la grande circonscription Nord-Ouest, il y en aura 22.

Nous avons présenté la semaine dernière les programmes des quatre partis européens qui compteront au futur Parlement Européen, notamment dans l’élection du Président de la commission européenne.

  • Les Verts, c'est-à-dire, en France, Europe écologie avec, dans le Nord-Ouest, Karima Delli.

  • Les Libéraux, avec UDI MoDem les Européens, Dominique Riquet.

  • PSE avec le PS et Gilles Pargneaux.

  • Les conservateurs du PPE avec l’UMP et dans le Nord-Ouest, Jérôme Lavrilleux.

S’y ajoutent

  • Trois listes de droite opposées à l’Europe : le Front National de Marine Le Pen, et l’UPR, tous deux europhobe et Debout la France, de Nicolas Dupont-Aignan, souverainiste.

  • Quatre listes contestent l’Europe à gauche : Le Front de gauche, Le Nouveau parti anticapitaliste, Lutte Ouvrière et une liste Communiste.

  • Deux listes font des propositions radicales, très à gauche : Nouvelle donne et Europe décroissance.

  • Trois autres sont très pro-Européennes : Europe citoyenne de Corinne Lepage, Nous citoyens

et le Parti fédéraliste européen.

  • Enfin 6 listes se spécialisent dans la défense de l’Espéranto, la défense des droits et libertés sur internet (Les pirates), la famille et les racines chrétiennes (Christine Boutin), les droits des femmes, le vote blanc, l’opposition au travail des enfants.

 Tous souhaitent s’exprimer, ce dont on doit, en principe se féliciter en démocratie. Mais cela risque de ne pas faciliter l’expression de choix clairs sur l’orientation à donner à l’Europe. On sait déjà que l’abstention sera forte. La dispersion affaiblira encore la clarté du message qui sera envoyé par les électeurs. 

En France le soutien au projet européen s’exprimera par les votes pour UDI-MODEM et pour les Verts. Un soutien plus ambigu se traduira par les votes pour l’UMP et le PS. L’opposition à l’Europe s’exprimera principalement par les votes pour le Front national et pour le Front de gauche. Elle sera favorisée par le fait que les élections européennes sont des élections intermédiaires, qui permettent de protester sans conséquences sur les choix nationaux. Elle sera importante : les sondages donnent aujourd’hui 20% des voix au FN et 7% au Front de gauche.

 Qu’en sera-t-il au niveau européen ? Les prévisions sont que les conservateurs du PPE et les socio-démocrates sont au coude à coude. La décision, lors de l’élection du président de la Commission, dépendra de coalitions, pour le moment imprévisible. C'est-à-dire que l’électeur a une vraie possibilité d’orienter le choix vers un président de la Commission de droite ou de gauche, et un parlement plus à gauche ou plus à droite.

En ce qui concerne la répartition des députés entre pro-européens et anti européens, il y a actuellement 150 députés européens que l’on peut qualifier de populistes, soit 20 % du Parlement. Les simulations prévoient jusqu’à 200 députés, soit 27 % du Parlement. Ce sera une évolution forte et un frein aux avancées de l’Europe. Mais ce ne seront pas ces députés, en forte minorité, qui décideront des politiques à venir.

 

Il faut espérer que les électeurs français ne se laisseront pas obnubiler par la situation en France. Qu’ils penseront aux vrais enjeux, qui sont européens, et qu’ils éviteront de gâcher leurs voix dans la protestation ou la dispersion.

 

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 12:35
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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 16:29

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Mai 2014 Les programmes des conservateurs, des socio-démocrates et des verts sont connus. Un débat s’est tenu le 28 avril sur Euronews entre les candidats des quatre partis de gouvernements européens. On y voit plus clair dans les propositions des partis qui compteront dans l’élection du président de la Commission européenne.

 Les conservateurs, c'est-à-dire le Parti populaire européen, dont fait partie l’UMP, ont choisi comme candidat Jean-Claude Juncker. C’est un vieux routier de la politique européenne. Il a été premier ministre du Luxembourg et a présidé pendant 8 ans les réunions des ministres des finances de la zone euro. Avec le PPE et Jean-Claude Juncker, c’est la continuité. Peu de propositions novatrices dans la plateforme du PPE, si ce n’est un marché unique numérique, une politique commune de l’énergie, une politique migratoire commune, la création en matière de justice d’un ministère public commun. La nécessité est affirmée d’éviter les dettes supplémentaires, d’assainir les finances publiques et de disposer d’outils forts pour sanctionner les pays qui ne respecteraient pas la discipline commune.

 Les socio-démocrates, dont font partie les socialistes français, ont pour candidat, Martin Schulz, actuel président du Parlement européen. Leur volonté est de construite une Europe plus sociale : augmenter les moyens de la politique européenne pour les jeunes, renforcement des droits des syndicats, révision de la directive sur les travailleurs détachés, salaire minimum. La sortie de la crise sera assurée par une politique industrielle ambitieuse, mais dont le financement n’est pas précisé. L’institution de la taxe sur les transactions financières sera accélérée, la lutte contre la fraude fiscale, intensifiée. Des objectifs contraignants seront établis en matière d’emploi, d’éducation et de cohésion sociale. Concernant les institutions, les socio-démocrates veulent que les citoyens, c'est-à-dire le Parlement, reprennent les commandes laissées aux mains des chefs d’Etats par les conservateurs.

 La troisième force, qui au sein du Parlement fait souvent la décision, est le Parti libéral où l’on retrouvera logiquement l’UDI et le MODEM français. Leur candidat, Guy Verhofstadt, a été pendant 9 ans premier ministre belge. C’est un fédéraliste convaincu. Il prône plus d’Europe pour sortir de la crise : moins de réglementations, mais plus de politiques communes. Il s’oppose à l’idée de relancer l’économie par de nouveaux emprunts mais préfère mettre en commun les atouts des Européens : une Communauté européenne de l’énergie, un marché du numérique, une Union bancaire renforcée. Sur le plan institutionnel, il souhaite moins de pouvoir aux chefs d’Etats, la réforme de la Commission avec une hiérarchisation des Commissaires et que le Parlement ait un droit d’initiative législative.

 Les Verts, dont fait partie en France Europe-écologie-les-verts, ont un projet très volontaire et très européen : un « New deal vert ». Des objectifs ambitieux en matière de lutte contre le réchauffement climatique et d’énergies renouvelables, ce qui créerait des emplois ; la sortie de l’Europe du nucléaire et le refus des gaz de schiste ; des objectifs sociaux avec un salaire minimum partout en Europe, un fonds européen d’indemnisation du chômage, une garantie jeunesse amplifiée. Sur le plan international, les Verts refusent le projet de traité commercial transatlantique, souhaitent une Europe terre d’asile. Pour ce qui est des institutions, ils veulent réformer la gouvernance de la Banque centrale européenne et, plus largement, une réforme constitutionnelle validée par un référendum européen.

 A l’issue des élections européennes, le Conseil européen proposera comme président de la Commission, celui de Jean-Claude Junker ou Martin Schulz, qui aura obtenu le plus de députés. Puis le Parlement élira le président de la Commission : soit celui proposé par les chefs d’Etats, soit un autre des candidats présentés par les partis. Il faudra pour cela une coalition, aucun parti ne disposant seul de la majorité.

C’est un choix lourd de conséquences qui est entre les mains des électeurs. Il engagera profondément l’orientation des politiques de l’Union Européenne.

 

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 18:07

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Février 2014

L’Europe paraît lointaine aux citoyens. C’est normal s’agissant d’institutions régissant des politiques communes à 500 millions d’habitants, dont les institutions sont réparties en Europe : Bruxelles, Luxembourg, Strasbourg, Francfort. Localement, l’Europe est visible sur les panneaux indiquant les financements de l’Union européenne et par des députés européens, très occupés et trop peu nombreux pour être au contact du public.

 

Les médias parlent peu d’Europe. Parce que l’Europe ne fait pas vendre, que le public est peu demandeur d’information ; parce que l’Europe est souvent décriée par les hommes politiques, oubliant que c’est leur gouvernement qui a pris les décisions mises en œuvre à Bruxelles.

La France est particulièrement mal servie. Les médias français ont deux fois moins de correspondants à Bruxelles que les médias allemands. ZDF diffuse à la télévision allemande une émission d’actualité quotidienne de 15 mn. AD diffuse chaque semaine un magazine de 30 mn.

A la télévision, les Français doivent se contenter du magazine hebdomadaire «Avenue de l’Europe» de 13mn sur France 3 le samedi à 18h30. Nous avons aussi la chaine d’information continue Euronews, qui donne une information internationale et européenne.

 

Quels autres moyens avons-nous de nous informer sur la réalité européenne ?

 

Il y a bien sûr la communication officielle des institutions européennes, notamment le site europa.eu qui renseigne sur le fonctionnement et les politiques de l’Union.

52 Centres d'information Europe Direct, financés par la Commission européenne, répartis sur le territoire national, mettent à disposition du public de la documentation, des conférenciers, du conseil.

 

Les sites du Sénat et de l’Assemblée nationale ont aussi des contenus sur l’actualité législative européenne.

 

Concernant l’information indépendante des institutions, le premier portail en ligne d'information sur les questions européennes est Touteleurope.eu et le blog de sa rédaction : etoile.touteleurope.eu  Il comprend des dossiers thématiques, une revue de presse et donne accès à un service de documentation.

Le site Euractiv.eu est également gratuit et très complet. Il donne accès à des actualités, dossiers thématiques et des blogs.

Agence Europe est une agence de presse payante qui fournit quotidiennement une actualité détaillée destinée aux professionnels.

 

Plusieurs plateformes renseignent enfin sur l’activité parlementaire : citons EPvote.eu ;

VoteWatch.eu donne des informations sur chaque député européen, ses votes et ses participations à l’activité parlementaire ;

It’syourparliament.eu permet notamment de recueillir l’avis des internautes sur les textes soumis au vote du Parlement.

 

Enfin des blogs personnels sont très utiles :

Les coulisses de Bruxelles, tenu par Jean Quatremer, journaliste ;

Le Taurillon : taurillon.fr, magazine internet des jeunes européens ;

ue2014.blogspot.fr blog fédéraliste de Jean-Guy Giraud ;
sans compter, bien sûr Nouvelles d’Europe nouvellesdeurope.com sur lequel vous pouvez retrouver ces chroniques.

 

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 17:59

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Février 2014

100 jours nous séparent des élections européennes du 25 mai. L’élection sera importante. C’est l’espoir d’une Europe plus démocratique qui est en jeu.

 

Rappelons le rôle du Parlement dans le fonctionnement de l’Union européenne. Avec le Conseil des ministres, et sur propositions de la Commission, il co-décide la loi européenne. C'est-à-dire que les textes législatifs européens doivent être adoptés dans les mêmes termes entre le Conseil des ministres, qui représente les Etats, et le Parlement européen qui représente les citoyens. C’est la règle générale. Elle s’applique à toutes les politiques européennes, notamment en matière d’environnement, pêche, agriculture, recherche, transports, aide au développement, marché intérieur, commerce international, régulation financière. Echappent à cette procédure les décisions que les Etats veulent se réserver : la fiscalité et la législation sociale où l’unanimité est requise au Conseil, ce qui donne de fait un droit de véto aux Etats : la sécurité et la justice, la politique extérieure, qui sont du domaine de la coopération entre Etats. Le Parlement contrôle la Commission et vote les dépenses du budget. Ses pouvoirs sont étendus, même si l’on peut regretter que lui échappent des domaines essentiels, notamment l’initiative des lois, le vote des recettes du budget européen, la défense.

Au cours du mandat qui s’achève, les députés ont adopté 163 directives et 217 règlements, qui touchent directement la vie quotidienne de 500 millions d’Européens.

Le rôle des députés européens est, en France, sous-estimé, au point que les partis politiques nationaux négligent d’envoyer leurs meilleurs éléments. Dans la constitution des listes pour les prochaines élections européennes, on remarque que les partis n’ont pas reconduit certains députés particulièrement actifs et compétents au Parlement européen : Sylvie Goulard,  MODEM ou Jean-Paul Gauzès, UMP, tous deux très influents sur les questions financières, ou Jean-Louis Bourlanges sur les questions de droit civil, de justice, d’affaires intérieures. En revanche sont désignés des membres d’appareils politiques, comme Michèle Alliot-Marie, Vincent Peillon ou Harlem Désir, qui seront absents de Bruxelles

 

Le Parlement est mal traité par nos élus nationaux, alors que c’est l’espoir de l’unité des Européens. C’est le lieu de dialogue entre représentants des peuples européens, c’est le lieu où se forge une conscience européenne et de fait, c’est l’institution de l’Union qui contribue le plus au rapprochement européen. Ses pouvoirs ont été accrus par le traité de Lisbonne. C’est désormais lui qui, sur proposition du Conseil européen, va élire le président de la Commission. S’il utilise pleinement ses nouveaux pouvoirs, il imposera à la tête de la Commission le candidat du parti qui sera arrivé en tête aux élections européennes.

Il semble qu’il en ait l’intention. La commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen a voté le 11 février un rapport par lequel, non seulement il appelle le Conseil européen à respecter le choix des électeurs, mais également à ce qu’un nombre aussi élevé que possible de commissaires soient choisis parmi les députés et que le président de la commission choisisse ses commissaires sans intervention des Etats.

 

Ce sont des conditions pour que les citoyens se sentent représentés par le Parlement européen et pour avancer vers plus de démocratie en Europe.

 

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 09:47

Ecouter la chronique: link

 

Un procès récurent est fait aux institutions européennes : elles ne seraient pas démocratiques. Pourtant les fonctions législatives et budgétaires sont assurées par deux chambres : le Conseil européen et le Parlement européen. Le Parlement exerce des fonctions consultatives et surtout de contrôle politique sur la Commission. Le Conseil européen est composé de chefs d’Etats et de gouvernements élus démocratiquement. Le Parlement est élu directement au suffrage universel. Et pourtant, alors que les compétences de l’Europe sont de plus en plus cruciales pour faire face aux évolutions du monde, l’enjeu politique européen est mal perçu. Les chefs d’Etats trop souvent, préfèrent des solutions nationales. Les politiciens nationaux persistent à considérer qu’un député national est plus important qu’un député européen. Les électeurs votent de moins en moins aux élections européennes : le taux de participation est passé de 63% en 1979 à 43% en 2009. Sur trois électeurs qui participent aux élections nationales, deux seulement votent aux élections européennes.

 

Comment faire pour que les électeurs s’impliquent plus dans les choix de politique européenne ?

 

Si elle est bien exploitée par les partis politiques européens, une innovation du Traité de Lisbonne pourrait être déterminante : désormais, c’est le Parlement européen qui élit le Président de la Commission. Si chaque parti choisit un candidat reconnu sur le plan international, la personnalisation du scrutin sera un élément de motivation des électeurs.  Le Parti socialiste européen semble l’avoir compris. Il est en train d’envisager une procédure de primaires pour désigner son candidat.

 

Un point plus important encore serait de faire des campagnes aux élections européennes sur des thèmes européens et non sur des thèmes nationaux. Actuellement seul Europe écologie, parmi les partis politiques européens, a eu un véritable programme européen en 2009. Les autres n’ont eu que des plateformes minimales, plus petits dénominateurs communs des programmes nationaux. Il faudra une profonde évolution pour que les partis nationaux acceptent de travailler d’abord au niveau européen pour établir leurs propositions. Un signe de rapprochement des partis est à noter : le Parti socialiste français et le SPD allemand ont élaboré une plateforme commune. Il faudra aussi donner aux partis politiques européens des moyens financiers pour qu’ils puissent faire campagne en complément de partis nationaux.

 

Une proposition portée par Andrew Duff, député travailliste britannique est en cours d’examen au Parlement européen. Il s’agirait de créer une circonscription européenne. 25 députés supplémentaires seraient élus à la proportionnelle au niveau européen, donc sur des listes paneuropéennes. Cette proposition serait de nature à pousser les partis européens à faire campagne et permettrait de mesurer directement le poids des partis européens. Elle semble acceptée par les principaux partis : Parti populaire européen (droite), Parti socialiste et démocrate, Parti libéral. Elle nécessiterait une modification des traités, mais peut aboutir avant les prochaines élections européennes, en 2014. Le Parlement, depuis le traité de Lisbonne, a le pouvoir de convoquer une convention réunissant parlementaires européens et nationaux, représentants des Etats et de la Commission. Les propositions de la Convention devraient ensuite être acceptées à l’unanimité par les Etats.

 

Les modalités de vote aussi, auraient intérêt à être unifiées, au moins faire que tous les Européens votent le même week-end. Les Européens retrouveront le chemin des urnes si les enjeux des élections sont clairs, sont européens et si leur vote permet de choisir le président de la Commission.

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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 08:31

 Ecouter la chronique:

Il y a un message optimiste à tirer des résultats des élections européennes en France. Les partis politiques qui ont parlé d’Europe ont gagné, ceux qui ne l’ont pas fait ont perdu.

L’UMP a mis en valeur la présidence française de l’Union européenne, a  martelé les slogans d’une Europe protectrice, sans cacher sa conception d’une Europe des Etats ; Europe Ecologie a eu une campagne résolument européenne, proposant un vrai projet fédéral. Le Front de gauche défendait une « autre Europe » Ils ont été entendus, notamment Europe écologie.

Au contraire, le PS a hésité entre opposition à Sarkozy, Europe de gauche, vote utile, sans proposer de projet cohérent et d’avenir, alors que le contexte de crise donne raison à la gauche. Le Modem a été victime de la campagne personnelle de son leader, alors même qu’il est originaire d’un mouvement fondamentalement pro-européen. Ces deux partis ont été sanctionnés.

Enfin on observe que les partis anti-européens (Front national, Mouvement pour la France, CPNT, Debout la République, Lutte ouvrière) ont moins de 14% des voix.

 

Le sondage sorti des urnes TNS Sofres/Logica montre que 59% des votants se sont déterminés sur des enjeux européens et non nationaux, ce qui explique d’ailleurs, que les partis qui n’ont pas parlé d’Europe ont échoué.

Ne pas parler d’Europe dans la campagne des élections européennes, c’était  oublier ce que révélaient les sondages eurobaromètre : l’Europe est perçue comme indispensable, face à la mondialisation, par 73 % des européens. Simultanément 42 % des sondés pensent que l’Europe manque d’idées.

C’est-à-dire qu’il y a une attente d’Europe.

 

Cette attente est-elle satisfaite ? Les partis font-ils des propositions qui redonnent confiance, qui dessinent un projet européen ?

On peut en douter étant donné les 60 % d’absentions. Le sondage TNS Sofres indique que 31% des abstentionnistes ont voulu exprimer leur mécontentement à l’égard des partis politiques.

L’UMP propose une Europe des Etats, libérale, plus politique, plus protectrice, plus atlantiste. Europe écologie dessine une reconversion sociale et écologique d’une Europe plus intégrée, le PS une Europe plus sociale. Ces propositions accordent peu de réponses aux inquiétudes liées à la mondialisation.

 

D’autre part le Parlement n’a pas les moyens de répondre aux préoccupations majeures des Français. Le sondage LH2 du 6 mars 2009 donne les trois premières attentes des Français vis-à-vis de l’Union européenne : le développement d’une politique économique commune, d’une politique environnementale et d’une politique sociale commune.

Or le Parlement européen n’a de compétences ni sur la monnaie, ni sur la coordination des politiques économiques, ni sur la fiscalité, ni sur la protection sociale. Il aura plus de pouvoir avec le traité de Lisbonne mais surtout en matière agricole, budgétaire, de justice et de sécurité intérieure.

 

Pour remobiliser l’opinion et contrer la progression de l’abstention, il faut proposer un avenir, un projet européen. Un projet qui réponde à une attente face aux angoisses que provoque la mondialisation.

Et, pour rapprocher l’Union européenne des citoyens, un projet qui donne plus de place au Parlement européen.

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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 08:29

 Ecouter la chronique:

Les élections européennes du 7 juin ont vu une progression de la Droite et des Verts, et un échec des gauches européennes.

 

Le parti populaire européen, de centre gauche, aura 296 députés sur un total de 736 députés du Parlement. Même amputé des députés conservateurs britanniques qui vont créer un nouveau groupe eurosceptique, il restera le premier groupe du Parlement. Le 2e groupe sera celui du Parti socialiste européen avec 182 députés mais un net recul, de 27% des voix à 22%. Les libéraux reculent de13% des voix à 11%. Ils formeront le 3e groupe avec 80 députés. Les Verts progressent de 5.5% des voix à 7% des voix, obtiennent de bons résultats notamment en France, en Belgique, en Allemagne et en Grèce. Ils auront le 4e groupe en importance numérique avec 48 députés. Les eurosceptiques se renforcent avec 73 députés et seront appuyés par les conservateurs britanniques. La gauche radicale n’opère pas de percée avec 31 députés.

 

Au total le Parlement est plus à droite.

Des raisons sociologiques peuvent être invoquées : la population européenne vieillit et la population âgée vote plus à droite. La crise a joué un rôle : elle crée une inquiétude et un réflexe de refuge vers les conservateurs, plutôt que vers des voies nouvelles.

Surtout la gauche n’a pas convaincu face à la droite. Pourquoi ?

 

La crise donne raison à la gauche. Elle a fait apparaître les nécessités de réguler le capitalisme, de relancer l’économie par des capitaux publics, de mettre en place de nouvelles solidarités nationales et internationales envers les plus pauvres, toutes choses défendues et mises en œuvre de longue date par les socio-démocrates.

Mais ces orientations ne sont pas apparues comme l’apanage des socialistes. Les gouvernements conservateurs ont su se montrer pragmatiques en recourant aux recettes de gauche pour réagir face à la crise. La droite s’est montrée opportuniste, enlevant des arguments à la gauche.

 

Surtout la gauche n’a pas construit un projet européen. Elle reste divisée. La social démocratie historique défend au Danemark la flexécurité et en Allemagne « l’Etat social prévoyant ». Le social libéralisme britannique et espagnol renonce par pragmatisme à l’état providence. Le socialisme orthodoxe français, belge ou grec reste sur des solutions traditionnelles. Tous critiquent les institutions européennes.

Le contraste est total avec le succès des écologistes : prise en compte d’une mutation fondamentale de notre environnement pour bâtir un projet cohérent, travail en commun entre européens et dans la durée pour bâtir une proposition, parti européen.

 

La voie de la gauche européenne est tracée :

  • Reconstruire un projet social-démocrate, en restant fidèle à ses valeurs de solidarité, mais en se confrontant aux nouvelles réalités du monde, européennes et sociales en France.
  • Construire ce projet avec les autres européens tant il est vrai que c’est à l’échelle de l’Europe que nous affronterons les crises économiques, démographiques, environnementales, de sécurité et de développement.
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  • François Vié
  • Président du Mouvement Européen Pas-de-Calais
Le Mouvement Européen Pas-de-Calais est une association indépendante de tout gouvernement, institution communautaire ou parti politique. Il est non partisan. Sa vocation est d’aider les citoyens à prendre conscience de l’Europe et de la communauté de des
  • Président du Mouvement Européen Pas-de-Calais Le Mouvement Européen Pas-de-Calais est une association indépendante de tout gouvernement, institution communautaire ou parti politique. Il est non partisan. Sa vocation est d’aider les citoyens à prendre conscience de l’Europe et de la communauté de des

Chroniques Nouvelles d'Europe

Les chroniques, hebdomadaires, sont diffusées sur radio Pfm, radio associative arrageoise, 99.9 MHz.    

Elles sont à disposition des radios associatives qui souhaitent les programmer et en font la demande.

Sources: Europe-midi (Mouvement européen France), Euractiv, Agence Europe, Fondation Robert Schman, Oui à l'Europe, Sinople, presse quotidienne et hebdomadaire dont Le monde et Courrier international...


L'auteur de la scutpture "L'Europe" est Bernard Vié link

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