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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 12:54

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Diffusé le 8 octobre 2012

La zone euro est toujours sous la pression des marchés financiers. Elle va mieux depuis que la Banque Centrale Européenne a décidé de venir en aide à l’Italie et l’Espagne. La BCE va acheter de façon illimitée la dette des Etats sur le marché secondaire pour éviter une hausse des taux d’intérêts exigée par les marchés. Par ailleurs les outils nécessaires pour coordonner les économies et les budgets nationaux, pour assurer une meilleure gouvernance de la zone euro, sont en train de se mettre en place.

Les Européens abordent un autre grand chantier : celui de l’Union bancaire.

Actuellement les Etats et leurs banques sont liés dans un cercle vicieux. Les Etats trop endettés comptent sur leurs banques nationales pour leur prêter de l’argent. Mais celles-ci, gavées de dettes souveraines, sont en difficultés. Et ce sont les Etats qui sont appelés pour les renflouer, ce qui aggrave leur endettement.  Il faut sortir de ce face à face entre chaque Etat et ses banques nationales en mettant en place une régulation européenne, au minimum dans la zone euro.

Tout d’abord il s’agit d’assurer le contrôle des banques. Il existe une agence européenne de surveillance des banques : l’Agence bancaire européenne, ABE, basée à Londres. Mais ce n’est qu’un organisme de coordination des régulateurs nationaux. Ce système n’est pas efficace comme l’a montré la crise des banques espagnoles. Les autorités espagnoles ont voulu protéger leurs banques et n’ont pas dénoncé leurs difficultés. Ce sera à l’avenir la Banque centrale européenne qui surveillera les banques de la zone Euro. L’ABE continuera à veiller à l’application de la réglementation bancaire, mais, dans la zone euro, la BCE aura le pouvoir d’accorder les licences bancaires, d’enquêter au sein des banques, de leur imposer des restructurations.

L’Union bancaire, c’est aussi mettre en place une garantie des dépôts des particuliers au niveau européen. Cela évitera en outre, qu’en cas de difficulté dans une banque, les capitaux ne prennent la fuite d’un pays à l’autre.

Enfin il faut faire en sorte que les Etats, et donc les contribuables, ne supportent plus le poids du sauvetage des banques en difficultés. Les banques vivent internationalement, mais meurent nationalement. Un mécanisme de résolution des faillites bancaires européennes va être mis en œuvre par un fonds unique européen, alimenté par le système bancaire.

L’Union bancaire dans la zone Euro, c'est la mise en place d’un contrôle étroit du système bancaire, par une autorité supranationale indépendante. C’est la contrepartie nécessaire aux aides aux banques que pourra apporter le Mécanisme européen de stabilité financière. C’est une réponse nécessaire à la crise. Son principe en est décidé. Sa mise en œuvre se fera progressivement.

Il s’agit d’une nouvelle politique commune européenne, d’un pas important vers l’intégration économique et la solidarité des pays de la zone euro.

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 22:27

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Un sujet toutefois divise, car ses implications seraient politiquement importantes. Il s’agit des euro-obligations, autrement appelées eurobonds. Par traité de Maastricht en 1992, les Etats de la zone euro se sont dotés d’une monnaie commune mais n’ont pas mis en commun leurs dettes publiques. Ce qui fait que les marchés financiers notent séparément chaque Etat et refusent éventuellement de les financer s’ils les jugent trop risqués. Le principe des euro-obligations est que les Etats mettent en commun tout ou partie de leurs dettes et empruntent sur les marchés financiers solidairement au lieu de le faire chacun de leur côté.

 

Les avantages en seraient nombreux. Le marché européen de la dette publique serait d’une taille équivalente à celui des Etats-Unis. Il pourrait attirer les investisseurs du monde entier et à des taux d’emprunt inférieur à ce que peuvent avoir les Etats individuellement. Par ailleurs il deviendrait impossible aux investisseurs d’attaquer tel ou tel Etat en misant sur sa faillite.

 

Les Etats du Sud, y compris la France sont pour les euro-obligations. Ils font valoir que l’Eurozone est moins endettée que les Etats-Unis ou le Japon, qu’elle dispose d’une épargne importante, qu’elle a un commerce extérieur équilibré et donc qu’elle a une capacité d’emprunt inemployée qui peut être mise au profit de la croissance.

Les Etats du Nord, notamment l’Allemagne, sont opposés aux euro-obligations. Leur crainte est que la mise en commun de la dette publique n’incite les Etats au laxisme budgétaire. C’est en effet ce qui s’est produit, notamment en Grèce, lorsqu’aux débuts de l’euro, les marchés finançaient tous les pays de la zone aux mêmes conditions. D’autre part les Allemands craignent de devoir payer leurs emprunts plus cher et ne veulent pas financer la croissance par de la dette supplémentaire.

 

Pour diminuer le risque de laxisme budgétaire et maintenir une sanction des marchés sur chaque pays, le Conseil des sages économique allemand a proposé de mettre en commun la partie de la dette des Etats dépassant 60% du PIB. Ce serait une protection pour les pays les plus endettés, tout en les obligeant à assainir leurs économies. A plus long terme on peut envisager que la dette de chaque Etat sous le seuil de 60%, soit garantie en commun.

 

L’enjeu des euro-obligations est très politique. Les Etats-Unis sont devenus une union fédérale lorsque 13 Etats, jusqu’alors confédérés, ont dû mettre leurs dettes en commun. Endettés par leur guerre d’indépendance, ils ont dû créer une union fiscale pour éviter la faillite de certains d’entre eux, et pour retrouver la confiance des investisseurs.

La création d’euro-obligations serait un saut important vers le fédéralisme européen. Les Etats fragiles la demandent rapidement. Les Etats qui craignent de devoir payer pour les autres, considèrent au contraire qu’il faut au préalable consolider la zone euro et rétablir la confiance.

Mais l’Union monétaire est dans une situation d’urgence provoquée par la crise grecque. Elle ne peut plus attendre, au risque de se défaire, pour faire le choix de la solidarité.

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 12:00

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L’Europe entière semble se convertir à l’idée d’une initiative de croissance. Le diagnostic est de plus en plus partagé : si l’on demande aux pays  européens de revenir trop vite à l’équilibre budgétaire, cela aboutira à une récession générale qui n’arrangera rien. Outre les sacrifices qui seront demandés aux populations, le ralentissement économique fera baisser les recettes  fiscales et empêchera le désendettement des Etats.

La dernière prise de position est celle de Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, qui demande un «pacte de croissance» en complément du «pacte budgétaire». Auparavant, Angela Merkel, dont la position était jusque là la défense obstinée de la « culture de stabilité », avait admit cette nécessité. Au début de l’année, 12 chefs d’Etats européens ont fait des propositions de « plan pour la croissance en Europe ». Le Parlement européen a lui aussi demandé des mesures de relance. La position la plus tranchée est celle de François Hollande qui a déclaré vouloir renégocier le « Pacte budgétaire » pour y introduire un volet sur la croissance.

La probable victoire de François Hollande, comme les difficultés de deux poids lourds de l’Union –l’Espagne et l’Italie– font progresser l’idée de la nécessité d’une relance au niveau européen.

Le problème est qu’il y a au moins deux grosses ambigüités derrière cette affirmation.

La première est qu’il y a deux conceptions opposées à une initiative de croissance. Les 12 chefs d’Etats qui ont fait une proposition, comme la Commission européenne, en ont une vision libérale : les solutions sont les fameuses « réformes de structures » : libéralisation du marché du travail, ouverture à la concurrence de marchés protégés. A l’opposé, la France, mais pour partie aussi l’Allemagne, envisagent des interventions publiques d’inspiration Keynésienne. Ce pourrait être  des investissements publics d’avenir (recherche, réseaux européens de transports et de communication) en augmentant les moyens de la Banque européenne d’investissement ou en collectant une épargne de long terme avec des « Project bonds ». Il serait aussi  possible d’aider l’économie, particulièrement les PME, en utilisant les fonds structurels européens. Une autre possibilité est de donner plus de temps aux économies pour revenir à l’équilibre budgétaire.

Une autre dimension de la relance économique européenne est mise de côté, parce que plus difficile à mettre en œuvre politiquement. C’est celle de la coordination des politiques économiques. L’Europe souffre de la politique non coopérative de l’Allemagne. Ses exportations importantes sont pour l’essentiel des déficits pour les autres pays de la zone euro. La résorption des ces déséquilibres nécessiterait une amélioration de la compétitivité dans les pays du sud de l’Europe, avec baisse des salaires et baisse de l’inflation. Au contraire les pays du Nord de l’Europe devraient consommer plus et exporter moins avec un peu plus de hausse des prix et des salaires. Mais peut-on obtenir des pays du Sud la rigueur salariale en situation de crise ? Et peut-on demander à l’Allemagne plus d’inflation alors que la stabilité monétaire est l’obsession de sa politique économique ?

Les lendemains de la probable élection de François Hollande ouvriront une nouvelle phase de négociation entre les Européens de la zone Euro : comment relancer la croissance tout en assainissant les comptes publics ? Sans doute en mettant en œuvre les décisions déjà prises : mesures de discipline budgétaire, de coordination des budgets nationaux, de solidarité financière. Il faudra aussi que les Européens définissent un projet économique commun : investir ensemble dans l’avenir, restaurer la compétitivité, éviter le déclassement technologique, restaurer l’économie sociale de marché qui est le socle de la construction européenne, financer notre modèle social. Tout ceci dans le contexte d’une concurrence de plus en plus âpre des pays émergents et d’une raréfaction des ressources mondiales.

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 12:40

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Le titre de cette soirée : Euro, dettes, croissance, emploi, Quelles solutions européennes ? Le but de cette réunion est de mieux comprendre ce que fait l’Union européenne en matière de monnaie et d’économie, et de débattre de ce qu’elle pourrait faire.

 

La première intervenante sera Claude Fischer.  Elle est présidente de Confrontation Europe, un think-tank européen très connu, indépendant de toute famille politique et spécialisé dans l’économie. Claude Fischer a dirigé un ouvrage collectif qui vient de paraître, intitulé « Pour une Europe compétitive et solidaire ».

 

En introduction de la réunion du 2 avril, voici l’essentiel du propos de Claude Fischer :

Plusieurs phénomènes menacent l’Union monétaire et, au-delà, l’Union européenne : la crise, qui est en grande partie le résultat des différences énormes de compétitivité entre les Etats de la zone Euro ; ensuite la zizanie des Etats européen qui tous ne veulent pas davantage d’intégration, ou partager leur souveraineté, ou payer pour les autres. Enfin les sociétés ont peur. Elles se replient sur elles-mêmes.

Le nouveau traité prépare un durcissement de la discipline budgétaire mais ne prend pas en compte les politiques de croissance. Il faut un traité « qui marche sur deux pieds » alliant stabilité et croissance et contrôlé par l’Union européenne. Chaque Etat membre ne peut pas faire ce qu’il veut en ignorant ses voisins.

Confrontation Europe appelle à un « Traité pour l’Eurozone » qui prévoit un Ministère de l’économie et des finances européen qui pourrait fédérer des choix collectifs, surveiller les choix nationaux et élaborer un budget européen. La commission ne peut pas assurer actuellement ce rôle et doit être réformée. Il faut aller vers plus de fédéralisme en utilisant à la fois les voies communautaire et intergouvernementale. Ce fédéralisme, c’est un rapprochement des nations, une gouvernance en partenariat avec les institutions européennes, plus responsable, plus légitime.

Pour lever le « Défi démocratique », Claude Fischer propose une démocratie participative fondée sur l’éducation et la formation ainsi que sur l’information par les médias, les syndicats, les partis, l’Etat. C’est un préalable avant de demander aux citoyens de voter pour un nouveau projet collectif. Il faut aussi réformer le système représentatif : fin du cumul des mandats, rotation des rôles, listes transnationales aux élections européennes.

L’Europe est confrontée à une crise grave, profonde, durable. Dans cette campagne présidentielle, on devrait débattre des défis communs auxquels la France est confrontée avec les autres pays européens. On devrait éclairer les enjeux européens pour mieux penser les réformes en France et mieux concevoir nos politiques nationales. On doit nous dire si on est prêt à gouverner avec nos partenaires européens et à lâcher un peu de souveraineté pour être davantage solidaire des peuples européens. Il est dommage que l’on n’ait pas ces débats. Les élections présidentielles françaises, comme le seront les élections en Allemagne et en Italie en 2013, devraient être une occasion formidable de poser les questions sur l’avenir de l’Europe.

 

Le 2 avril le débat aura lieu avec Claude Fischer, avec Hélène Flautre députée européenne, Olivier Henno, maire et vice président de communauté urbaine, Mariano Fandos, secrétaire confédéral du service International-Europe de la CFDT et Luc Doublet, président d’une société très exportatrice. Un temps est réservé pour les échanges avec la salle.

 

Venez nombreux écouter et débattre sur l’Europe économique et monétaire le 2 avril 18h30, à l’Atria, à Arras.

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 10:10

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En fait cette nouvelle taxe est bien différente des projets envisagés antérieurement aux niveaux mondial et européen.

 

La première taxe sur les transactions financières a été proposée par James Tobin dans les années 1980. Son but n’était pas de procurer de nouvelles ressources, mais d’introduire un grain de sable dans les mécanismes de spéculations sur les monnaies. En taxant toutes les transactions à un taux très faible, on rendait plus couteuses les opérations d’aller-retour qui n’avaient d’autre but que la spéculation, et on décourageait les attaques qui pouvaient, par leur masse, déstabiliser les monnaies faibles.

Certaines institutions internationales, comme UNITAID, reprises par le G20 de Cannes, ont envisagé de taxer les transactions financières dans le but de financer l’aide au développement des pays pauvres.

Enfin la Commission européenne a fait récemment des propositions de taxe pour alimenter le budget européen par une ressource autre que les contributions nationales.

 

La taxation des transactions financières est légitime. Il s’agit d’imposer un secteur économique prospère pour le faire participer aux dépenses collectives. La taxe aurait aussi d’autres avantages. Elle découragerait l’excès de transactions en particulier les opérations automatisées dites « trading à haute fréquence » qui accroissent la volatilité des marchés.  Elle nécessiterait que toutes les transactions passent par des chambres de compensation, ce qui permettrait de les observer et de mieux les réguler, alors que de plus en plus d’échanges de produits financiers échappent à tout contrôle.

 

La taxation sur les transactions financières est en débat en Europe. Y sont opposés : le Royaume-Uni, la Suède, Malte. Les Pays-Bas et le Danemark sont neutres. Mais neuf pays européens ont adressé une lettre à la présidence danoise de l'Union européenne, demandant à cette dernière d'accélérer le travail et les négociations sur la mise en place d'une taxe financière européenne. La France et l'Allemagne, ralliées également par l'Autriche, la Belgique, la Grèce, la Finlande, l'Espagne, le Portugal et l'Italie, ont annoncé que, sans soutien des institutions européennes, ils chercheraient à mettre en place la taxe au travers d'une coopération renforcée entre eux.

La taxe pourrait rapporter entre 30 et 50 milliards d’euros qui seraient les bienvenus comme ressources propres du budget européen. L’idée qui se précise est celle d’une taxe décidée par les pays de l’Euro. Elle serait d’autant plus efficace qu’elle serait adoptée par un grand nombre de pays, mais sur la seule zone Euro, elle est jugée applicable.

 

Dans ces conditions à quoi peut ressembler la taxe proposée par Nicolas Sarkozy ? Elle est difficile à mettre en œuvre sur toutes les transactions, par la France seule. Son recouvrement nécessiterait la coopération des bourses, mais aussi des chambres de compensation et des systèmes de règlements, y compris les systèmes de négociation privés qui échappent actuellement à toute surveillance. La France, en pratique, ne peut taxer que les transactions sur les actions et obligations. Mais Bercy s’oppose à la taxation des obligations, alors que la France pour financer sa dette sollicite les investisseurs. Finalement, la taxe sur les transactions financières de Nicolas Sarkozy se réduit à la création d’un impôt de bourse sur les actions, comme il en a déjà existé en France et qu’il en existe actuellement dans de nombreux pays.

 

Quant à l’idée d’en faire un moyen de renforcer l’Europe, la France se garde bien de dire qu’elle souhaite un impôt européen pour le budget de l’Union. En attendant, la taxe Sarkozy est destinée au budget national.

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 14:43

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La crise grecque a révélé la dépendance des Etats européens face aux marchés financiers. Plus le déficit public des Etats est important, plus il faut emprunter. Et plus les marchés financiers doutent de la solidité des finances publiques, plus ils font payer cher leurs prêts. La solution la plus simple pour ne plus dépendre des marchés est de moins leur devoir, c'est-à-dire se désendetter.

D’où, dans la foulée du plan de redressement de la Grèce, l’annonce en Europe de plans d’austérité : 7 milliards d’économie en 2010 pour les Britanniques, 10 milliards par an pour l’Allemagne, 15 milliards sur 2 ans pou l’Espagne, 13 milliards en 2010 en Italie. Les forces de gauche s’insurgent contre les conséquences sociales de la rigueur. Des économistes alertent sur le risque de casser la reprise en supprimant trop tôt les mesures de soutien à l’économie. L’Europe serait condamnée pendant des années à une croissance molle de 1.5% par an alors que la croissance mondiale se maintiendrait à 4 ou 5 %. L’Europe est-elle condamnée à l’austérité ?

La zone euro a un déficit annuel moyen de l’ordre de 6.5% à 7% du PIB, inférieur à ceux des Etats-Unis, du Japon ou de la Grande-Bretagne qui sont de l’ordre de 10%. L’endettement global de l’Union européenne est proche de celui des Etats-Unis. Dès lors, doit-on considérer que la réduction de la dette est la priorité ?

La réponse actuelle des pays européens est de renforcer la gouvernance économique :

• Concernant la zone euro : renforcement du Pacte de stabilité, création du Fonds de stabilisation de la zone Euro, coordination des budgets nationaux.

• Au niveau de l’ensemble des 27 pays de l’Union : surveillance de l’économie par un Comité européen du risque systémique, une stratégie économique commune appelée UE 2020. Cette méthode est fortement marquée par la doctrine de l’Allemagne, la fameuse « culture de stabilité » : réduction des déficits et de l’endettement, chaque Etat assainissant son économie, sans transferts financiers entre Etats européens.

Retrouver la confiance des marchés nécessite l’assainissement des finances publiques. Mais elle peut aussi être obtenue par la solidarité entre Européens et par le soutien à l’économie.

• Renforcer la solidarité entre Européens voudrait dire : création d’une Agence européenne de la dette pour gérer collectivement les dettes des Etats ; un budget européen plus important capable de soutenir les Etats en difficultés.

• Soutien à l’économie supposerait que l’Union européenne se dote d’un programme d’après crise capable d’assurer que l’économie européenne reste dynamique. Tommaso Padoa-Schioppa, président de Notre Europe, défend l’idée que la coordination des politiques nationales par l’Union est une utopie. L’Union doit être acteur d’une politique économique. La tâche des Etats est la rigueur et celle de l’Union est le soutien à l’économie. Cela passe par le développement du marché unique et des politiques dans les domaines de l’énergie, des transports, de la recherche et de l’environnement.

Une meilleure gouvernance économique de l’Union ne suffira pas à rétablir la confiance. Il faut aussi que les Européens décident, collectivement, de prendre les moyens de retrouver un dynamisme économique.

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 14:40

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La crise bancaire et financière de 2008-2009 a mis en évidence la nécessité de réguler le système financier mondial. Les réformes entreprises à la suite des réunions du G20 en 2009 portent sur de nombreux points : supervision des institutions financières (banques, marchés financiers, assurances), encadrement des ventes de produits financiers risqués, agences de notation, pratiques de rémunération dans le secteur financier, normes comptables, règles prudentielles à appliquer aux banques, taxation des banques et des transactions financières. Tous ces chantiers avancent difficilement. Ils nécessitent des accords internationaux complexes, entre des pays moins motivés à agir, aujourd’hui que la crise est en train de se résorber.

 

L’Union européenne vient de franchir un pas important en se dotant de nouvelles institutions de régulation et de supervision financières. Un organisme est créé sous la présidence du président de la Banque centrale européenne, pour détecter les risques de déséquilibres, tant des finances publiques que des finances privées, qui pourraient provoquer de nouvelles crises. C’est le Comité européen du risque systémique. Trois agences européennes sont chargées de surveiller les établissements financiers : l’une, à Londres contrôlera les banques, une autre à Paris contrôlera les marchés financiers, et la troisième à Francfort s’occupera des assurances.

 

Il s’agit d’un progrès. Ces autorités pourront imposer des règles communes aux contrôleurs nationaux, et interdire les produits dangereux. Le Parlement européen a joué un rôle important dans les négociations avec le Conseil en évitant que les Etats ne limitent trop les compétences des nouvelles agences pour préserver leurs établissements nationaux. Il n’a toutefois pas obtenu qu’il n’y ait qu’une seule agence au lieu de trois, et que les compétences des autorités de contrôle portent aussi sur les acteurs internationaux que sont les agences de notations, les chambres de compensation ou les grandes banques transfrontalières.

 

Les chantiers en cours sont encore nombreux : la création d’un « fonds de sauvetage des banques », une directive pour encadrer la gestion des fonds alternatifs, une autre pour réglementer les produits dérivés, la mise au point de nouvelles exigences de fonds propres des banques. Et puis il sera nécessaire de parler d’une seule voix dans les négociations internationales, notamment au G20.

 

La régulation financière progresse mais trop lentement. Car le système financier ne cesse pas, lui, d’inventer de nouveaux moyens de faire des profits en échappant à la régulation. De nouvelles modalités d’échanges (les «dark pools», les «crossing networks») échappent aux bourses et aux chambres de compensations. En 2007 20% des actions se négociaient dans l’opacité. Elles sont aujourd’hui plus de 40%. 80% des produits dérivés et 95% des obligations échappent à tout contrôle. La course de vitesse est en cours entre l’inventivité des marchés et les puissances publiques qui veulent éviter que la finance ne redevienne incontrôlable.

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 15:11

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La taxe Tobin refait surface. Il s’agit de taxer les transactions financières. Cette idée est, à l’origine, celle de l’économiste James Tobin, en 1972. Il s’agissait de taxer à un taux très faible les transactions de change pour dissuader des attaques contre les monnaies. Elle est défendue depuis longtemps, notamment par l’association ATTAC, dans ce but mais aussi pour financer l’aide au développement.

 

Deux raisons à ce retour de la taxe Tobin.

La première est la crise qui a montré l’effet déstabilisateur pour l’économie des mouvements de capitaux liés aux spéculations, mais aussi les rémunérations excessives des acteurs de la finance. Taxer les transactions permettrait de freiner les mouvements de capitaux et de décourager les spéculations en les rendant plus coûteuses. En  taxant les transactions on toucherait non seulement les banques mais aussi les fonds spéculatifs. Il s’agit aussi de dissuader les banques de localiser leurs activités dans les paradis fiscaux ou réglementaires.

 

La deuxième raison du regain d’intérêt pour la taxe Tobin est le besoin de financement pour l’aide au développement. Au-delà de l’aide au développement des pays pauvres, actuellement de 90 milliards de $ par an, de nouveaux besoins apparaissent et les ressources des Etats sont taries par la crise. Pour atteindre les objectifs du millénaire en matière de santé il faudra 35 milliards d’€ par an. La lutte contre le changement climatique et ses effets demandera 100 milliards d’€ par an. Le besoin se fait sentir d’une fiscalité internationale qui permette de mener une politique de préservation des biens publics mondiaux que sont l’environnement et le climat.

 

Une première fiscalité internationale est apparue avec la taxe Chirac sur les billets d’avions. La communauté internationale est à la recherche de financements innovants pour le développement. Une taxe de 0.005 % sur les transactions rapporterait 30 milliards d’€ par an soit un tiers de l’aide actuelle.

 

La faisabilité technique d’une taxation des transactions est établie. Les chambres de compensations telles que Clearstream ou Euroclear prélèvent déjà une rémunération sur les transactions qu’elles traitent. Il suffirait qu’elles prélèvent une taxe additionnelle au profit d’une organisation internationale. Par contre une collaboration internationale est indispensable. Il serait nécessaire que toutes les transactions passent par des chambres de compensation sous contrôle public, ce qui n’est pas actuellement le cas.

 

A la demande du G20, le FMI est chargé d’étudier les possibilités de taxer le système financier. Il rendra son rapport en avril 2010. Au cours du sommet des 10 et 11 décembre, les chefs d’Etats et de gouvernements européens ont encouragé le FMI à envisager des mesures comme les prélèvements sur les transactions financières et ont demandé à la Commission européenne de travailler sur ce sujet. Paris y est favorable et a annoncé la constitution d’un groupe d’experts qui doit achever ses travaux en mai.

 

La création d’une fiscalité internationale serait un grand pas vers une meilleure gouvernance mondiale.

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 10:22
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Les dernières prévisions économiques de la Commission européenne indiquent que l’Europe serait en train de sortir de la récession. Par contre l’assainissement du secteur financier n’est pas terminé. Quant aux chiffres de l’emploi, ils sont alarmants. Le rapport sur l’emploi de septembre 2009 de l’OCDE montre que les effectifs du chômage ont augmenté de 15 millions de personnes dans les pays développés depuis décembre 2007, dont 5 millions dans l’Union européenne. 10 millions de chômeurs supplémentaires sont attendus dans les mois qui viennent.

 

Sortir de la crise nécessite de maintenir un soutien à l’économie mais aussi de préparer un nouveau mode de développement soutenable. Il s’agit aussi de préparer l’après-crise en évitant de creuser encore les déficits publics et en limitant le gonflement des dettes publiques qu’il faudra bien un jour rembourser.

 

L’Union européenne a présenté le 1er octobre un plan pour sortir de la crise : abandonner progressivement les politiques de relance, réduire progressivement la dette des Etats, poursuivre les réformes du marché du travail et stimuler l’investissement. Il n’y a dans ce plan ni promotion d’un développement durable, ni calendrier, faute d’accord entre Européens.

De la même manière qu’il n’y a pas eu de véritable plan de relance européen, il n’y aura pas de plan européen de sortie de crise.

 

Les divergences sont en particulier criantes entre l’Allemagne et la France concernant la dette. L’Allemagne, qui aura en 2010 une dette publique de 79% de son PIB, prône sa réduction rapide. Elle a inscrit dans sa constitution, que le déficit public ne devra pas dépasser 0.35% du PIB à partir de 2016.

A l’opposé de cette conception, la France, dont la dette publique atteindra 86% de son PIB en 2010 annonce un nouveau grand emprunt de 10 à 20 milliards d’Euros.

 

Guy Verhofstadt est un ancien premier ministre belge. Il serait devenu président de la Commission en 2004 s’il n’y avait pas eu le veto des Anglais qui le trouvaient trop européen. Au printemps dernier, il a fait des propositions dans un livre « Sortir de la crise, comment l’Europe peut sauver le monde ».

Il y fustige notamment l’absence d’approche coordonnée des Européens en matière d’assainissement bancaire, de plan de relance et de sortie de crise. Il propose un « Europlan » consistant en un investissement de 3% du PIB européen dans les secteurs d’avenir : énergies renouvelables, industries sobres en CO², déplacements, vieillissement, réseaux de télécommunication, développement des pays pauvres.

Cet investissement massif serait financé par l’émission d’euro-obligations par la banque européenne d’investissement à hauteur de 1000 milliards d’€.

Une telle stratégie cumulerait les avantages. Elle serait commune aux européens et de ce fait efficace. Elle préparerait l’avenir. Elle créerait un marché obligataire européen capable d’attirer les investisseurs en Europe. Elle contribuerait à limiter le risque de bulle financière en mobilisant utilement des liquidités abondantes dans le monde

 

L’avenir dira qui a raison, du fédéraliste Guy Verhofstadt, volontariste et ambitieux, ou de nos responsables nationaux qui préfèrent le chacun pour soi.
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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 10:19
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Le G20 s’est réuni les 2 avril à Londres, puis les 24 et 25 septembre à Pittsburgh pour traiter notamment de la réforme du système financier mondial. Rappelons que le G20 réunit vingt pays, 3 organisations régionales, dont l’Union européenne, et 5 organisations internationales. Où en sommes-nous aujourd’hui ?

 

Depuis le 2 avril, des progrès ont été réalisés dans plusieurs domaines : renforcement des règles de prudence appliquées aux banques, création d’un Conseil de stabilité financière et renforcement du FMI, amélioration aux Etats-Unis et en Europe du système de supervision des banques et des assurances, encadrement des bonus des traders, contrôle des agences de notation.

Mais d’autres sujets n’avancent pas : contrôle des fonds spéculatifs, réformes des normes comptables. Ne sont pas non plus traitées par le G20, l’élaboration d’une stratégie coordonnée de sortie de la crise et la question des gigantesques déficits publics créés par les plans de relance de l’économie. La modestie des décisions du G20 de Pittsburgh, déçoit. Comme si la perspective de sortie de la crise démobilisait nos décideurs pour réformer en profondeur la finance mondiale.

 

Le début de reprise de l’économie montre que les mécanismes qui ont conduit à la crise sont les plus forts. Les banques recommencent à faire des profits en spéculant sur les marchés. Les traders recommencent à prendre des risques démesurés, récompensés par des bonus qui indignent l’opinion. L’innovation financière reprend de plus belle avec l’apparition de nouveaux acteurs et nouvelles pratiques sur les marchés.

 

Une part significative des achats et ventes d’actions passe par de nouveaux acteurs qui, grâce à des ordinateurs extrêmement rapides, passent des ordres en quelques millièmes de secondes, plus vite que les opérateurs traditionnels. Cette rapidité leur permet de proposer des « ventes flash » : vous pouvez passer un ordre en ayant connaissance des ordres passés par les concurrents avant que ceux-ci ne soient exécutés. Nous sommes là dans une forme de spéculation qui confine au délit d’initié. L’inventivité poussée par la recherche du profit, est infinie.

 

Le problème des banques n’est pas réglé. Elles continuent de cumuler deux activités :

  • Une activité utile de financement de l’économie, indispensable. Les états, pour la favoriser, garantissent les dépôts, financent les banques à faible taux et de fait leur garantissent l’impunité en les sauvant si nécessaire de la faillite.
  • L’autre activité, beaucoup plus rémunératrice, consiste à spéculer sur les marchés financiers ou de matières premières. C’est une activité surrémunérée, génératrice de déséquilibre des marchés et en partie à l’origine de la crise

Une solution existe. Elle consiste à séparer les banques commerciales des banques de marché. Cela permettrait aux Etats de soutenir les unes et non les autres. De ne pas aider des banques qui accordent des bonus scandaleux, de ne pas mettre en péril l’activité utile du financement de l’économie par les imprudences des traders. Au moins pourrait-on imposer aux banques d’isoler dans leurs comptes les activités de marché, ce qui permettrait de les imposer fortement. Cette solution a existé. C’était le Glass-Steagall Act qui a été mis en œuvre par les Etats Unis après la crise de 1929 et abrogé par Bill Clinton. Il n’en est pas question au G20.

 

Quels rôles jouent les pays européens et l’Union européenne dans ces négociations ?

 

La France et l’Allemagne, avec d’autres pays d’Europe continentale, sont attachés à un capitalisme régulé, autrefois appelé capitalisme rhénan, et en principe adopté par l’Union européenne sous le concept d’ « économie sociale de marché ». Ils se heurtent au Royaume-Uni et surtout  aux Etats-Unis où les lobbies de la finance sont très actifs et ou la régulation risque de faire perdre leur supériorité aux places de Londres et de New-York. Au-delà, les places financières asiatiques comme Hong-Kong sont encore plus rétives à toute réglementation.

 

La Commission européenne est présente au G20. Elle a pris l’initiative de réunions des ministres des finances, puis le 17 septembre, d’une réunion des dirigeants européens pour préparer une position commune avant le G20 de Pittsburgh, Mais les européens ont du mal à s’accorder sur des positions communes, y compris sur les règles de surveillance financière à mettre en place en Europe. L’absence de compétence de l’Union européenne en matière de politiques économiques se fait sentir.

 

Plus discrète et aussi importante que celle des Etats est l’action de la BCE. Les règles de régulation de la finance se mettent au point  dans des négociations réunissant les banques centrales et les régulateurs nationaux. Dans ce cadre, les pays européens n’ont qu’un seul représentant, la BCE. Et des succès sont obtenus. C’est ainsi que l’ensemble des banques y compris aux Etats-Unis, en Chine et au Japon vont désormais appliquer des règles dérivées des mesures dites « Bâle II » déjà appliquées en Europe.

 

L’Europe, si elle veut défendre une conception régulée de l’économie, a encore fort à faire pour réformer la finance mondiale. Au-delà se profile la question de sa gouvernance avec la création, de plus en plus nécessaire, d’une Organisation mondiale de la finance.
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Published by François Vié - dans Crise
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