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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 11:48

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Encore récemment, on a cru à une division durable du travail entre les pays développés et les pays en développement : aux premiers la finance, les services et la conception des produits ; aux seconds la fabrication. Notre économie serait tertiaire. Elle aurait toujours un temps d’avance sur les pays en développement dans la technologie. Nous pouvions sans danger, délocaliser nos productions et abandonner notre industrie aux pays à bas coûts de main d’œuvre.

 

Le réveil a été brutal lorsque l’on a constaté que les transferts de technologies consentis aux pays en développement et leurs très rapides efforts de recherche en ont fait des concurrents. La Corée emporte des marchés de centrales nucléaires, le TGV chinois se développe plus vite que le TGV français.

S’y ajoutent des politiques industrielles efficaces notamment de la Chine : transferts de technologies imposés aux industriels étrangers, acquisitions d’entreprises possédant des savoir-faire stratégiques, investissements destinés à s’assurer des approvisionnements énergétiques et en matières premières, restrictions aux exportations de matériaux industriels rares. La Chine y ajoute tous les moyens du protectionnisme commercial : une monnaie, le Yuan, sous-évaluée de 30 à 35 %, le non respect de la propriété intellectuelle, des obstacles réglementaires aux investissements étrangers, des subventions et des financements aux entreprises par les banques d’Etat. Derrière la Chine, progressent l’Inde, le Brésil et toute une série de nouveaux pays émergents.

 

Le résultat en est que l’Europe perd ses emplois industriels. En 10 ans la part de l’industrie dans le PIB de l’UE est passée de 21% à 18%. Une réalité s’impose : on ne peut conserver un savoir-faire que s’il est durablement ancré dans un appareil de production ; on ne reste attractif que si l’on continue à fabriquer sur place. Les appels des milieux industriels se sont multipliés pour que l’Europe se dote d’une politique industrielle. 50 dirigeants des plus grands groupes européens en 2010 poussaient un cri d’alarme : les Etats-Unis et l’Europe perdront leur suprématie scientifique et technologique au profit de l’Asie. La capacité de l’Europe à fournir des emplois de qualité est menacée. 

 

La Commission Européenne a présenté en octobre 2010 « 10 actions-clés pour la compétitivité industrielle européenne », mais hélas, sans réelles innovations dans les politiques de l’Union.

·   L’Europe ne favorise pas la concentration de ses entreprises. Au contraire, la politique de la concurrence, dans son souci de protéger le consommateur, souvent les interdit.

·   L’Europe ne se donne pas les moyens d’investir : son budget est insuffisant pour créer des réseaux énergétiques, aider l’innovation et la formation supérieure, réaliser de grands projets (Galileo peine à être financé)

·   L’Europe n’a pas de politique de change face aux monnaies sous-évaluées.

·   L’Europe ne se donne pas les moyens de se protéger : pas de politique commune d’approvisionnement énergétique ; des mécanismes insuffisants contre le commerce déloyal et les subventions aux exportations des pays tiers ;  pas de protection des secteurs stratégiques contre les prises de contrôles, comme l’a montré la récente OPA chinoise sur Draca, fabricant néerlandais de fibres optiques technologiques.

 

La France demande que l’Union européenne sorte de sa naïveté et applique une politique de réciprocité dans les échanges, qu’elle applique les mêmes mesures de protection de son industrie que ses concurrents américains ou asiatiques.

L’idée avance. Mais il faudrait, pour parvenir à une véritable politique industrielle, que cessent les désaccords traditionnels entre d’une part les pays européens partisans du libéralisme commercial, comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suède et d’autre part les pays industriels Italie, France, Espagne Pologne. 

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Published by François Vié - dans Industrie
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L'auteur de la scutpture "L'Europe" est Bernard Vié link

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