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L’Europe entière semble se convertir à l’idée d’une initiative de croissance. Le diagnostic est de plus en plus partagé : si l’on demande aux pays européens de revenir trop vite à l’équilibre budgétaire, cela aboutira à une récession générale qui n’arrangera rien. Outre les sacrifices qui seront demandés aux populations, le ralentissement économique fera baisser les recettes fiscales et empêchera le désendettement des Etats.
La dernière prise de position est celle de Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, qui demande un «pacte de croissance» en complément du «pacte budgétaire». Auparavant, Angela Merkel, dont la position était jusque là la défense obstinée de la « culture de stabilité », avait admit cette nécessité. Au début de l’année, 12 chefs d’Etats européens ont fait des propositions de « plan pour la croissance en Europe ». Le Parlement européen a lui aussi demandé des mesures de relance. La position la plus tranchée est celle de François Hollande qui a déclaré vouloir renégocier le « Pacte budgétaire » pour y introduire un volet sur la croissance.
La probable victoire de François Hollande, comme les difficultés de deux poids lourds de l’Union –l’Espagne et l’Italie– font progresser l’idée de la nécessité d’une relance au niveau européen.
Le problème est qu’il y a au moins deux grosses ambigüités derrière cette affirmation.
La première est qu’il y a deux conceptions opposées à une initiative de croissance. Les 12 chefs d’Etats qui ont fait une proposition, comme la Commission européenne, en ont une vision libérale : les solutions sont les fameuses « réformes de structures » : libéralisation du marché du travail, ouverture à la concurrence de marchés protégés. A l’opposé, la France, mais pour partie aussi l’Allemagne, envisagent des interventions publiques d’inspiration Keynésienne. Ce pourrait être des investissements publics d’avenir (recherche, réseaux européens de transports et de communication) en augmentant les moyens de la Banque européenne d’investissement ou en collectant une épargne de long terme avec des « Project bonds ». Il serait aussi possible d’aider l’économie, particulièrement les PME, en utilisant les fonds structurels européens. Une autre possibilité est de donner plus de temps aux économies pour revenir à l’équilibre budgétaire.
Une autre dimension de la relance économique européenne est mise de côté, parce que plus difficile à mettre en œuvre politiquement. C’est celle de la coordination des politiques économiques. L’Europe souffre de la politique non coopérative de l’Allemagne. Ses exportations importantes sont pour l’essentiel des déficits pour les autres pays de la zone euro. La résorption des ces déséquilibres nécessiterait une amélioration de la compétitivité dans les pays du sud de l’Europe, avec baisse des salaires et baisse de l’inflation. Au contraire les pays du Nord de l’Europe devraient consommer plus et exporter moins avec un peu plus de hausse des prix et des salaires. Mais peut-on obtenir des pays du Sud la rigueur salariale en situation de crise ? Et peut-on demander à l’Allemagne plus d’inflation alors que la stabilité monétaire est l’obsession de sa politique économique ?
Les lendemains de la probable élection de François Hollande ouvriront une nouvelle phase de négociation entre les Européens de la zone Euro : comment relancer la croissance tout en assainissant les comptes publics ? Sans doute en mettant en œuvre les décisions déjà prises : mesures de discipline budgétaire, de coordination des budgets nationaux, de solidarité financière. Il faudra aussi que les Européens définissent un projet économique commun : investir ensemble dans l’avenir, restaurer la compétitivité, éviter le déclassement technologique, restaurer l’économie sociale de marché qui est le socle de la construction européenne, financer notre modèle social. Tout ceci dans le contexte d’une concurrence de plus en plus âpre des pays émergents et d’une raréfaction des ressources mondiales.
Les chroniques, hebdomadaires, sont diffusées sur radio Pfm, radio associative arrageoise, 99.9
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Sources: Europe-midi (Mouvement européen France), Euractiv, Agence Europe, Fondation Robert Schman, Oui à l'Europe, Sinople, presse quotidienne et hebdomadaire dont Le monde et Courrier
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L'auteur de la scutpture "L'Europe" est Bernard Vié link