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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 10:19
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Le G20 s’est réuni les 2 avril à Londres, puis les 24 et 25 septembre à Pittsburgh pour traiter notamment de la réforme du système financier mondial. Rappelons que le G20 réunit vingt pays, 3 organisations régionales, dont l’Union européenne, et 5 organisations internationales. Où en sommes-nous aujourd’hui ?

 

Depuis le 2 avril, des progrès ont été réalisés dans plusieurs domaines : renforcement des règles de prudence appliquées aux banques, création d’un Conseil de stabilité financière et renforcement du FMI, amélioration aux Etats-Unis et en Europe du système de supervision des banques et des assurances, encadrement des bonus des traders, contrôle des agences de notation.

Mais d’autres sujets n’avancent pas : contrôle des fonds spéculatifs, réformes des normes comptables. Ne sont pas non plus traitées par le G20, l’élaboration d’une stratégie coordonnée de sortie de la crise et la question des gigantesques déficits publics créés par les plans de relance de l’économie. La modestie des décisions du G20 de Pittsburgh, déçoit. Comme si la perspective de sortie de la crise démobilisait nos décideurs pour réformer en profondeur la finance mondiale.

 

Le début de reprise de l’économie montre que les mécanismes qui ont conduit à la crise sont les plus forts. Les banques recommencent à faire des profits en spéculant sur les marchés. Les traders recommencent à prendre des risques démesurés, récompensés par des bonus qui indignent l’opinion. L’innovation financière reprend de plus belle avec l’apparition de nouveaux acteurs et nouvelles pratiques sur les marchés.

 

Une part significative des achats et ventes d’actions passe par de nouveaux acteurs qui, grâce à des ordinateurs extrêmement rapides, passent des ordres en quelques millièmes de secondes, plus vite que les opérateurs traditionnels. Cette rapidité leur permet de proposer des « ventes flash » : vous pouvez passer un ordre en ayant connaissance des ordres passés par les concurrents avant que ceux-ci ne soient exécutés. Nous sommes là dans une forme de spéculation qui confine au délit d’initié. L’inventivité poussée par la recherche du profit, est infinie.

 

Le problème des banques n’est pas réglé. Elles continuent de cumuler deux activités :

  • Une activité utile de financement de l’économie, indispensable. Les états, pour la favoriser, garantissent les dépôts, financent les banques à faible taux et de fait leur garantissent l’impunité en les sauvant si nécessaire de la faillite.
  • L’autre activité, beaucoup plus rémunératrice, consiste à spéculer sur les marchés financiers ou de matières premières. C’est une activité surrémunérée, génératrice de déséquilibre des marchés et en partie à l’origine de la crise

Une solution existe. Elle consiste à séparer les banques commerciales des banques de marché. Cela permettrait aux Etats de soutenir les unes et non les autres. De ne pas aider des banques qui accordent des bonus scandaleux, de ne pas mettre en péril l’activité utile du financement de l’économie par les imprudences des traders. Au moins pourrait-on imposer aux banques d’isoler dans leurs comptes les activités de marché, ce qui permettrait de les imposer fortement. Cette solution a existé. C’était le Glass-Steagall Act qui a été mis en œuvre par les Etats Unis après la crise de 1929 et abrogé par Bill Clinton. Il n’en est pas question au G20.

 

Quels rôles jouent les pays européens et l’Union européenne dans ces négociations ?

 

La France et l’Allemagne, avec d’autres pays d’Europe continentale, sont attachés à un capitalisme régulé, autrefois appelé capitalisme rhénan, et en principe adopté par l’Union européenne sous le concept d’ « économie sociale de marché ». Ils se heurtent au Royaume-Uni et surtout  aux Etats-Unis où les lobbies de la finance sont très actifs et ou la régulation risque de faire perdre leur supériorité aux places de Londres et de New-York. Au-delà, les places financières asiatiques comme Hong-Kong sont encore plus rétives à toute réglementation.

 

La Commission européenne est présente au G20. Elle a pris l’initiative de réunions des ministres des finances, puis le 17 septembre, d’une réunion des dirigeants européens pour préparer une position commune avant le G20 de Pittsburgh, Mais les européens ont du mal à s’accorder sur des positions communes, y compris sur les règles de surveillance financière à mettre en place en Europe. L’absence de compétence de l’Union européenne en matière de politiques économiques se fait sentir.

 

Plus discrète et aussi importante que celle des Etats est l’action de la BCE. Les règles de régulation de la finance se mettent au point  dans des négociations réunissant les banques centrales et les régulateurs nationaux. Dans ce cadre, les pays européens n’ont qu’un seul représentant, la BCE. Et des succès sont obtenus. C’est ainsi que l’ensemble des banques y compris aux Etats-Unis, en Chine et au Japon vont désormais appliquer des règles dérivées des mesures dites « Bâle II » déjà appliquées en Europe.

 

L’Europe, si elle veut défendre une conception régulée de l’économie, a encore fort à faire pour réformer la finance mondiale. Au-delà se profile la question de sa gouvernance avec la création, de plus en plus nécessaire, d’une Organisation mondiale de la finance.

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Published by François Vié - dans Crise
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L'auteur de la scutpture "L'Europe" est Bernard Vié link

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