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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 11:46

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Les réticences de Londres à intégrer l’Europe sont une vieille histoire. Churchill, au lendemain de la guerre proposait la création des « Etats-Unis d’Europe », mais précisait « with it, not in it » : solidaire, mais sans en faire partie.

Il avait, à la veille du débarquement de Normandie, déclaré au général de Gaulle : «Sachez-le, général ! Chaque fois qu'il nous faudra choisir entre l'Europe et le grand large, nous serons toujours pour le grand large. Chaque fois qu'il me faudra choisir entre vous et Roosevelt, je choisirai Roosevelt».

Ainsi le Royaume-Uni a refusé d’intégrer la CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier, 1951) puis la CEE (Communauté économique européenne, 1958), alors qu’ils y avaient été à chaque fois invités par les six Etats fondateurs. La première demande d’adhésion à la CEE fut déposée en 1961. Elle s’est heurtée à l’opposition de Gaulle qui voyait en la Grande-Bretagne le cheval de Troie des américains. Ce n’est qu’en 1973 que l’adhésion a été acceptée par Pompidou.

Les difficultés ont commencé sur le montant de la contribution des anglais au budget communautaire. Margaret Thatcher l’a portée à son paroxysme avec la célèbre phrase « I want my money back ! » (« Je veux récupérer mon argent ») et l’institution du rabais britannique qui subsiste toujours. Le Traité de Maastricht allait introduire une formule appelée à se développer par la suite : les «opt-out», c’est-à-dire le droit obtenu par certains Etats de ne pas participer à une politique communautaire. La grande Bretagne en a largement usé en refusant successivement de participer à l’Espace Schengen, à l’Euro, à l’application contraignante de la Charte des Droits Fondamentaux, à la coopération policière et judiciaire en matière pénale. Concernant la défense, la Grande-Bretagne refuse la création d’un quartier général européen. Dans les négociations du Traité de Lisbonne, elle s’est opposée à ce que l’Union ait des attributions qui ressemblent à celles des Etats. Ont été supprimés du traité les symboles de l’Union, les termes de loi européenne, de ministres de l’Union.

 

La pleine participation du Royaume-Uni aux politiques européennes se heurte à deux obstacles. D’une part en matière de politique extérieure, elle maintient un lien spécial avec les Etats-Unis. Elle privilégie ce lien à ceux qu’elle a avec les autres européens. D’autre part, elle ne considère par l’Union européenne comme un projet politique, mais comme un simple espace économique. Elle souhaite à ce titre que cet espace s’étende, notamment à la Turquie.

 

Le refus, le 9 décembre dernier, d’intégrer une union économique renforcée est logique. La Grande-Bretagne est opportuniste et ne souhaite pas de projet politique européen. Elle souhaite bénéficier du marché unique en subissant le minimum de contraintes. Elle confirme un statut de membre de seconde catégorie. Elle ouvre, par son retrait, la voie à plus d’intégration entre les autres pays de l’Union et, dans un premier temps, entre les 17 pays de la zone Euro.

 

La difficulté sera de définir des relations avec la Grande Bretagne qui ne nuisent pas aux politiques communes auxquelles elle participe, notamment le marché unique.

D’autre part, le choix de l’isolement du Royaume Uni compromet une politique, encore faible de l’Union européenne, mais essentielle pour son avenir : la politique extérieure commune. Le Royaume-Uni est en effet, avec la France, le seul pays européen à avoir des moyens militaires significatifs. Sa participation paraît nécessaire à une défense européenne crédible.

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Published by François Vié - dans Union européenne
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commentaires

Annie GH 23/01/2012 12:29


Je partage l'analyse de ce billet au ton incisif. Je n'ai jamais été gaulliste, mais, en ce qui concerne la Grande Bretagne, je dois reconnaître à De Gaulle de la perspicacité, même si une
certaine rancune n'était pas étrangère à son refus de l'intégrer à la construction européenne.


Attention! Faute d'accord dans votre titre: unis au pluriel? Vous pouvez effacer cette partie de mon commentaire après correction.

François Vié 23/01/2012 13:56



Merci de m'avoir indiqué la coquille


Cordialement



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