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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 10:17
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Les Irlandais ont voté le 3 octobre OUI au traité de Lisbonne par 67 %  des voix et 58% de participation. Ils l’ont fait moyennant de nombreuses concessions des autres Européens :

Les Irlandais sont assurés que le traité de Lisbonne ne conduira ni à l’harmonisation fiscale, ni à l’autorisation de l’avortement, ni à la remise en cause de la neutralité irlandaise. Ils conserveront un commissaire à la Commission.

 

C’est un déblocage de la situation, même si tous les obstacles ne sont pas levés : le Président polonais s’est engagé à signer la ratification en cas de OUI irlandais. Par contre en République tchèque, les irréductibles ne baissent pas les bras. Un groupe de sénateurs amis du président eurosceptique Waklav Klaus a déposé un recours devant la cour constitutionnelle tchèque qui pourrait demander jusqu’à six mois pour être examiné. Le président Klaus en profitera pour retarder sa signature jusqu’à d’éventuelles élections en Grande Bretagne. Et là tout serait à nouveau compromis puisque le parti conservateur donné gagnant a averti qu’il organiserait un référendum, à tous les coups, perdant.

 

Quelles leçons peut-on tirer de l’épisode irlandais ?

 

Tout d’abord il s’agit jusqu’à la caricature, de la démonstration de la perte de l’esprit de solidarité européen. Les débuts de l’Europe institutionnelle ont vu des pays animés d’un esprit de solidarité, chacun plaçant la recherche d’avantages nationaux après l’objectif commun, de construire une communauté d’Etats. Cet esprit a disparu avec la résurgence des égoïsmes nationaux.

L'Irlande  a rejoint la Communauté européenne en 1973. Elle est passée en deux décennies, de la misère à l'opulence. L’Irlande était le pays le plus pauvre d'Europe Elle est devenue le deuxième plus riche de l'Union européenne en produit intérieur brut (PIB) par habitant, après le Luxembourg, au point d’être surnommée le « tigre celtique ». Elle le doit en très grande partie à son entrée dans la Communauté où elle a largement bénéficié de fonds structurels et en a profité pour faire du dumping fiscal et attirer les entreprises aux dépends des autre pays de l’Union.

Les Irlandais ont profité de la Communauté devenue Union européenne. En sont-ils reconnaissants à l’Europe ? A l’évidence non lorsque, en 2008, ils repoussent le traité de Lisbonne par référendum. Il a fallu qu’ils soient frappés par la crise pour découvrir les protections offertes par l’Euro et l’Union, et changer d’avis.

 

La deuxième leçon est que l’Europe ne peut plus avancer si elle s’oblige, pour modifier ses traités, à obtenir  l’accord unanime des Etats membres. Pour obtenir le OUI irlandais l’Union renonce à l’harmonisation fiscale et à la réforme de la Commission, toutes choses lourdes de conséquences. Un pays a, de fait, décidé pour tous les autres.

 

Quel que soit le sort du traité de Lisbonne, il y aura toujours des ajustements nécessaires plus ou moins importants pour adapter l’Union aux circonstances : nouvelles compétences, changement de règles de fonctionnement des institutions, accords internationaux.

Il est indispensable qu’à l’avenir l’Union s’affranchisse de la règle de l’unanimité. De nombreux accords internationaux stipulent que leur entrée en vigueur se fait avec un nombre déterminé de ratifications, sans exiger l’unanimité. Dans un tel mécanisme, le refus par un des pays membres d’un accord acquis par la quasi-totalité des autres, doit poser le problème de la sortie des institutions européennes, du pays réfractaire.

C’est une excellente raison de reprendre la réflexion sur une Constitution pour l’Union européenne.

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Published by François Vié - dans Institutions européennes
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L'auteur de la scutpture "L'Europe" est Bernard Vié link

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