Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 13:59

    Ecouter la chronique: link

Un nouveau cri d’alarme est venu de l’Agence internationale de l’énergie en mai 2011. Les rejets de gaz carbonique ont atteint un record en 2010, dépassant celui de 2008 de 5%. Les émissions n’ont jamais augmenté si vite. Sauf inversion de tendance, la planète subira un réchauffement de 4° et bien davantage par endroits. Rappelons que l’objectif retenu à la Conférence de Copenhague est de ne pas dépasser 2°.

La conférence de Copenhague, en 2009, avait permis d’impliquer les grands pays pollueurs, y compris les Etats-Unis et la Chine. Mais ce fut un échec, les Etats refusant tout engagement contraignant et n’acceptant que des efforts volontaires. La conférence de Cancun, en 2010, a renoué les fils des négociations, qui depuis, piétinent. A Cancun, certains sujets techniques avaient avancé, mais deux questions, cruciales mais trop conflictuelles, y avaient été laissées de côté. Deux réunions intermédiaires ont eu lieu à Bangkok en avril 2011 et à Bonn en juin. Les sujets qui fâchent ressurgissent :

Tout d’abord la répartition des efforts entre pays du Nord et pays du Sud. Les engagements volontaires de réduction des gaz à effets de serre des pays industrialisés, ne correspondent qu’à 60% de l’effort nécessaire pour limiter le réchauffement à 2°. Les pays du Sud leur demandent de rehausser leurs ambitions. Ils font valoir le faible niveau d’émission par habitant des pays en développement et la responsabilité historique des pays du Nord dans le réchauffement climatique. Les Etats-Unis refusent de s’engager tant que la Chine ne le fait pas. Ils mettent en avant que la Chine est devenue le 2epollueur de la planète et que son niveau de pollution par habitant est désormais proche du niveau européen.

Le deuxième sujet difficile est l’avenir du protocole de Kyoto. C’est le seul engagement juridique international pour lutter contre le changement climatique. Il comprend des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre et des mécanismes d’incitation des pays du Nord à investir au Sud dans des projets de réduction des émissions. Son application prend fin à la fin de 2012. Les pays du Sud considèrent qu’il est essentiel qu’il soit prolongé. Or le protocole n’implique pas les deux principaux pollueurs, Etats-Unis et Chine. Le Japon, le Canada et la Russie refuseront de souscrire à une deuxième période d’engagement si Chine et Etats Unis ne s’engagent pas.

Deux facteurs aggravent la situation : la crise économique, qui fait passer le climat au second plan, et les effets du système médiatique. Alors que les revues scientifiques ne contestent pas l’origine du réchauffement, 53% des articles de la presse américaine grand public mettent en doute les conclusions des scientifiques. Le travail de sape des climato-sceptiques et les présentations simplificatrices de la presse font leur œuvre : en 2009, 85% des français attribuaient le réchauffement aux activités humaines. En 2010 ils ne sont que 65%. Dans la foulée, les dirigeants de la planète sont tentés de nier les conclusions scientifiques pour échapper à leurs responsabilités.

La position européenne, exemplaire dans le passé, n’est plus aussi claire. Elle s’est engagée unilatéralement à réduire ses émissions de 20% d’ici 2020 par rapport au niveau de 1990. Mais les pays européens sont divisés sur l’idée d’aller jusqu’à 30%. La Pologne, grosse consommatrice de charbon, vient de s’opposer à la proposition de la Commission de porter l’objectif de réduction à 25% en 2020.

La priorité de l’Europe est de sauver le protocole de Kyoto. Pour cela elle se rapproche de ses alliés : la Chine, les pays du G77, c'est-à-dire les pays en développement, et les pays pauvres. Elle se prépare à l’opposition des Etats-Unis. C’est une bataille mal engagée. L’Europe a déjà constaté à Copenhague et à Cancun qu’elle n’a plus les moyens d’imposer sa vision de la lutte contre le réchauffement climatique.

Partager cet article

Repost 0
Published by François Vié - dans Climat
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Nouvelles d'Europe
  • Nouvelles d'Europe
  • : Chroniques d'actualité sur l'Union européenne, à lire et à écouter.
  • Contact

Profil

  • François Vié
  • Président du Mouvement Européen Pas-de-Calais
Le Mouvement Européen Pas-de-Calais est une association indépendante de tout gouvernement, institution communautaire ou parti politique. Il est non partisan. Sa vocation est d’aider les citoyens à prendre conscience de l’Europe et de la communauté de des
  • Président du Mouvement Européen Pas-de-Calais Le Mouvement Européen Pas-de-Calais est une association indépendante de tout gouvernement, institution communautaire ou parti politique. Il est non partisan. Sa vocation est d’aider les citoyens à prendre conscience de l’Europe et de la communauté de des

Chroniques Nouvelles d'Europe

Les chroniques, hebdomadaires, sont diffusées sur radio Pfm, radio associative arrageoise, 99.9 MHz.    

Elles sont à disposition des radios associatives qui souhaitent les programmer et en font la demande.

Sources: Europe-midi (Mouvement européen France), Euractiv, Agence Europe, Fondation Robert Schman, Oui à l'Europe, Sinople, presse quotidienne et hebdomadaire dont Le monde et Courrier international...


L'auteur de la scutpture "L'Europe" est Bernard Vié link

Rechercher