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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 14:06

Ecouter la chronique: link

 

Le Parlement européen a investi le 9 février la deuxième Commission Barroso. Elle comporte presque autant de représentants de centre gauche que de centre droit, et un tiers de femmes. Les portefeuilles importants sont assurés par des sortants (Joaquin Almunia, Neelie Kroes, Viviane Reding, Olli Rehn) et un ancien commissaire (Michel Barnier). Les commissaires sont le plus souvent des techniciens plutôt que des politiques, ce qui correspond à la conception qu’a José Manuel Barroso du rôle de la Commission : plus un secrétariat au service des chefs d’Etats qu’un organe politique fort.

 

Chaque candidat commissaire a été auditionné par le Parlement, de façon approfondie, pendant plusieurs heures. Soulignons, tout d’abord, le caractère démocratique de ces auditions. On imagine mal en France les futurs ministres devant être interrogés et acceptés par l’Assemblée nationale.

Les auditions, le plus souvent, ont déçu. Les candidats sont restés sur leur réserve et ont fait preuve de peu de vision politique. Exceptions notables : Michel Barnier (marché intérieur), Joaquin Almunia (Concurrence), Connie Hedegaard (Climat) qui ont convaincu les parlementaires. Le Parlement a réservé son avis  sur la candidate bulgare dont le mari est soupçonné de liens avec le crime organisé, ce qui a provoqué son remplacement. Le problème majeur de cette commission est celui posé par Catherine Ashton proposée par le Conseil européen comme ministre des affaires étrangères. Son inexpérience s’est confirmée pendant l’audition.

 

Au moment du vote chaque parti a émis des critiques.

·        Pour Joseph Daul, PPE (la droite) « la voix de l’Europe, de Haïti, à l’Iran,  de l’Afghanistan au Yémen, de Cuba aux relations transatlantiques, n’a pas été à la hauteur de nos espérances ».

·        Martin Schulz, pour les socialistes a critiqué « le vœu de silence » des candidats pendant les auditions et demandé une Commission forte.

·        Guy Verhofstadt, pour les libéraux a demandé que la Commission soit une force motrice pour l’Europe, ce qu’elle n’a pas été lors des 5 dernières années. Il ajoute : « N’écoutez pas autant les gouvernements »

·        Daniel Cohn-Bendit a dénoncé des candidats commissaires manquant d’ambition et « une coalition d’hypocrites » en parlant des partis qui voteront pour la Commission tout en la critiquant.

Et pourtant, en dépit de ses critiques, le Parlement européen a investi la commission par une large majorité, de 70% des voix. Ont voté pour : le PPE, de droite, l’essentiel du Parti socialiste et des démocrates, la majorité des libéraux. Ont voté contre les Verts, les socialistes français, le Modem, les petits partis eurosceptiques. La majorité clairement à droite du Parlement a dissuadé la gauche de faire opposition.

 

Deux  points positifs :

·        Le Parlement a montré par ses prises de positions qu’il est bien une arène politique.

·        Plus fondamentalement, le Parlement a négocié avec le Président de la Commission un accord-cadre qui organise les relations entre les deux institutions. Grâce au traité de Lisbonne, le Parlement y gagne en pouvoirs : il sera traité par la commission à égalité avec le Conseil, notamment pour l’accès aux documents et aux réunions. Ses initiatives législatives seront renforcées. S’il demande la démission d’un commissaire, le président de la Commission devra accéder à la demande ou se justifier.

Certains estiment que l’Union européenne se dirige, lentement mais sûrement, vers un régime parlementaire.

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Published by François Vié - dans Commission
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