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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 10:11

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On sait que 19 pays de l’Union ont adopté une monnaie unique, sans avoir une gouvernance commune forte. Les politiques budgétaires et économiques sont restées de compétences nationales. Des règles minimales ont été convenues dans le pacte de stabilité, qui d’ailleurs n’ont pas été respectées. Il a même été convenu que, en cas de difficultés d’un pays, il était exclu de lui porter secours, ceci pour éviter d’inciter au laxisme budgétaire. La construction comportait un vice : la monnaie unique, en permettant de financer tous les Etats au même taux, incitait les Etats en mal de développement à s’endetter fortement. La crise a accéléré le phénomène. Les Etats qui ont eu recours à ces facilités se sont retrouvés surendettés et incapables désormais de se financer sur les marchés.

Les Etats en bonne santé de la zone euro ont prêté aux Etats en difficulté, moyennant des mesures drastiques d’assainissement budgétaire. Ce remède peut encore réussir pour le Portugal ou l’Irlande. Mais le cas de la Grèce apparaît de plus en plus comme désespéré.

 

La solution réside, pour certains, dans le rôle que pourrait avoir la Banque centrale européenne. La BCE pourrait, comme le font les banques centrales d’Angleterre et des Etats-Unis, financer les Etats. Actuellement la BCE finance à 1% les banques. Les Etats se financent sur le marché financier, dont les banques, à des taux qui dépendent de leur crédibilité : de l’ordre de 3% pour la France, de 5 à 6 % pour l’Espagne ou l’Italie. La Banque centrale peut créer de la monnaie, en théorie de façon illimitée. Pourquoi ne prête-t-elle pas directement aux Etats à 1% ? Cela allégerait la charge de la dette des Etats et éviterait de rémunérer d’autant les banques. La BCE pourrait aussi apporter sa garantie aux nouveaux emprunts émis par les Etats, ce qui permettrait de les souscrire à meilleur compte.

Ces aides directes aux Etats par la BCE sont interdites par les traités. Mais ce point pourrait être contourné. La France a proposé de donner au Fonds de stabilité financière européen, qui prête aux Etats en difficultés, une licence bancaire qui lui permettrait d’emprunter auprès de la BCE, au même taux que les banques.

 

Cela a été refusé par l’Allemagne.  A ses yeux, prêter aux Etats laxistes à des taux trop avantageux, c’est les inciter à ne pas remettre leurs finances en ordre. D’autre part, pour se substituer aux marchés financiers dans le financement des Etats, la BCE devrait créer de la monnaie en quantité importante. Cette création monétaire pourrait provoquer une inflation dont l’Allemagne ne veut pas.

   

Une autre raison est plus fondamentale. Si la BCE prêtait aux Etats elle aurait un droit de regard sur la politique budgétaire de chacun d’entre eux. Il est difficile d’imaginer qu’une institution non élue ait ce pouvoir.

 

La BCE est indépendante. Elle ne reçoit aucune instruction des gouvernements  ni de la Commission ou du Conseil européen. Cela est considéré par certains comme une erreur, privant le pouvoir politique d’un moyen d’action déterminant. Mais cela lui permet de ne pas dépendre de demandes politiques d’un pouvoir européen, qui en l’état de la construction européenne, peine à se constituer, et qui n’a pas de politique monétaire.

La BCE est-elle pour autant inactive ? Elle a montré au contraire depuis le début de la crise un certain pragmatisme. Elle utilise des moyens importants pour racheter sur le marché secondaire la dette des pays en difficultés. Elle vient au secours des banques, ce qui les incite à acheter des obligations d’Etat et à en faire baisser les taux. De fait, elle contourne les traités européens en aidant indirectement les Etats fragiles.

 

La BCE a montré qu’elle défend la monnaie commune.  Elle ne se comporte pas comme une banque centrale ordinaire. Elle ne finance pas directement les Etats. Mais si cela devenait une nécessité impérieuse pour sauver la monnaie et si l’Allemagne l’acceptait, cela reste possible.

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Published by François Vié - dans Euro
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