La France est en plein débat sur l’identité nationale.
Le journal La Croix, a publié un sondage qui met en regard les différents sentiments d’appartenance des Français. La question posée est : « vous sentez-vous avant tout, habitant de votre quartier, de votre ville, de votre département, de votre région, ou Français, Européen, ou citoyen du monde ? »
Lorsque l’on ne donne qu’une réponse, vient d’abord la réponse « Français » (38%) puis « habitant de votre ville et de votre quartier », puis « citoyen du monde », puis seulement en 4e position (6%), « Européen » et « habitant de votre région ». Lorsque l’on admet 3 réponses, les sondés disent « être Français » à 68% et «être Européen » à 24%.
Il n’y a pas d’incertitude sur une identité française bien assumée, mais qui se partage avec d’autres, notamment, l’appartenance à un voisinage : le quartier, la ville. La place accordée à l’identité européenne est faible. Moins d’une personne sur quatre se déclare avant tout européenne.
C’est que dire que l’on est habitant de son quartier, ou de sa ville, ou que l’on est français est aisé. Se définir comme européen est plus compliqué. Y a-t-il une identité européenne ?
Etre européen, c’est se reconnaître dans l’Union européenne. C’est aussi, plus confusément, se sentir héritier d’une histoire, d’une culture du continent européen.
La construction européenne s’est appuyée depuis ses origines, sur des valeurs : démocratie, droits de l’Homme, droits fondamentaux, Etat de droit. Elles sont inscrites dans les traités et précisées dans la Charte des droits fondamentaux. Elles sont un élément essentiel de notre identité européenne et servent de socle à la politique de l’Union.
Les Européens ont en commun un héritage historique et culturel riche, avec ses parts de conflits et de violences, qui lui ont donné une influence considérable dans le monde. Le défunt traité constitutionnel parle des « héritages culturels, religieux et humanistes »
On peut tenter de résumer les principes du modèle européen (Cf. rapport Strauss-Kahn en 2004):
Ces bases ne mettent nullement en cause les particularismes nationaux, mais au contraire assurent un cadre stable à leur existence, selon le principe de « l’unité dans la diversité », qui est la devise de l’Union européenne.
Plus problématique est la question de territoire de l’Union. Le débat a fait irruption en 2004 à propos des élargissements à 10 pays de l’Est, puis de la Turquie. Les pays dits « européens » peuvent demander à entrer dans l’Union en respectant les critères dits « de Copenhague », mais on n’a jamais défini ce qu’est un pays européen. S’agit-t-il de respecter des critères géographiques, culturels, historiques ? L’idée d’une Europe qui s’étend, sans limites prévues, est anxiogène, et nuit à une adhésion au projet européen.
Enfin pour que les habitants d’Europe se sentent plus européens, il faut que l’Union soit à la hauteur des attentes de ses citoyens : que l’Europe s’unisse, ait un projet, et tienne son rôle d’acteur majeur dans le monde.
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Sources: Europe-midi (Mouvement européen France), Euractiv, Agence Europe, Fondation Robert Schman, Oui à l'Europe, Sinople, presse quotidienne et hebdomadaire dont Le monde et Courrier
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L'auteur de la scutpture "L'Europe" est Bernard Vié link