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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 10:23

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Les Européens ont besoin d’argent pour sauver la Grèce, et pour sauver l’Euro.

Parmi les mesures adoptées au sommet européen du 27 octobre figure le renforcement du Fonds européen de stabilité financière. Ce fonds a été créé pour faire des prêts aux Etats de la zone euro en difficulté qui ne peuvent plus obtenir de financement sur les marchés financiers.

Le Fonds a ainsi prêté à la Grèce en 2010, puis à l’Irlande et au Portugal. Où trouver l’argent nécessaire ? En empruntant sur les marchés avec les garanties des pays en bonne santé de la zone Euro. A qui emprunter ? Au marché, c'est-à-dire à l’ensemble des entreprises, banques, investisseurs institutionnels ou privés qui ont de l’argent à placer.

 

Le Fonds européen de stabilité financière doit être musclé pour faire face aux besoins de la Grèce et aux menaces qui pèsent notamment sur l’Italie. Il s’agit aussi montrer aux marchés que les Européens sont décidés à défendre les pays de la zone Euro et leur monnaie commune.

Deux mécanismes ont été esquissés dans l’accord du 27 octobre :

Le Fonds pourra non seulement prêter aux Etats, mais il pourra aussi apporter une garantie partielle aux investisseurs qui accepteront de prêter aux Etats fragiles. Cela permettra de faire passer sa capacité d’intervention de 250 milliards à 1 000 milliards d’€.

D’autre part un fonds annexe serait créé pour accueillir des financements en provenance de pays volontaires pour aider l’Union à défendre sa monnaie. Un certain nombre de pays n’appartenant pas à l’Union ont intérêt à la solidité de l’Euro comme à celle de l’économie européenne. Ils disposent de fonds souverains, c'est-à-dire fonds d’Etat.  La Norvège et le Japon ont déclaré qu’ils apporteraient leurs contributions. Les pays du Golfe, producteurs de pétrole, disposent de réserves importantes. Mais c’est la participation éventuelle de la Chine qui soulève le plus de questions.

La Chine  a amassé grâce à sa monnaie sous-évaluée et ses excédents commerciaux des réserves record. 3 200 milliards de dollars. Elle pourrait sans difficulté injecter 50 ou 100 milliards d’Euros dans le fonds annexe au fonds de stabilité européen.

Mais la Chine est en grande partie la cause de la perte de compétitivité de l’industrie européenne. Faut-il tendre la main au principal concurrent commercial de l’Europe, qui utilise contre elle des procédés que l’on peut considérer comme déloyaux ?  C’est ce que font déjà les Etats-Unis qui se financent par l’achat de bons du trésor américain par la Chine. L’Europe s’engage dans la même voie. Nicolas Sarkozy a même téléphoné au premier ministre chinois Hu Jintao le 17 octobre. C’est un symbole fort et un aveu de faiblesse. Il est clair que la Chine demandera des compensations à sa participation. Elle demandera que soit accélérée son admission au statut d’économie de marché, qui lui donnera des avantages en matière de droits de douane. Elle demandera surtout à l’Europe de cesser de protester contre la sous-évaluation du Yuan, la monnaie chinoise. Elle demandera qu’il ne soit pas mis de restrictions à ses investissements en Europe. Elle ne tolérera évidemment pas que l’on aborde avec elle la question des droits de l’Homme.

Un autre mécanisme était possible pour apporter les financements nécessaires aux Etats fragiles. La France a proposé que la BCE finance les Etats. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni utilisent leur banque centrale pour se financer. La BCE a des moyens théoriquement illimités puisqu’elle crée la monnaie, elle fabrique les euros. L’Allemagne a refusé. Pour une bonne mais aussi pour une mauvaise raison. L’Allemagne refuse que la BCE crée de la monnaie, ce qui pourrait générer de l’inflation. Mais une autre raison de son refus est sa défiance envers les pays laxistes. Donner les moyens à la BCE d’aider indéfiniment les pays à se financer, encouragerait les mauvais élèves de la zone Euro à s’endetter. Ainsi, faute de discipline collective et faute de confiance mutuelle, la zone Euro est conduite à tendre la main et à accepter des concessions politiques qui pourraient être graves pour son avenir.

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Published by François Vié - dans Euro
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L'auteur de la scutpture "L'Europe" est Bernard Vié link

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