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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 12:00

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Les chefs d’Etats et de gouvernements ont désigné les premiers titulaires des deux nouvelles fonctions créées par le traité de Lisbonne.

 

La présidence du Conseil européen, c’est-à-dire de l’instance qui réunit les 27 chefs d’Etats et de gouvernements sera assurée par Herman van Rompuy, actuel premier ministre belge chrétien-démocrate. Il présente les avantages d’être belge, pays toujours profondément européen et d’être un fin négociateur, qui a évité l’éclatement de son pays entre Flamands et Wallons. Mais c’est un homme totalement inconnu qui sera le représentant de l’Union dans les grandes négociations internationales. D’autres personnalités brillantes étaient possibles : Felipe Gonzales l’Espagnol, Guy Verhofstadt, le Belge, Pascal Lamy, le Français, ou l’Italien Mario Monti. Jean-Claude Junker a rencontré l’opposition de Nicolas Sarkozy. Tony Blair était déjà hors course. Nos chefs d’Etats ont fait un choix a minima, de quelqu’un qui pourrait se révéler, mais qui à priori ne dérangera pas.

 

Le choix de la ministre des affaires étrangères est autrement plus catastrophique. Catherine Ashton est une apparatchik du parti travailliste britannique. Elle est inconnue, n’a jamais été élue ni ministre, et n’a aucune expérience de la diplomatie. Comment en est-on arrivé là ? Les responsables en sont les six chefs d’Etats socialistes (Grande-Bretagne, Espagne, Portugal, Grèce, Hongrie, Slovénie). Il leur revenait de choisir l’un des leurs, si possible une femme. Ils n’ont pas trouvé mieux. Là aussi il y avait des personnalités remarquables possibles : Joska Fischer, l’écologiste allemand, ou Hubert Védrine le Français.

Qu’importe que les grands enjeux auxquels l’Europe doit faire face soient  internationaux. Qu’importe qu’une des principales innovations du Traité de Lisbonne soit la possibilité de construire une véritable politique étrangère commune avec un service diplomatique commun. On a choisi une personnalité sans expérience qui ne fera pas le poids face aux chefs d’Etats européens et à plus forte raison, dans les discussions internationales. Curieusement les félicitations sont d’abord arrivées de Washington, des Torries britanniques et de Pékin, autrement dit de ceux qui ne souhaitent pas l’émergence d’une Europe forte.

Le fait que notre ministre des affaires étrangères soit britannique laisse par ailleurs penseur. La candidature de Tony Blair a soulevé un concert de protestations tant il est apparu exclu que le président du Conseil européen vienne d’un pays qui n’adhère ni à l’Euro, ni à Schengen, ni à la Charte des droits fondamentaux. Pour le ministre des affaires étrangères, on s’en satisfait. Qui plus est on remet la diplomatie européenne entre les mains d’atlantistes, tenants d’une Europe économique et impuissante.

Les Anglais ont déjà à deux reprises empêché l’Union d’avoir un président de la Commission fédéraliste lorsqu’ils ont bloqué les excellentes candidatures de Jean-Luc Dehaene en 1995 et de Guy Verhofstadt en 2004. Une fois encore les Européens cèdent aux exigences des britanniques. C’est  incompréhensible.

 

Après avoir désigné un José manuel Barroso, inefficace et au service des chefs d’Etats, à la tête de la Commission, nos dirigeants nationaux confirment : ils ont fait les choix de l’impuissance de l’Europe.

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Published by François Vié - dans Institutions européennes
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commentaires

Guy Plantier 08/12/2009 14:49


Oui,la position des chefs d'Etats Européens ne souhaitent pas que ceux qui représentent l'Europe leur fassent de l'ombre .

Sarko et les autres sont trop fiers d'être sur les photos du G20 à côté d'Obama.

Tout est affaire de pouvoir,ils disent qu'ils sont pour une Europe Puissance,mais à la condition qu'ils soient eux-même les chefs de l'Europe...

Très amicalement,Guy Plantier


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