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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 11:53
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C’est fait. Le Parlement européen a approuvé le 15 septembre la reconduction de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne.

 

Pourtant le bilan de Barroso est extrêmement contesté. C’est le président qui sous prétexte de « mieux légiférer » a abandonné de nombreux projets. Il a obtenu des avancées sur la lutte contre le réchauffement climatique mais a été très critiqué pour sa passivité face à la crise financière et économique. Sans parler de ses orientations très libérales. Surtout il fait preuve d’une absence totale de volontarisme pour faire avancer l’Europe communautaire, avant tout soucieux de ne rien faire qui rencontre l’opposition du  Conseil et particulièrement des grands pays. Il est au service des gouvernements nationaux, d’une Europe des Etats, d’une Europe minimale.

Alors pourquoi a-t-il été reconduit ?

 

Tout d’abord c’est le choix des chefs d’états. Malgré les réticences de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel qui lui ont reproché sa passivité face à la crise, le Conseil européen a été unanime pour le choisir. Barroso ne gêne pas les chefs d’état. Il est de droite. 22 des 27 gouvernements des pays européens sont conservateurs ou libéraux. Ce choix s’est imposé.

 

Après désignation par le Conseil, le Parlement avait à approuver ce choix.

382 des 718 députés ont voté pour, 219 ont voté contre et 117 se sont abstenus. Les votes favorables sont ceux du Parti populaire européen (PPE), le plus puissant du parlement, mais aussi des eurosceptiques britanniques, tchèques, polonais, et de ¾ des libéraux. Les Verts, la gauche ex-communiste, et les formations europhobes ont voté contre.

Barroso aurait pu être rejeté à la condition que votent non, ensemble, les Verts, les libéraux, les socialistes. Mais les libéraux et surtout les socialistes se sont divisés. Les socialistes portugais et espagnols ont obéi à des consignes nationales et voté Barroso au nom d’une « solidarité ibérique ». Socialistes britanniques, portugais, espagnols s’étaient auparavant opposés à la désignation par la gauche d’un candidat contre Barroso. Martin Schulz, le président du groupe socialiste, la veille du vote avait obtenu de son groupe qu’il s’abstienne pour ne pas étaler ses divisions. C’était aussi la condition pour qu’il puisse être président du Parlement pendant ½ mandat en accord avec le PPE. Ce sont les abstentions des socialistes (aux exceptions notables des socialistes français, belges, nordiques et grecs qui ont voté non) qui ont assuré à Barroso une large victoire.

 

Il n’est pas illogique que le président de la Commission soit le candidat de la droite, tant celle-ci domine la politique européenne. Il n’est pas anormal que soit élu par le Parlement le candidat du parti le plus important et qui a gagné les élections européennes.

Par contre il est très préoccupant que le Parlement ait voté sans débat sur des projets et sans qu’il y ait d’opposant au candidat sortant, en dépit de son bilan médiocre.

 

Il y a à cela malheureusement une cohérence : aux élections européennes, pas de débats entre partis politiques européens et entre projets pour l’Europe ;  forte abstention des électeurs ;  faute de projets portés par des partis européens, un Parlement soumis aux influences nationales et aux logiques d’appareil ; un Parlement qui renonce à s’opposer au Conseil européen et, en définitive, à exercer pleinement sa prérogative d’élire le chef de l’exécutif.

En votant Barroso, le Parlement a choisi une Union faible dominée par les intérêts nationaux. L’Europe des états triomphe aux dépends de l’intérêt commun des européens.

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Published by François Vié - dans Commission
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L'auteur de la scutpture "L'Europe" est Bernard Vié link

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