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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 17:41

Selon la banque mondiale et l’ONU, 11,3% des travailleurs dans le monde ont une formation supérieure. L’OCDE tire la sonnette d’alarme. Formerons-nous assez de diplômés face aux besoins ? Déjà on constate des pénuries d’enseignants en Allemagne, de personnels de santé aux Etats-Unis. Des pays occidentaux font appel à des diplômés étrangers : l’Angleterre importe des médecins, notamment d’Afrique du Sud. Un phénomène nouveau apparaît : celui de l’ « émigration qualifiée ». La part des personnes hautement qualifiées dans la population émigrée est passée entre 1990 et 2000 de 29% à 35%.

En sont victimes des pays émergents : moins de 5% des diplômés d’Indonésie, de Chine, d’Inde, du Brésil émigrent. Mais ce taux passe à plus de 50% dans plusieurs pays d’Afrique sub-saharienne et à plus de 80% dans les Iles de Jamaïque, Grenade ou Haïti. C’est une ponction sur les pays en développement, aux effets pervers. Les pays pauvres qui voient partir les étudiants formés à grands frais auront tendance à moins investir dans l’éducation.

 

En Europe, l’éducation est une compétence des Etats. L’Union appuie les Etats par la stratégie de Lisbonne et par quelques programmes.

La Stratégie de Lisbonne avait l’objectif en 2000 de « faire de l'Union européenne (UE) l'économie la plus compétitive au monde et de parvenir au plein emploi avant 2010 ». Malheureusement elle  est purement  incitative, ne faisant que coordonner les politiques nationales. Ses objectifs en matière d’économie de la connaissance n’ont pas été atteints. Le taux de scolarisation dans l’enseignement supérieur est très inférieur dans l’union (58%) à celui des Etats-Unis (83%). Les dépenses d’éducation par étudiant sont très inférieures en Europe (8 000 €) qu’aux Etats-Unis (21 000 €) ou qu’au japon (10 000 €)

 

Le programme Erasmus est mieux connu du grand public. Il offre des bourses aux étudiants pour leur permettre de faire une partie de leur cursus universitaire, de six mois ou d’un an, dans un autre pays européen. En vingt ans il a profité à près d’un million et demi d’étudiants. Il a eu un effet positif sur les universités européennes en les incitant à être plus attractives. C’est un succès mais le système s’essouffle. Le financement et le montant des bourses sont insuffisants, le dispositif n’est pas assez connu, les étudiants rencontrent des difficultés de reconnaissance des diplômes.

Le programme Erasmus a été complété par Erasmus Mundus. Ce programme, destiné à attirer les meilleurs étudiants en Europe,  propose des masters répartis sur plusieurs universités européennes et ouverts à des étudiants non européens. Il a accueilli  2 300 étudiants depuis 2004.  L’Union européenne dispose aussi de programmes de coopération universitaire avec les Etats-Unis, le Canada, le Japon, la Corée du sud, l’Australie, la Nouvelle Zélande.

 

Il reste que la mobilité des étudiants en Europe est faible.

Alain Lamassoure, auteur d’un rapport sur l’Europe des citoyens, parle d’une « non-préférence européenne ».  Les boursiers Erasmus sont deux fois moins nombreux  dans nos universités que les étudiants non-européens. Nos étudiants prêts à s’exiler sont deux fois plus nombreux à préférer les universités américaines aux universités européennes.

 

L’Europe, en voulant attirer les meilleurs étudiants étrangers et en développant les coopérations internationales, se situe dans une logique  économique. Elle oublie de mettre les moyens nécessaires sur un objectif au moins aussi important : favoriser la circulation des étudiants en Europe, leur faire partager une culture commune, favoriser les échanges qui feront naître la conscience d’un destin commun, créer une Europe des citoyens.

Ecouter la chronique: link

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Published by François Vié - dans Ens sup - recherche
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L'auteur de la scutpture "L'Europe" est Bernard Vié link

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