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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 17:24

La mise en place de l’Euro a permis d’éviter aux pays membres que leur monnaie soit attaquée sur les marchés financiers et le risque d’être obligés de la dévaluer. Elle s’est accompagnée de la mise en place du Pacte de stabilité qui oblige les gouvernements à respecter des limites à leur déficit (3% du PIB) et à leur endettement (60% du PIB). Dans ces limites, chaque pays a toutefois conservé sa politique économique et budgétaire, plus ou moins vertueuse. Certains analystes estiment même que la protection de l’Euro a pu favoriser chez certains gouvernements une politique économique et budgétaire laxiste, aux dépens de l’ensemble de la zone.

 

La crise financière et économique accentue les divergences entre les économies dans la zone euro. Chaque pays a ses difficultés propres : l’Irlande paye sa trop grande spécialisation sur les activités financières. L’Espagne subit une chute de l’immobilier. La Grèce connaît des troubles sociaux. Face aux difficultés les règles du Pacte de stabilité ne sont plus respectées. En 2009 la croissance restera positive en Grèce mais baissera de 5% en Irlande, les déficits publics  varieront de –1.4% aux Pays-Bas à –11% en Irlande, le chômage variera de 4.1% aux Pays-Bas à 16% en Espagne.

Ces écarts ont un coût. Les marchés sanctionnent les pays plus fragiles et leur font payer des taux d’intérêts plus élevés. C’est ainsi que l’Etat grec doit payer ses emprunts au taux de 5.8%, l’Irlande 5.5%, contre 3.8% pour la France et 3.3% pour l’Allemagne. Ces écarts de taux coûteront près de 15 milliards d’Euros aux contribuables italiens soit 1% de leur consommation, et 4 milliards aux Grecs soit 2% de leur consommation. Au total 31 milliards d’€ sont payés en surcoûts financiers pour l’ensemble de la zone Euro.

 

C’est le coût du manque de coordination des politiques économiques et de la désorganisation de la relance économique. Malgré les sommets de l’automne 2008 et les tentatives de la Commission européenne, chaque pays a conçu son propre plan de relance, certains évitant même de trop intervenir, comptant sur les relances des pays voisins.

Le risque est celui d’un manque d’efficacité. Un autre inconvénient est de rendre difficile une relance par la consommation. En effet distribuer du pouvoir d’achat ne peut pas se faire dans un pays isolé au risque de favoriser les importations sans relancer l’activité. Par contre les pays européens ensemble pourraient relancer la consommation, ce qui bénéficierait aux catégories sociales les plus fragiles.

 

L’automne dernier, l’Union européenne a dû se porter au secours de la Hongrie, non membre de la zone Euro, avec l’aide du FMI et de la banque mondiale.

Pour éviter, en cas de besoin, l’intervention du FMI dans la zone Euro, deux solutions sont possibles : soit on applique aux Etats en difficulté un plan de rigueur draconien. C’est la solution préconisée par les Allemands. Soit on prévoit un mécanisme de sauvetage entre Européens qui actuellement n’existe pas. Claude Juncker, président de l’euro groupe, a proposé de créer une agence communautaire d’émission, qui serait chargée d’emprunter en évitant aux pays fragiles d’emprunter eux même à des taux élevés. La France et l’Allemagne se sont opposées à cette mesure.

 

Ces difficultés internes sont très relatives par rapport à celles d’Etats situés hors de la zone euro. La zone euro est une zone protégée des attaques des monnaies et de plus en plus d’Etats souhaitent y adhérer : la Finlande, la Suède, le Danemark, membres de l’Union européenne, souhaitent rejoindre l’Euro rapidement. Même le Royaume-Uni y songe malgré son attachement à la Livre. L’Islande, qui subit la crise très durement, envisage de demander son adhésion à l’Union européenne et à l’Euro.

Ainsi la zone euro est désirée par ceux qui n’y sont pas. Paradoxalement, ses membres tardent à introduire les mécanismes de solidarité qui leur en donneraient tous les avantages


Ecouter la chronique:  link

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Published by François Vié - dans Euro
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L'auteur de la scutpture "L'Europe" est Bernard Vié link

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