Partager l'article ! Le débat sur la Constitution dans le pays européens: François Vié, pourquoi avez-vous souhaité faire une émission sur ce thème ? ...
François Vié, pourquoi avez-vous souhaité faire une émission sur ce thème ?
D’abord parce que nous devons nous intéresser à nos voisins, mais aussi pour comprendre comment on en est arrivé compromis qu’est le texte de la Convention.
Je vous propose :
Tout d’abord, pouvons-nous faire un tableau des positions de chaque pays lors de l’élaboration de la Constitution ?
Il faut souligner avant tout que de nombreux conventionnels ont travaillé avant tout avec le désir de parvenir à une constitution bonne pour l’Europe, avant d’être bonne pour leur pays. Des organisations (syndicats, organisations patronales, certains partis..) se sont coordonnés pour définir une position européenne.
Il n’en demeure pas moins que les approches dans chaque pays demeurent différentes et ce que nous allons essayer de voir.
Les pays européens comprennent, un peu schématiquement :
Les pays fondateurs : France, Allemagne, Italie, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas. Ils sont marqués par le projet d’origine de l’Europe : mettre les coopérations au service d’un rapprochement des peuples, effacer les séquelles des conflits passés. Ce sont les tenants traditionnels d’une Europe politique, voire d’une Europe Puissance, même si certains d’entre eux (Pays-Bas) sont très atlantistes.
Les pays du sud, qui sont entrés par la suite dans l’Europe et en ont grandement bénéficié : Espagne, Portugal, Grèce. Ils sont très européens. Leur entrés dans l’Europe a suivi leur sortie de régimes autoritaires et a consolidé leur démocratie. Ils ont largement bénéficié des fonds structurels européens et leurs niveaux de vie ont fortement progressé depuis leur entrée dans l’Europe.
Les pays nordiques : Danemark, Suède, Finlande, ont tous trois des traditions d’un état social fort. Ils sont soucieux de le préserver mais sont méfiants sur l’intégration politique de l’Union (le Danemark et la Suède ne font pas partie de l’Euro…)
L’Autriche qui a rejoint l’Union en même temps que la Suède et la Finlande
Les 8 nouveaux entrants en 2004, continentaux: Pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie), pays d’Europe centrale (Pologne, république Tchèque, Slovaquie, Hongrie, Slovénie). Ce sont d’ anciens pays de l’Europe de l’Est. Ils sont venus en Europe pour son modèle démocratique mais restent très jaloux de leur souveraineté retrouvée. Ils tiennent à profiter d’une Europe économique et pour cela à utiliser les fonds européens et à valoriser leurs atouts : coûts salariaux faibles, politiques fiscales attractives. Ils sont attachés à l’OTAN pour leur sécurité.
Les 2 nouveaux entrants méditerranéens Malte et Chypre.
En outre les pays candidats ont siégé à la convention : Roumanie Bulgarie et Turquie. Il y avait donc 28 pays présents à la Convention sur l’Avenir de l’Europe.
Ces distinctions se combinent avec d’autres clivages :
Pour les petits états le soucis a été de ne pas donner trop de place au grands eu égard à leur poids démographique, retardant l’adoption du compromis sur la majorité qualifiée au Conseil (55 % des pays, représentant 65% de la population)
Ce sont les petits pays qui ont longtemps bloqué la décision sur la diminution du nombre de commissaires, estimant que tous les pays devaient être représentés à la Commission. Finalement ce n’est qu’en 2014 que le nombre de commissaire sera limité à 18.
Deux pays « moyens » : la Pologne et l’Espagne (de Aznar) ont bloqué la négociation pendant plusieurs mois (jusqu’au départ d’Aznar) sur la question de la majorité qualifiée, en s’accrochant aux règles du traité de Nice qui leurs étaient favorables.
Les pays fondateurs et surtout la France et l’Allemagne ont obtenus que la Constitution prévoit la définition progressive d’une politique de défense commune. Les pays atlantistes, eux, sont peu favorable à une Europe indépendante des Etats-Unis. Ce sont: le Royaume Unis, les Pays Bas et les ex-pays de l’Est dont principalement la Pologne. (L’Espagne et l’Italie se sont montrées atlantistes de circonstances, sans que ce soit leur tradition). Ils ont obtenus que la politique de défense commune, soit compatible avec leurs engagements au sein de l’OTAN.
C’est le clivage le plus ancien et le plus fondamental pour l’orientation de l’Europe :
Ces divergences de points de vue ont dû se rapprocher au cours du difficile processus d’élaboration de la Constitution :
- 18 mois de travail de la Convention, composée à 70% de parlementaires, ce qui a permit d’éviter les traditionnels marchandages entre états.
- après les travaux de la Convention, un an de négociations entre Etats avant d’arriver à un accord au Conseil de Bruxelles le 18 juin 2004.
Alors aujourd’hui nous avons un projet de Constitution quelles sont les positions des organisations non gouvernementales ?
Nous n’avons qu’une source commune aux 25 pays de l’Union. C’est l’Eurobaromètre (ce sont les chiffres utilisés plus loin, sauf indications contraires) : ils ont été publiés en mars mais sont issus d’une enquête de novembre 2004. Ils sont donc anciens et ont pu évoluer. Ils gardent tout de même toute leur valeur concernant les motivations des électeurs.
L’Eurobaromètre indique que les partisans de la Constitution sont nettement plus nombreux que les opposants, sauf au Royaume-Uni.
En ce qui concerne les motivations :
15 pays ont choisi la ratification par voie parlementaire. 5 l’ont déjà fait sans difficultés: la Lituanie, la Hongrie, la Slovénie, l’Italie, la Grèce.
Etant donné que la grande majorité des partis politiques de gouvernement sont favorables à la Constitution, les ratifications par voie parlementaires ne devraient pas poser de problèmes.
Les prochains seront :
Les autres pays ont choisis la voie du référendum :
Et si au bout du compte tous les pays ne ratifient pas la Constitution ?
Il est prévu que si , dans un délais de deux ans à compter de la signature du traité, 4/5 emes des états ont ratifié et que quelques états ont rencontré des difficultés de ratification, « le Conseil se saisit de la question ». Ce qui veut dire qu’un accord politique sera recherché.
Les chroniques, hebdomadaires, sont diffusées sur radio Pfm, radio associative arrageoise, 99.9
MHz.
Elles sont à disposition des radios associatives qui souhaitent les programmer et en font la demande.
Sources: Europe-midi (Mouvement européen France), Euractiv, Agence Europe, Fondation Robert Schman, Oui à l'Europe, Sinople, presse quotidienne et hebdomadaire dont Le monde et Courrier
international...
L'auteur de la scutpture "L'Europe" est Bernard Vié link