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Le NON des français et des néerlandais date maintenant d’un an. Où en est-on ?
Je vous propose tout d’abord de retracer les évènements:
De façon moins apparente, c’est un scepticisme général qui s’installe. Le populisme, le nationalisme, le protectionnisme font leurs retours. Les institutions européennes continuent de travailler mais sans direction ni leadership politique. La commission et son président Manuel Barrosso ont participé à de ce manque de volontarisme en supprimant de nombreux projets de directives dont ceux portant création des statuts européens d’association et de mutuelle.
Au total, l’Europe est désinvestie. Elle est en panne de projet et d’ambition.
Le NON a-t-il servi à quelque chose ?
Le seul point positif est que le NON a aidé à la redéfinition de la directive service dans un sens moins libéral. La demande de moins de dérégulation économique a été entendue par le Parlement.
Mais Ile NON n’a pas permis une renégociation du traité. Le fameux « plan B » n’existait pas. Il n’a pas non plus fait progresser l’Europe sociale ni enrayé le mouvement de libéralisation.
S’il y a un aspect positif au NON c’est d’avoir permis de faire apparaître quelques messages politiques qui vont certainement au-delà des seules opinions publiques français et néerlandaises et sont inscrits à l’agenda de la période de réflexion..
Face à ces difficultés vous pensez que le projet européen doit continuer à avancer, pourquoi ?
Les raisons sont nombreuses :
1 – Le traité de Nice ne permet pas de gérer une Europe qui s’élargit. Cette inefficacité se fera de plus en plus sentir.
2 - En l’absence de dynamique européenne, les efforts se relâchent et les intérêts nationaux reprennent le dessus. La France et l’Allemagne ont montré l’exemple en ne respectant pas les règles du Pacte de stabilité et de croissance.
3 - Les performances économiques (croissance, inflation) des pays membres divergent durablement et , faute de politiques coopératives, mettent en danger la zone Euro
4 - L’absence de dynamique européenne favorise le populisme et le nationalisme : Le risque apparaît en Pologne ou l'extrême droite est au pouvoir. Les valeurs humanistes et démocratiques ont besoin d’une dynamique positive à l’échelle de l’Europe
5 - Sans institutions fortes :pas d’Europe politique, plus de décisions. Or le monde, lui ,continue de changer rapidement : L’Europe doit être en première ligne dans les batailles à mener sur le plan mondial : changement climatique, aide au développement, énergie, démographies et migrations, mise en place de régulation du capitalisme mondial, réforme des institutions internationales. Il lui faut pour cela renforcer ses mécanisme de prise de décisions.
La Constitution est-elle enterrée ?
Le processus de ratification continue, mais dans une contradiction complète : depuis un an ont ratifié la Constitution : le Luxembourg, la Belgique, l’Estonie. La Finlande va suivre ce qui fera 16 ratifications sur 25 pays de l’Union.
Mais c’est sans issue puisque trois pays refuseront le texte de façon quasi-certaine : la Grande Bretagne, le Danemark et la Pologne, qui depuis un an a pris une orientation franchement hostile à l’Europe.
La position votée par le Parlement (Duff-Voggenhubert) est assez consensuelle:
Quelles sont les propositions pour relancer la construction européennes ?
Elles sont diverses
Problème : aucune de ces propositions n’est vraiment ambitieuse ni ne débouche dans la situation actuelle , caractérisée par une absence de leadership politique ; et l’affaiblissement interne des grands pays européens : fin de règne en France et en Angleterre, coalitions fragiles en Italie et en Allemagne.
Elles masquent une position attentiste. Pour certains rien n’est possible avant les élections présidentielles françaises et néerlandaises en 2007.
Ce type de propositions sur les politiques de l’union ou pour une mise en œuvre partielle du projet de Constitution ne dispensent par ailleurs en rien l’Europe de progresser sur ces grandes orientations et ses institutions.
Plus constructives deux autre types de propositions :
Premièrement : Débattre
C’est le sens des propositions du parlement européen qui demande l’organisation de « forum parlementaires » et de « forum citoyens » au nivaux national et local sur les grands thèmes :
La Commission souhaite aussi le débat en engageant un programme dit « D comme Dialogue, Débat, Démocratie »
Ce processus de débat c’est à peine amorcé. Les citoyens n’ont pas encore été impliqué. Les « forums citoyens » voulus par le Parlement n’ont pas encore reçu de début de mise en œuvre.
Il nécessitera d’être poursuivi au moins en 2007.
Deuxièmement : Renégocier.
Lors de leur réunion des 17 et 28 mai prés de vienne les ministres des affaires européennes ont estimé que la seule solution était de renégocier le traité pour le rendre acceptable pour ceux qui l’on refusé.
Le chef de la diplomatie allemande M Steinmeier, a promis des propositions substantielles pour le premier semestre 2007 sous présidence allemande du Conseil. Le ministre luxembourgeois é souhaité une feuille de route pour une entée en vigueur d’un nouveau traité en 2009.
Quels agenda de sortie de crise ?
Difficile de faire des prévisions mais un scénario possible quoique optimiste est le suivant :
C’est un calendrier court mais réalisable.
S’il devait être allongé, rappelons-nous que la constitution des Etats Unis a nécessité 11 ans pour être élaborée et ratifiée.
Si l’on considère que le projet de Constitution n’entrera jamais en vigueur dans sa rédaction actuelle, il faut admettre qu’il y aura renégociation. : Un consensus existe sur la nécessité de mettre en débat aussi prés que possible du citoyen les questions fondamentales concernant l’Europe
Les chroniques, hebdomadaires, sont diffusées sur radio Pfm, radio associative arrageoise, 99.9
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Sources: Europe-midi (Mouvement européen France), Euractiv, Agence Europe, Fondation Robert Schman, Oui à l'Europe, Sinople, presse quotidienne et hebdomadaire dont Le monde et Courrier
international...
L'auteur de la scutpture "L'Europe" est Bernard Vié link