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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 21:48

L’énergie est au cœur de l’actualité. Engéla Merkel a placé l ‘énergie, avec les institutions au centre de sa présidence de l’Union. Les 18 pays de l’Union qui ont dit OUI au traité constitutionnel, réunis à Madrid ont proposé d’inclure l’énergie dans une nouveau traité constitutionnel..

 

Les 8 et 9 mars prochain les Chefs d’états et de gouvernements réunis en Conseil Européen définiront les priorités de la politique énergétique pour l’Europe.

Dans cette perspective, la Commission a rendu publique le 10 janvier un ensemble de propositions appelées « paquet énergétique » Les ministres des affaires étrangères se sont réunis le 22 janvier.

 

Les problèmes énergétiques sont de deux ordres :

-        les énergies à utiliser

-        les questions d’approvisionnement

 

Sur les énergies à promouvoir, la Commission propose :

·  D’augmenter dans la production d’énergie européenne, le % d’énergie renouvelable de 7% actuellement à 20% en 2020.

·  De réduire les émissions de gaz à effets de serre en 2020 de 30% par rapport à leur niveau de 1990, pour tous les pays développés et dans le cadre d’un accord qui succéderait au protocole de Kyoto. L’Europe y contribuerait par une réduction de 20%

·  D’économiser 20 % de la consommation globale d’énergie en Europe d’ici à 2020.

·  De coordonner les politiques des états membres dans le domaine de l’énergie nucléaire

Les premières réactions sont diverses sur ces propositions ? Les Verts européens les trouvent insuffisamment ambitieuses.

 

Concernant les questions d’approvisionnement

·  La Commission veut relancer le marché intérieur de l’énergie Pour cela elle propose de dissocier les activités de production et de distribution du gaz et de l’électricité. Elle propose d’augmenter les capacités d’échange entre les réseaux nationaux et de renforcer l’autorité de régulation européenne.

·  La Commission propose aussi de sécuriser les approvisionnements en adoptant une attitude commune vis à vis de la Russie et en signant des accords de partenariat avec les pays producteurs

 

Sur ce point, la Commission est là fidèle à sa conception libérale de l’économie. Elle veut supprimer la concentration qu’elle juge excessive en cassant les grands groupes. Elle compte sur le libre jeu du marché. pour obtenir une réduction des coûts générer les investissements , assurer l’approvisionnement.

 

Les états sont, eux, plus axés sur les questions stratégiques, notamment avec les pays producteurs. Les ministres ont défini des priorités le 22 janvier:

·       diversification des approvisionnements

·       partenariat avec la Russie,

·       relations avec les pays voisins de l’Union

·       également définition, avec les autres pays consommateurs, d’objectifs sur le changement climatique, l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables.

 

Nombreux sont les hommes politiques qui considèrent que l’énergie est une question cruciale, allant jusqu’à proposer que ce soit une politique propre à relancer la construction européenne. Pourtant elle est toujours aussi difficile à envisager. C’est qu’il y a une opposition frontale entre la commission qui prône une libération du marché et les états qui disposent d’un opérateur national et considèrent que l’énergie est un secteur stratégique qu’ils doivent contrôler. Il s’agit notamment de la France, de l’Allemagne, de l’Espagne, de l’Italie, chacun refusant le démembrement de son champion national.

 

Les arguments des états sont les suivants

·       Tout d’abord, ils veulent rester maîtres du type d’énergie qu’ils veulent utiliser « le bouquet énergétique » (gaz et pétrole pour la Norvège et le Royaume-Uni, gaz pour les Pays-Bas, Charbon et gaz pour l’Allemagne, nucléaire pour la France…)

·       Ensuite le démantèlement des groupes de distribution européens affaiblirait l’Europe face aux fournisseurs qui, eux, au contraire, se concentrent.

·       Surtout que la politique actuelle de l’Union ne permet pas la constitution de groupes européens puissants, et fragilise les groupes énergétiques européens existants . En effet : la politique de libéralisation ouvre le marché aux concurrents étrangers en particulier à Gazprom. Celui-ci, non seulement est inféodé à un pouvoir politique, mais par sa taille constitue une concurrence inégale.

 

Les états ne sont pas prêts à lâcher le contrôle qui leur reste sur leurs groupes énergétiques nationaux, tant que l’Union n’est pas capable de mettre en place une politique qui protège les marché et les entreprises européennes. Or non seulement la volonté des états européens de mettre en place une politique commune n’est pas encore là, mais le dogmatisme libéral du marché ouvert à la concurrence extérieure pratiqué par la Commission menace la solidité et l’indépendance des entreprises européennes.

 

La Russie, Gazprom, y a-t-il un danger pour l’Europe ?

 

Une des questions énergétique pour l’Europe est l’affrontement aussi bien commercial que politique qui est en cours entre l’Europe et la Russie.

La Russie détient 30% des réserves mondiales de gaz et 20 % de la production mondiale. Un tiers de sa production est écoulée en Europe Elle fournit 26% du gaz consommé en Europe et l’essentiel de la consommation de la Grèce, l’Autriche et des nouveaux entrants de l’Europe de l’Est.

La Russie se donne tous les moyens de contrôler le marché : production, oléoduc, distribution, en utilisant en particulier son géant gazier Gazprom, contrôlé par l’état.

 

  • Rapprochement avec d’autres fournisseurs : En septembre 2006 Gazprom s’est rapproché du géant algérien Sonatrach . A eux deux ils satisfont à 36% des besoins en gaz de l’Europe En novembre un partenariat stratégique a été annoncé entre Gazprom et le géant pétrolier Rosneft, lui aussi contrôlé par l’état russe.
  • Prise de contrôle des oléoducs :

- La Russie construit le gazoduc « Nord Stream » sous la mer baltique reliant la Russie à l’Allemagne en évitant la Pologne. Ce gazoduc inquiète la Suede qui craint qu’il ne serve de support à des installations d’espionnage. Poutine a averti que le gazoduc était un  intérêt stratégique majeur et serait placé sous la protection de la flotte russe.

- A l’occasion de son conflit avec la Biélorussie elle a acquis 50 % de Beltransgaz, le réseau de gazoducs biélorusse.

- Alors que les Européens soutiennent le projet d’oléoduc « Nabuco» pour amener le gaz d’Azerbaïdjan, du Kazakhstan et du Turkménistan en contournant la Russie via la Turquie, Moscou prévoit un projet concurrent via la mer noire et la Turquie.

  • Distribution : Après la tentative avorté de rachat de Centrica, premier distributeur britannique, Gazprom a ouvert une filiale de distribution en Angleterre. Gazprom vient aussi de conclure des accords avec ENI en Italie et GDF en France pour, en échange de garanties d’approvisionnement, pouvoir vendre directement son gaz aux entreprises

 

Gazprom profite ainsi de la libération du marché de l’énergie en Europe. Le problème est que la Russie n’entend pas accorder de contrepartie

·       La Russie a confirmé que Gazprom conservera le monopole de l’exportation de gaz.

·       Une loi est attendue qui limitera en Russie l'accès des sociétés étrangères aux « secteurs stratégiques » de l'économie nationale. Déjà, des accords de production commune sont remis en question. Engagée dans le projet Sakhaline II, Shell a du rétrocéder des parts à Gazprom.

 

La Russie n’hésite pas à utiliser l’arme énergétique à des fins politiques 

  • En février 2006 la Russie n’a pas hésité à couper l’approvisionnement en gaz de l’Ukraine pour lui imposer ses conditions.
  • Depuis septembre 2006 c’est la Géorgie qui est visée par un embargo de la Russie
  • Fin 2006 le scénario s’est répété avec la Biélorussie.

 

En outre, une situation nouvelle est créée avec l’entrés dans l’Europe de la Bulgarie dans l’Europe en 2007. En Effet la Bulgarie est totalement dépendante de la Russie pour ses approvisionnements énergétiques Peu avant son adhésion Sophia a signé avec Gazprom dans la plus grande opacité, une série d’accords portant sur la livraison de gaz pour 30 ans, la construction et l’approvisionnement en uranium d’une centrale nucléaire à Belene et sur le contrôle à 51% du projet de gazoduc Bourgas-Alexandroupolis.

Vladimir Tchijov, ambassadeur de Russie auprès de l’UE ne cache pas que la Bulgarie est le « cheval de Troie russe dans l’UE »

La Russie s’apprête à répéter l’opération avec la Slovaquie, qui dépend déjà à 98% du gaz russe, en lui proposant de construire deux tranches dans sa centrale nucléaire de Mochovce.

 

Face à cet activisme, l’Europe ne sait pas s’organiser et agit en ordre dispersé. La seule politique officiellement proposée à la Russie est celle d’organiser le marché européen en lui demandant de ratifier la charte sur l’énergie qui l’obligerait à libéraliser son marché gazier. Cette démarche est actuellement dans l’impasse.

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Published by François Vié - dans Energie
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L'auteur de la scutpture "L'Europe" est Bernard Vié link

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