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22 janvier 2008 2 22 /01 /janvier /2008 18:17

Le thème du réchauffement climatique est devenu populaire. On se souvient notamment du film d’Al Gore destiné au grand public.

Le changement climatique est en passe de bouleverser la vie des populations, la diversité biologique, les récoltes. Il provoque la fonte des glaces polaires, la hausse du niveau de la mer, augmente la fréquence des catastrophes : tempêtes inondations sécheresses. Le terme de réfugiés climatiques apparaît pour désigner les populations contraintes de se déplacer.

D’ici 2100, les scientifiques du GIEC (Groupe international d’experts sur le climat), sous l’égide des Nations unies,  prévoient une hausse des températures de 1.4 à 5.8 °.

 

Le Protocole de Kyoto

 

La communauté internationale a réagi :

En 1992 la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques (CNUUC) a établi un cadre de négociations, aujourd’hui adopté par 188 états.

En 1997 le Protocole de Kyoto a été adopté pour mettre en œuvre cette convention. Ce protocole est entré en vigueur le 16 février 2005. Il est aujourd’hui ratifié par 157 états. Il prévoit la réduction de 5.2 % des gaz à effets de serre en 2012.

 

Quels sont les termes du débat ?

·       Tout d’abord est-ce que les engagements sont à la hauteur du problème posé ?

      Pour stabiliser la température terrestre, il faudrait, d’ici 2050, diviser par deux les émissions de gaz à effets de serre à l’échelle de la planète et par 4 ou 5 dans les pays industrialisés.

      Un objectif atteignable serait de limiter la hausse des températures à 2°. Pour cela il serait nécessaire de réduire les émissions de 30% d’ici à 2020 et de 80% d’ici à 2050.

      Les engagements des pays signataires du protocole de Kyoto sont de réduire à échéance de 2012 leurs émissions de 5% par rapport aux niveaux de 1990.

      Or on voit que les politiques mises en place par les pays les plus engagés, notamment en Europe permettent à peine de stabiliser les émissions. Les pays de l’Europe des 15 devaient réduire leurs émissions de 8% en 2012 par rapport aux niveaux de 1990. En 2005 la baisse n’était que de 2%.

 

·       Tous les pays producteurs de CO² sont-t-ils impliqués dans le protocole ?

Non : les Etats-Unis (1/4 des émissions mondiales), l’Australie, ont refusé de ratifier le protocole. D’autre part le protocole de Kyoto n’impose d’obligation qu’aux pays développés et non aux pays émergeants, dont les émissions augmentent rapidement.

 

·       Les moyens mis en œuvre par le protocole de Kyoto sont-ils efficaces ?

Les pays signataires doivent mettre en place les politiques domestiques nécessaires à la réduction des gaz à effets de serre. En supplément à ces efforts ils peuvent recourir à trois mécanismes mis en place par le protocole :

-        Le mécanisme d’échange des permis d’émission de CO². Il permet à un pays ou une industrie qui n’a pas atteint ses objectifs de limitation de ses émissions, de racheter ses permis d’émission à un pays ou une industrie qui a dépassé ses objectifs et qui donc détient des droits à émission non utilisés. C’est le marché des droits qui détermine le prix de la tonne de CO².  Les industries ont intérêt à investir pour éviter d’avoir a acquérir des permis sur le marché ou pour pouvoir en vendre.

      Une difficulté de ce mécanisme est que le prix du CO² doit être suffisamment élevé et surtout stable et prévisible pour que les industries investissent. Or les prix ont fortement fluctué en 2005 – 2007.

-        Deux autres mécanismes dits « du développement propre » et de « mise en œuvre conjointe » permettent aux pays développés d’atteindre leurs objectifs en investissant dans des projets dans les pays en développement ou dans des projets industriels de stockage du carbone, ou forestiers.  Ces mécanismes  permettent de rendre viables des projets réduisant les émissions de gaz à effets de serre, qui ne le seraient pas sans Kyoto.

 

La conférence de Bali

 

Elle fait partie des négociations pour définir l’après Kyoto, c’est à dire l’après 2012.

En Novembre et décembre 2005 ont eu lieu les premières négociations sur l’après Kyoto. Un acquis de cette négociation a été l’adoption du principe de la continuité des engagements de Kyoto après 2012.

A Bali il s’est agit de fixer un calendrier et des principes de négociation pour parvenir à un accord en 2009 et des ratifications avant 2010, pour une entrée en vigueur avant 2012.

 

Cette conférence s’est achevée le 15 décembre 2007. Elle a été le lieu d’un affrontement entre d’une part l’Union Européenne rejointe par les pays en développement qui voulaient des objectifs chiffrés de réduction de gaz à effets de serre (–25 à -40 % en 2020 par rapport à 1990) et les Etats-Unis, Canada, Japon qui n’en voulaient pas. En définitive la conférence s’est achevée sur un compromis.

-        Les Etats-Unis se sont ralliés à l’accord final, mais les objectifs chiffrés ont été remplacés par une simple référence aux travaux du GIEC.

-        La lutte contre la déforestation est prise en compte comme moyen de réduire les émissions.

-        Le principe est acquis d’un fond d’adaptation destiné à aider les pays pauvres.

-        Les pays émergeants se sont impliqués positivement dans les accords notamment la Chine, même si à contrario l’Inde a eu une position restrictive.

Ces résultats ouvrent la voie aux négociations qui auront lieu d’avril 2008 à fin 2009.

 

La politique européenne contre le changement climatique

 

Rappelons que l’Europe a été en pointe dans les négociations du protocole de Kyoto, puis son processus de ratification et qu’elle a une politique contre le changement climatique.

·       En 2000 a été lancé le premier programme européen sur le changement climatique, comprenant 30 mesures dont le système d’échange de quotas d’émissions, la promotion de l’électricité produite à partir d’énergie renouvelable, la réduction des émissions des automobiles.

·       En janvier 2005 le système européen d’échange de quotas est entré en vigueur.

·       En 2005 a été lancé le second programme européen sur le changement climatique.

·       Le 10 janvier 2007 l’Union a décidé, dans le cadre d’un ensemble de mesures dites « paquet énergie et changement climatique », de réduire ses propres rejets de 20 % d’ici 2020, voire de 30% si d’autres pays s’engagent également. Le Parlement européen a même proposé d’aller plus loin : 30% de réduction d’ici 2020 et 60 à 80 % d’ici à 2050.

·       Le 19 décembre la Commission a proposé de contraindre les constructeurs automobiles à réduire de 160 g/Km actuellement à 130g/Km les émissions de CO² de leurs véhicules.

·       Le 23 janvier 2008 a été annoncé par la commission le « paquet législatif » nécessaire pour traduire les engagements pris en janvier 2007 contre le changement climatique. Il s’agit d’améliorer le mécanisme d’échange de quotas d’émissions, d’atteindre 20 % d’énergies renouvelables dans la consommation européenne d’ici 2020 avec des objectifs nationaux obligatoires concernant les énergies renouvelables dans les transports, le chauffage et la production d’électricité.

 

 

La politique de France et le Grenelle de l’environnement

 

A quoi a aboutit le Grenelle de l’environnement en matière de lutte contre l’effet de serre ?

 

Le Grenelle de l’environnement a fait sien l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre par 4 d’ici à 2050, c’est à dire un objectif proche des  80% évoqués par les experts pour limiter l’élévation des températures à 2 % et proche également des propositions du Parlement européen.

 

Pour le logement, les objectifs sont: 20 % de réduction des émissions, 20% d’économies d’énergies, 20% d’énergies renouvelables.

Concernant les transports, sont annoncés la création d’une éco-pastille sous forme de bonus-malus sur le prix d’achat des voitures, et une éco-redevance sur le transport routier avec promotion du ferroutage, l’arrêt de la construction de nouvelles autoroutes, la construction d’autoroutes ferroviaires et maritimes, la réduction de 50% de la consommation de carburant dans le transport aérien d’ici 2020.

Concernant l’énergie, l’interdiction des lampes à incandescence en 2010. Une taxe carbone est envisagée sur les produits importés en Europe par les pays qui ne luttent pas contre l’effet de serre, pour lutter contre le « dumping environnemental »

 

Par contre la question du financement de ces mesures n’a pas été traitée par le Grenelle. La mise en œuvre de ces mesures s’annonce difficile. Aucun financement n’est prévu au budget 2008.

 

Le principe et les suites du Grenelle de l’environnement sont favorablement accueillis en Europe. D’abord pour la méthode employée: on discute et c’est mieux que de seulement réagir aux crises dans l’urgence comme la France en a l’habitude. Reste que l’articulation de ces mesures avec la politique européenne doit être vérifiée. Les mesures françaises doivent être compatibles avec une réglementation de l’environnement qui est à 80% d’origine européenne.

 

Première difficulté : la taxe carbone  proposée par la France à l’issue du grenelle de l’Environnement ne figure pas dans le paquet législatif. Le principe est de taxer les importations venant de pays qui ne contribuent pas à la lutte contre le changement climatique. Elle est jugée par certains européens notamment les britanniques comme une forme de protectionnisme.

D’autre part dans le « paquet législatif », la France se voit attribuer un objectif de 23 % de réduction de ses émissions de CO², objectif contesté par la France qui veut s’en tenir à 20%.

 

La politique de l’Allemagne contre le réchauffement climatique

 

Il paraît intéressant de mentionner la politique de l’Allemagne

C’est un pays qui veut montrer l’exemple et qui s’est fixé l’objectif de réduire ses émissions de CO² de 36 % d’ici 2020, c’est à dire au-delà des 30% estimés nécessaires pour limiter le réchauffement à 2°.

 

L’Allemagne met l’accent sur les énergies renouvelables et les économies d’énergies. Son plan comprend une réforme de la vignette automobile, une nouvelle taxe au péage pour les camions, l’obligation de chauffage des bâtiments en utilisant au moins partiellement l’énergie solaire, la biomasse ou la géothermie.

 

L’Allemagne fait aussi un pari économique en développement des filières industrielles dans lesquelles elle est en pointe: éoliennes, bâtiments  passifs. 160 000 empois ont été créés en Allemagne dans le secteur des énergies renouvelables entre 2004 et 2006.

 

 

 

Conclusion 

 

Il y a de l’espoir pour limiter le réchauffement climatique à 2°, si la France, comme l’Allemagne, se révèle un bon élève européen, si l’ensemble de l’Europe atteint ses objectifs, si les Etats-Unis de l’aprés-Busch, la Chine, l’Inde acceptent, sous l’impulsion de l’Union européenne, un accord très volontaire à Copenhague en 2009.

 

Au-delà de ces politiques des états et internationales de lutte contre l’effet de serre, il s’agit de mettre œuvre des changements en profondeurs de nos comportements individuels et de nos modes de production, changements qui sont d’autant plus nécessaires que nous n’avons pas seulement à lutter contre le réchauffement climatique, mais plus globalement à être plus économes de la planète, en énergies et en ressources naturelles.

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L'auteur de la scutpture "L'Europe" est Bernard Vié link

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