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Il s’agit du cadre général qui définit la stratégie économique et sociale de l’Union européenne.
Le Conseil européen de Lisbonne, en mars 2000, a lancé une stratégie dite « de Lisbonne » dans le but de faire de l'Union européenne (UE) « l'économie la plus compétitive au monde et de parvenir au plein emploi avant 2010 »
Elle repose sur trois piliers:
Un pilier économique qui doit préparer la transition vers une économie compétitive, dynamique et fondée sur la connaissance, achever le marché intérieur, réaliser un environnement favorable au développement des entreprises.
Un pilier social qui doit permettre de moderniser le modèle social européen grâce à l'investissement dans les ressources humaines et à la lutte contre l'exclusion sociale : investir dans l'éducation et la formation, mener une politique active pour l'emploi
Un pilier environnemental qui a été ajouté lors du Conseil européen de Göteborg en décembre 2001
Pour atteindre les buts fixés, une liste d'objectifs chiffrés a été arrêtée dans chacun de ces domaines. Par exemple :
En 2005 le processus a été révisé et centré sur la croissance et l’emploi.
En 2007 le processus de Lisbonne a été promu au rang de « réponse européenne à la mondialisation » par l’adjonction, notamment de la problématique énergétique et de la dimension extérieure.
Sa mise en œuvre est déclinée dans divers instruments de coordination qui s’appellent « Grandes orientations de politiques économiques », « Lignes directrices pour l’emploi », « Agenda social ».
Le problème de la mise en œuvre de cette stratégie est que les politiques concernées relèvent presque exclusivement des compétences attribuées aux États membres. En l’absence de politique communautaire, l’Union ne peut que coordonner les politiques nationales. C’est la méthode dite « méthode ouverte de coordination » : on définit des objectifs, des plans d'action nationaux on met en place des indicateurs et on fait le point périodiquement pour voir ce qui a avancé.
Concrètement et en parallèle :
La stratégie de Lisbonne est mise en œuvre parallèlement aux politiques communes qui touchent à l’économie :
- politiques existantes : Marché intérieur, politique commerciale commune, politique monétaire, PAC
- politiques en devenir : politiques communes de l’énergie, de l’environnement, de la recherche, de l’immigration, Eurogroupe.
Quel est le bilan de la stratégie de Lisbonne ?
Quand on regarde l’objectif fixé en 2000 de « faire de l'Union européenne (UE) l'économie la plus compétitive au monde et de parvenir au plein emploi avant 2010 » on a une impression d’un objectif bien ambitieux au regard de ce qui a été accompli à ce jour.
La principale déception concerne l’économie de la connaissance :
L’emploi s’améliore : le taux d’emploi dans l’Union est passé de 62.2% en 2000 à 64.8 en 2006. 5 pays atteignent les objectifs (70%): Danemark, Pays-Bas, Autriche, Royaume-Unis, Suède.
Une étude récente sur les 15 plus grandes économies européennes est plus positive : 11 pays devraient atteindre les objectifs de la stratégie de Lisbonne en 2010. Seuls 3 pays ne sont pas en bonne voie : la France, l’Autriche et l’Italie.
La stratégie de Lisbonne est elle suffisante ?
La stratégie de Lisbonne est souvent jugée insuffisante , voir analysée comme un échec :
- elle n’est pas associée à un engagement suffisant de la Commission pour renouveler le modèle social européen.
- elle se heurte à une coopération insuffisante des états entre eux et avec l’Union.
- elle n’est pas à la hauteur des enjeux de la mondialisation
Une dimension sociale insuffisante
Lors de la révision de la stratégie de Lisbonne en 2005 les priorités ont été la croissance et l’emploi en laissant de coté les préoccupations sociales et environnementales.
Les Chefs d’Etat et de Gouvernements ont en mars dernier discuté des orientations à donner à la stratégie de Lisbonne pour la période 2008-2010.
A cette occasion le Parlement Européen a demandé que la dimension sociale de la stratégie de Lisbonne soit renforcée.
Martin Schulz, président du groupe socialiste Parlement européen, a fustigé l’inaction de la Commission dans les domaines social et environnemental et demande des mesures pour renforcer l’intégration et la protection sociale, instituer des normes sociales minimales contraignantes, renforcer les services publics.
Une méthode peu efficace
Au-delà de la mise à jour à court terme de la stratégie de Lisbonne, ne faut-il pas la remettre en cause ? comment faire pour être plus efficace ?
Les propositions ne manquent pas :
D’autres proposent que, pour être plus efficace, on passe d’une simple coordination des états à de véritables politiques communautaires.
Une stratégie insuffisante face aux défis de la mondialisation
Les défis auxquels les économies européennes ont à faire face se précisent rapidement :
Signe de la prégnance de plus en plus forte de la mondialisation, l’Union s’interroge sur la dimension extérieure à donner à la stratégie de Lisbonne.
Comment les européens doivent-t-ils agir de concert à l’extérieur pour préserver leurs intérêts , leur modèle social, promouvoir un mode de développement conforme à leurs valeurs ?
Cette logique est au centre du rapport récemment produit par Laurent Cohen-Tanugi pour le gouvernement français dans le cadre d’une mission « Europe dans la mondialisation » qui propose une stratégie « EuroMonde » associant une stratégie « Lisbonne + » et les politiques communautaires.
Une politique économique extérieure de l’Union devra inclure.
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Sources: Europe-midi (Mouvement européen France), Euractiv, Agence Europe, Fondation Robert Schman, Oui à l'Europe, Sinople, presse quotidienne et hebdomadaire dont Le monde et Courrier
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L'auteur de la scutpture "L'Europe" est Bernard Vié link