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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 17:54

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~~Mai 2015.

30% de Britanniques ont voté pour le Labour, 37% pour les Conservateurs aux élections législatives de ce 7 mai. Mais le système électoral fait que des majorités très nettes sont intervenues: une majorité absolue des sièges au Parlement pour les Conservateurs, et un raz-de-marée nationaliste en Ecosse. Toutes deux concernent l’avenir de l’Union européenne.

David Cameron a promis un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne en 2017. Quelles seraient les implications d’un Brexit, c’est-à-dire d’un départ de la Grande-Bretagne, pour l’Union européenne ?

Elles concerneraient les équilibres internes de l’Union. Le Royaume-Uni est contributeur net au budget européen. Ce serait une perte de 8 milliards d’€ pour le budget. Le Royaume-Uni est la deuxième économie de l’Union. Son retrait laisserait la France et l’Allemagne en tête à tête comme principales puissances de l’Union. Sur le plan international, l’Union perdrait de son poids, puisque le Royaume-Uni représente 13% du PIB de l’Union et 12% de sa population. Cela concerne la puissance de l’Union dans les négociations internationales, mais peu l’influence diplomatique, la politique extérieure commune étant pratiquement inexistante. Le Royaume-Uni est le seul pays européen, avec la France, qui dispose d’une capacité militaire significative, mais il est traditionnellement tourné, pour ses coopérations militaires, plus vers les Etats-Unis que vers l’Europe.

Un Brexit serait surtout un signal politique très négatif, le projet d’intégration européenne apparaissant désormais réversible, susceptible de détricotage au gré de décisions de tel ou tel peuple européen. D’autres pays européens sous la pression de mouvements europhobes pourraient suivre.

Les plus fédéralistes des Européens observent que le Royaume-Uni ne fait pas partie de l’Espace Schengen, ni de la zone euro, c'est-à-dire deux des principales politiques de l’Union. La Grande-Bretagne s’est constamment opposée à l’idée d’une armée européenne. Elle n’a pas accepté la Charte des droits fondamentaux de l’Union et envisage de se retirer de la Convention européenne des droits de l’Homme. Depuis son adhésion en 1973, elle a défendu avec succès une conception de l’Union européenne à l’opposé de celle de ses pays fondateurs. Pour les anglais, l’Union ne doit être qu’un projet économique, à l’exclusion de toute union politique. Dans ces conditions, le retrait des Anglais des institutions européennes ne pourrait que faciliter l’intégration politique des pays continentaux.

Au sein de l’Union, l’avis dominant des pays membres, comme celui de la Commission, est qu’il faut garder le Royaume-Uni dans l’Union européenne. David Cameron dit vouloir le maintien dans l’union de la Grande-Bretagne, mais en réduisant les compétences de l’Union, au profit des pays membres. Il se fait fort de négocier avec l’Union dans ce sens avant le référendum. La Grande-Bretagne demande à avoir la possibilité de ne pas appliquer la législation européenne, ainsi que toute une série d’exemptions concernant le domaine social, les affaires judiciaires, la libre circulation, la défense, la pêche. Elle n’obtiendra pas satisfaction. Les autres pays européens n’accepteront pas une remise en cause des Traités ni de donner un statut particulier à la Grande-Bretagne. Des négociations s’ouvriront mais les concessions seront limitées. Du côté anglais, le gouvernement sera sous la pression des milieux économiques, notamment de la City, qui souhaitent le maintien dans l’Union. Et le résultat du référendum est incertain, même si 75% des Britanniques souhaitent la tenue du référendum.

La victoire des indépendantistes écossais concerne aussi l’Union européenne. En effet, si les Ecossais souhaitent l’indépendance, ils souhaitent aussi rester dans l’Union. Il est probable qu’il y aura tôt ou tard un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse. Une Ecosse indépendante ferait probablement acte de candidature pour réintégrer l’Union, si entretemps le Royaume-Uni en est sorti. L’Europe va peut-être changer de configuration. L’occasion de clarifier l’objectif des pays européens du continent, de bâtir une Europe politique.

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Published by François Vié - dans Elargissement
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